Le Conseil d'orientation des retraites (COR) vient d'alerter dans sa lettre de février 2026 que les projections financières du système de retraite français reposent sur des hypothèses démographiques qui ne correspondent plus à la réalité. Baisse du taux de fécondité, solde migratoire sous-estimé, espérance de vie à surveiller... le rapport annuel du COR attendu en juin 2026 devrait réviser ses prévisions. Dans ce contexte, comprendre le fonctionnement de notre système de retraite et, surtout, identifier les leviers pour y pallier, n'est plus une option.
La retraite par répartition : un pacte intergénérationnel sous tension
Le modèle de retraite français repose sur un principe simple mais puissant : ce sont les actifs d'aujourd'hui qui financent les pensions des retraités d'aujourd'hui. En cotisant, vous ne constituez pas un capital personnel. Vous participez à un système collectif, fondé sur la solidarité entre générations. En contrepartie, vos cotisations ouvrent des droits qui détermineront votre propre pension le moment venu.
Ce système comporte donc une dimension de solidarité forte : les cotisants actifs soutiennent les retraités actuels, avec la garantie implicite que les générations suivantes feront de même pour eux. Mais ce pacte repose sur un équilibre fragile, celui du rapport entre cotisants et retraités.
Historiquement, le ratio cotisants/retraités était très favorable. Dans les années 1960, on comptait environ 4 actifs pour 1 retraité. Aujourd'hui, ce rapport s'est considérablement dégradé : il n'est plus que de 1,7 cotisant pour 1 retraité, et les projections du COR anticipent une poursuite de cette tendance à l'horizon 2070.
Ce déséquilibre structurel est au cœur des difficultés financières du système. Mécaniquement, avec moins d'actifs par retraité, les ressources du régime diminuent tandis que les dépenses augmentent. Le déficit projeté par le COR à réglementation inchangée s'établit à -0,2 point de PIB en 2030 et pourrait atteindre -1,4 point de PIB en 2070.
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Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.
Ce que vous toucherez à la retraite
Le taux de remplacement mesure le rapport entre votre pension et votre dernier salaire. Il constitue l'indicateur le plus parlant pour apprécier le niveau de vie à la retraite.
En France, ce taux varie fortement selon votre statut et votre carrière. Par exemple :
- Les salariés du privé (régime général) : environ 50 à 60 % du salaire brut en moyenne pour une carrière complète au plafond de la Sécurité sociale.
- Cadres et hauts revenus : le taux de remplacement chute souvent sous les 40 à 50 % du salaire net, car la retraite complémentaire (Agirc-Arrco) ne compense que partiellement.
À savoir : plus vos revenus sont élevés, plus la différence entre votre dernier salaire et votre pension de retraite sera marquée. C'est précisément pour ces profils que la préparation active de la retraite est la plus nécessaire.
Des signaux démographiques qui obligent à revoir les projections
Le COR fonde ses projections sur les hypothèses démographiques de l'INSEE. Or, les données les plus récentes s'en écartent de manière préoccupante sur plusieurs variables clés.
La fécondité : une variable préoccupante à long terme
Le scénario de référence retient un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme. La réalité observée en 2025 est de 1,56 enfant par femme, soit le niveau le plus bas depuis 1917 selon le bilan démographique de l'INSEE publié en janvier 2026.
Cet écart peut sembler anecdotique à court terme, mais avec une fécondité plus faible, la population active de demain sera moins nombreuse. Le PIB sera plus bas, les cotisations moins abondantes. L'impact sur le solde du système de retraite est estimé à -0,6 point de PIB supplémentaire en 2070 par rapport au scénario de référence.
Le solde migratoire : un amortisseur à ne pas surestimer
Sur ce point, la réalité joue en sens favorable : sur la période 2018-2022, le solde migratoire a été en moyenne de +186 000 personnes par an, contre une cible de +70 000 dans le scénario de référence du COR.
Un solde migratoire plus élevé apporte davantage de cotisants, améliorant les ressources à court terme. Mais cet effet s'atténue à plus long terme : davantage d'immigrants signifie aussi, à terme, davantage de retraités. Il ne s'agit donc pas d'une solution structurelle au déséquilibre du système.
L'espérance de vie : variable déterminante des dépenses
L'espérance de vie est une variable sensible. Chaque année de vie supplémentaire à la retraite représente une dépense additionnelle pour le système. Le COR chiffre l'impact à +1,3 point de PIB de dépenses supplémentaires en 2070 dans un scénario d'espérance de vie élevée, et à l'inverse -1,2 point de PIB dans un scénario bas.
Ce que prévoit le COR pour juin 2026
Un réexamen des hypothèses démographiques est prévu lors de la séance plénière d'avril 2026, avec l'appui de l'INSEE. Le rapport annuel de juin 2026 pourrait ainsi présenter un diagnostic financier significativement révisé par rapport au rapport de juin 2025.
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Agir maintenant pour préparer votre retraite
En anticipation du rapport de juin, s'appuyer sur d'autres solutions permettant de préparer sa retraite par l'épargne. Pour ce faire, plusieurs solutions permettent de compléter efficacement sa pension de retraite.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : l'outil dédié par excellence
Créé par la loi PACTE en 2019, le Plan d'Épargne Retraite est aujourd'hui l'enveloppe de référence pour préparer sa retraite.
Les versements volontaires sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. Ce mécanisme est particulièrement puissant pour les contribuables fortement imposés, générant une économie immédiate allant jusqu'à 45 % du montant versé pour un contribuable à la tranche marginale d'imposition maximale.
Attention : Pour une sortie en capital, les versements déduits à l'entrée sont imposés au barème de l'impôt sur le revenu. Les plus-values générées sont quant à elles soumises au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU de 30 %).
Le PER est d'autant plus efficace que votre taux marginal d'imposition aujourd'hui est élevé, et que votre taux à la retraite sera plus faible. Prenez rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine pour évaluer si l'ouverture d'un PER est pertinente pour votre profil.
Investir présente un risque de perte en capital.
La SCPI : la pierre-papier au service de votre retraite
Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI)* constituent une autre brique complémentaire particulièrement adaptée à la constitution d'un revenu complémentaire à la retraite. Elles permettent d'investir dans l'immobilier (bureaux, commerces, santé, logistique) en mutualisant les risques et en déléguant la gestion.
La SCPI à crédit pour profiter de l'effet de levier
Pour un horizon de placement long (15 à 20 ans), l'acquisition de parts de SCPI à crédit permet de bénéficier de l'effet de levier du financement bancaire. Les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers, ce qui optimise la fiscalité pendant la phase d'accumulation. À l'issue du remboursement, les loyers perçus constituent un revenu complémentaire régulier, bienvenu au moment de la retraite.
Cette stratégie permet de se constituer un patrimoine immobilier avec un effort d'épargne mensuel limité (la différence entre loyers perçus et remboursement du crédit), tout en profitant de la valorisation progressive du parc immobilier.
Le démembrement avec l'acquisition de la nue-propriété de la SCPI
L'acquisition de parts de SCPI en démembrement de propriété (nue-propriété) est particulièrement adaptée à un objectif de préparation de sa retraite. Le mécanisme est simple : vous achetez les parts avec une décote (généralement 25 à 40 % selon la durée), sans percevoir de loyers pendant le démembrement. À l'issue de la période, vous récupérez la pleine propriété.
Avantages majeurs : aucune imposition sur les revenus fonciers durant la période (vous ne percevez pas de loyers) et une plus-value potentielle à terme. C'est une stratégie idéale pour des actifs à fort taux marginal d'imposition qui n'ont pas besoin de revenus immédiats mais souhaitent préparer leur retraite de façon fiscalement optimisée.
Les SCPI présentent un risque de perte en capital et une liquidité limitée.
Communication à caractère promotionnel
*Les parts de SCPI de rendement sont des supports de placement à long terme (minimum 10 ans) et doivent être acquises dans une optique de diversification de votre patrimoine. Le capital investi dans la SCPI n'étant pas garanti, cet investissement comporte un risque de perte en capital. Comme tout investissement, l'immobilier présente des risques : absence de rendement ou perte de valeur, qui peuvent toutefois être atténués par la diversification immobilière et locative du portefeuille de la SCPI. La SCPI n'étant pas un produit coté, elle présente une liquidité moindre comparée aux actifs financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.