mercredi29février

Il existe de très nombreuses méthodes pour sélectionner ses actions. Elles se divisent en trois grands courants : L'analyse comptable, l'analyse technique et l'estimation des gains futures. Si ces trois courants s'opposent, un bon investisseur devra en fait tenir compte des trois dans sa prise de décision.

    Maitriser les ratios de valorisation

    La première chose à vérifier lorsqu'on s'intéresse à une action est de comparer la valorisation d'une entreprise par rapport à sa valeur boursière.
    Pour ce faire, l'investisseur pourra utiliser des ratios comme le PER, Price Earning Ratio. Il représente le rapport entre le prix de l'action et ses bénéfices. Il se calcule de la manière suivante : Capitalisation boursière/Bénéfice net ou cours de l'action /Bénéfice net par action.

    Par exemple, si une société cote 100? et son capital est composé de 5 millions d'actions, sa valeur en bourse est de 500 millions d'euros. Les analystes prédisent alors un bénéfice net de 50 millions d'euros en 2010, soit 10? par actions. Le PER de cette société est donc de 10 (100/10). On dit alors que la société vaut en Bourse 10 fois son bénéfice espéré pour l'année 2010.

    Ainsi, dire d'une valeur qu'elle est chère (ou bon marché) revient non pas à étudier le "niveau" de son cours, mais bien son prix par rapport à son bénéfice, exprimé par ce ratio.

    Une société cotant plusieurs centaines d'euros n'est pas forcement plus chère en Bourse qu'une société ne cotant que quelques euros. Si une société A a une capitalisation dix fois plus élevée qu'une société B mais ses bénéfices sont vingt fois plus élevés, son PER sera plus faible, et on dira alors qu'elle est " moins chère que B ".

    D'autres ratios permettent également d'évaluer la cherté d'une action. On retrouve par exemple le ratio VE / CA ou même VE / REX (Résultat d'exploitation). VE ici correspond à la valeur d'entreprise (capitalisation + dettes). C'est en fait ce qu'un acheteur devrait débourser pour acquérir la société (en achetant le nombre d'actions existantes fois le cours, ainsi que l'ensemble des dettes). Ces indicateurs permettent alors une bonne indication sur le prix de l'entreprise en fonction du chiffre d'affaires qu'elle génère, ou encore en fonction du résultat d'exploitation.

    Les PER et les autres ratios peuvent donner une idée de sous ou surévaluation d'une action par rapport à son prix. Mais les ratios d'une valeur sont souvent apprécier en les comparant avec ceux d'une autre société. Par exemple, PPR a un PER de 13, qui peut paraître élevé mais qui est faible par rapport à d'autres sociétés du secteur du luxe, comme LVMH, dont les PER sont généralement compris entre 19 et 20. A l'inverse, Natixis a un PER de 8, relativement élevé pour le secteur bancaire.

    Il est donc intéressant de comparer les chiffres d'une société par rapport aux autres sociétés du même secteur, mais la comparaison peut également se faire par rapport à un indice de référence, un secteur d'activité ou encore par rapport au marché global.


    Anticiper les revenus futurs

    Plutôt que les ratios qui permettent déterminer la valorisation d'une société à un instant t, certains analystes vont plus s'attacher à évaluer la valorisation en t+1. En effet, en théorie, la valeur d'un titre dépend surtout des revenus futurs que devraient procurer ce titre.

    Ces revenus sont exprimés par les dividendes. Le dividende est la part des bénéfices de l'entreprise qui est reversée aux actionnaires. Aucune règle n'est fixée quant au pourcentage à reverser, les entreprises sont donc libres de bien rémunérer ou non les actionnaires. Le rendement se calcule en divisant le dividende par le cours de l'action.

    Certaines valeurs sont qualifiées de " valeurs de rendement " car elles distribuent un dividende élevé et stable dans le temps. Ce sont généralement des sociétés qui dégagent des résultats et des cash flows récurrents, peu impactés par les aléas économiques. Ces valeurs de rendement sont très prisées par certains investisseurs car elles offrent un matelas de sécurité et font office d'amortisseur par rapport aux événements du marché. Conservées dans un portefeuille pour le long terme, elles permettent à l'investisseur d'obtenir un rendement attractif chaque année. Par exemple, une société comme Neopost, malgré un parcours boursier " moyen " (-0.48% depuis le 1er janvier, -24% sur un an, -11% sur 3 ans) a néanmoins contenté ses actionnaires avec un rendement distribué chaque année entre 7 et 8%.

    Mais le fait qu'une société ne distribue pas de dividende ne sera pas forcement mal vu par le marché. En effet, les analystes peuvent estimer que la société va utiliser les fonds pour réaliser des investissements qui seront payants, et qui augmenteront les revenus futurs d'une entreprise. La méthode de " l'actualisation des revenus futures " va prendre en compte des estimations de résultats futurs pour déterminer le prix actuel d'une action.

    Ainsi, une action comme Iliad, avec un PER 2012 de 30, et un rendement de 0.48% peut paraître chère. Mais la société affiche une belle croissance et les analystes tablent sur des résultats en hausse dans les prochaines années. Estimés, les PER 2013 et 2014 sont plus faibles

    S'il applique cette méthode, l'analyste prend le pari sur l'évolution économique de la société. Il évalue alors l'avenir de l'entreprise, l'évolution de sa position concurrentielle ou encore la tendance du marché dans lequel elle opère. En effet, une bonne évolution se traduirait alors par de bons résultats, une dette maitrisée, et donc une bonne rémunération pour les actionnaires.

    Cependant, cette méthode, beaucoup pratiquée par les asset managers, reste difficile à mettre en place pour les particuliers. En effet, l'accès à l'information sur l'entreprise étant souvent limité, anticiper l'évolution de sa stratégie ou encore déterminer les résultats futurs de cette dernière est un exercice complexe.


    Une pincée d'analyse technique

    L'analyse des comptes d'une société et l'étude des ratios financiers constituent les critères déterminants pour l'évaluation d'une entreprise chez les analystes " fondamentaux ". Mais il existe un grand nombre de facteurs, difficilement identifiables, comme par exemple la psychologie des marchés, qui vont déterminer l'évolution future d'un titre.

    Les analystes " techniques " estiment que l'étude des graphiques permet d'intégrer l'ensemble de ces facteurs et ainsi déceler des opportunités et des tendances à court terme sur le marché. Ces analystes sont également appelés les " chartistes ". Ils vont tenter de prévoir l'évolution future d'un titre au vue de son évolution passée.

    Tout analyste chartiste va utiliser ce qu'on appelle des lignes de tendances, qui sont en fait l'indicateur de base de l'analyse technique.

    On va par exemple retrouver les supports et résistances d'un titre. Un support correspond à un niveau de prix auquel une majorité d'investisseurs estime que le cours de l'action ne peut baisser davantage. Ils se mettent alors à l'acheter, empêchant du même coup son cours de descendre plus bas. A l'inverse, une résistance correspond à un niveau de prix auquel une majorité d'investisseurs estime que le cours de l'action ne peut monter davantage. Ils se mettent alors à la vendre, enrayant du même coup la montée du cours.

    Un autre élément important de l'analyse technique correspond à l'étude des moyennes des cours observés sur une période glissante : Les moyennes mobiles. Celles-ci permettent d'éliminer les variations non significatives du titre et d'en dégager le mouvement général. Par exemple, une moyenne mobile de 20 jours correspond à la moyenne des cours de clôture des 20 derniers jours. Elle est recalculée tous les jours en remplaçant le cours le plus ancien par le cours le plus récent. Elles n'ont pas pour objet d'anticiper mais plutôt de déterminer des tendances à plus ou moins long terme par des signaux d'achat et de vente. En effet, lorsque le cours d'une action traverse à la hausse une moyenne mobile, cela constitue un signal d'achat, et un signal de vente lorsqu'il la traverse à la baisse.

    Il existe un très grand nombre d'indicateurs dans le domaine de l'analyse technique. On retrouve par exemple les figures tête et épaule, le canal, les triangles ou encore le MACD.

    Ces indicateurs sont ils vraiment des outils fiables ?

    Il faut bien comprendre que derrière une figure graphique se cache une étude soit mathématique soit comportementale, soit les deux. Cette étude va expliquer pourquoi cette figure s'est formée et ainsi estimer, avec une probabilité maximale, la tendance que va prendre ensuite le titre.

    Mais aujourd'hui, les analystes chartistes sont de plus en plus nombreux, et si un grand nombre de chartistes voit la même figure, ils vont tous anticiper le même mouvement. S'ils sont nombreux à anticiper ce mouvement alors il y a de fortes chances qu'il se réalise. C'est ce qu'on appelle les anticipations réalisatrices.

    L'analyse technique permet donc de réaliser des gains rapides, soit en prévoyant la tendance, soit provoquant cette tendance par des anticipations réalisatrices. Mais les anticipations réalisatrices amènent parfois à des exagérations et à la création de bulle. Le risque pour l'investisseur est alors d'entrer sur le titre au mauvais moment, juste avant l'éclatement de la bulle par exemple, et de tout perdre. Une bonne analyse fondamentale va justement permettre de définir lorsqu'une analyse technique est fondée, ou lorsque les niveaux sont exagérés.


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