- Le projet prévoit de basculer 60 milliards d’euros de cotisations sociales vers d’autres modes de financement public.
- Une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) viserait les pensions de retraite supérieures à 2 000 euros nets par mois.
- Les entreprises bénéficieraient d’un allègement de charges estimé à 16 milliards d’euros pour stimuler l’emploi.
- Le plan inclut un relèvement de deux points du taux normal de TVA, tout en préservant les produits de première nécessité.
Volume du basculement
Le Medef préconise de transférer ce montant de cotisations sociales pour alléger le poids sur les acteurs économiques.
Un basculement de 60 milliards d’euros pour alléger les salariés et les entreprises
Le constat de Patrick Martin, président du Medef, est sans appel : la hausse du pouvoir d’achat en France a considérablement ralenti. Une augmentation de 100 %, qui était possible en 16 ans durant les décennies d’après-guerre, requiert aujourd’hui plus d’un siècle. L’association patronale pointe du doigt le modèle actuel de financement de la protection sociale, dont le poids sur les acteurs économiques freine l’embauche et la croissance.
Par conséquent, elle préconise de retirer des entreprises et des salariés l’équivalent de 60 milliards d’euros de prélèvements sociaux liés à la maladie et à la famille. L’objectif de ce transfert de charge vers d’autres sources de revenus est double : augmenter immédiatement les rémunérations nettes sans alourdir le coût global pour l’employeur, et dégager un gain net de 16 milliards d’euros directement profitable à la compétitivité.
Pour compenser le manque à gagner pour les caisses de l’État, le Medef veut notamment faire porter une part plus importante de l’effort collectif sur les pensions de retraite les plus élevées. La hausse du taux de la CSG devrait s’appliquer dès le seuil de 2 000 euros d’allocation mensuelle. Il reste qu’à l’approche de la campagne présidentielle de 2027, le débat risque d’être houleux. En effet, les seniors constituent un immense vivier électoral et qui est très attentif aux évolutions fiscales.
Échéance présidentielle
L'approche de la campagne électorale pourrait complexifier la mise en œuvre de mesures touchant les revenus des retraités.
Le relèvement de la TVA et la rupture avec le dialogue social
L’autre piste avancée pour renforcer le financement consiste à augmenter le taux standard de la TVA de deux points de pourcentage. Le patronat rappelle que la taxation de la consommation soutient déjà la protection sociale à hauteur de 50 milliards d’euros, contre 130 milliards d’euros pour la CSG. Les taux réduits applicables aux produits de première nécessité seraient exclus afin de préserver les ménages les plus modestes. Il reste qu’une telle mesure affecte l’ensemble des consommateurs et semble difficile à mettre en œuvre.
Signe de l’importance accordée à la refonte fiscale réclamée, le Medef a annoncé son refus de siéger à la prochaine Conférence travail emploi retraites (CTER).
L’organisation précise :
l’urgence nationale réside dans la préservation immédiate des marges des entreprises et du pouvoir d’achat des actifs, plutôt que dans de nouvelles tractations sectorielles.