jeudi08avril

Afin de permettre aux investisseurs d'acheter ou de vendre la devise de leur choix au sein d'un vaste marché interbancaire totalement mondialisé, le Foreign Exchange a été créé en 1971. Forex devient alors le surnom universellement donné au marché des changes.

    PRESENTATION GENERALE DU MARCHE DES CHANGES

    Le taux de change d'une devise (une monnaie) correspond à son prix par rapport à une autre. On parle aussi de la " parité d'une monnaie ".
    Jusqu'en 1971, les taux de change entre devises étaient fixes. En effet, le système mis en place à Bretton Woods était un système avec pour simple étalon de change l'or basé sur le dollar. Une once d'or valait 35 dollars et les autres monnaies étaient définies soit directement par rapport au dollar soit via le cours de l'or en dollars.

    En 1971, l'Allemagne met fin à ces accords et le président des Etats-Unis décide de supprimer la convertibilité or du dollar. C'est ainsi que les changes devinrent " flottant ".

    Les entreprises qui exportent ou importent, les particuliers qui se rendent à l'étranger ou encore tout traiteurs ou emprunteurs en devises sont immédiatement confronté à un problème de change. Le Forex, le marché des changes, va alors répondre à ce besoin car il permet d'échanger une devise contre une autre. Le change au comptant, aussi appelé change " spot " consiste alors simplement à échanger 2 devises, à un cours négocié. La livraison s'effectue 2 jours ouvrés après la date de négociation.

    Le Forex constitue le plus grand marché au monde. C'est un marché de gré à gré, réservé aux banques centrales, aux banques commerciales et aux institutions financières qui interviennent pour leur propre compte ou pour celui de leurs clients. Il est donc indispensable pour tout opérateur privé désirant procéder à une opération de change de faire appel à l'un de ces organismes financiers.

    A la différence des autres marchés financiers comme les marchés actions, sur lesquels il existe plusieurs places boursières ayant chacune une localisation géographique définie, il n'existe qu'un seul marché international des changes. Ce marché, dirigé par les banques, est ouvert 24 heures sur 24, du dimanche soir au vendredi soir. Il n'est donc fermé que les week-ends. La séance commence alors en Australie, pour se poursuivre en Asie, en Europe et terminé ainsi aux Etats-Unis.

    Lorsque l'on donne la cotation d'une devise, elle est toujours donnée en comparaison à une autre devise. C'est ce qu'on appelle les cotations par paires. Ainsi, on ne parlera jamais de la cotation de l'euro, mais plutôt de l'euro contre le dollar (EUR/USD), le yen (EUR/JPY) ou encore l'euro contre la livre sterling (EUR/GBP).

    Une particularité du Forex est qu'il est dirigé par les prix, contrairement aux autres marchés financiers dirigé par les ordres.
    Dans un marché dirigé par les prix, les ordres d'achat et de vente ne sont pas transmis immédiatement. Auparavant, l'information sur le niveau du prix est requise.

    Les intervenants ont alors pour charge d'informer les autres participants sur le niveau des prix qu'ils pratiquent et d'accepter toute transaction à ces niveaux de prix, pour des quantités qui doivent toutefois se situer dans un ordre de grandeur standard (de 1 à 10 millions de dollars sur le marché des changes). Ils proposent un prix auquel ils sont prêts à acheter, le plus faible (bid) et un prix auquel ils sont prêts à vendre, le plus élevé (ask).

    Sur ce marché, il n'y a pas de cours pour toutes les paires de devises. En effet, les cours diffusés correspondent aux transactions les plus répandues. On retrouve donc en permanence et tous les jours des cours de l'Euro ou du Dollar contre toutes les autres devises. Pour les couples de devises qui ne sont pas habituellement cotés sur le marché, on passe par l'intermédiaire de l'une de ces 2 devises, afin d'établir un cours croisé ou " cross ". Par exemple, pour coter le couple JPY / CHF, on utilisera les cours USD / JPY et USD / CHF. Le cours JPY / CHF sera donc égal à (USD / CHF) / (USD / JPY).

    Même si les banques et grandes institutions représentent la majeure partie des intervenants sur ce marché, ces derniers servent également d'intermédiaire pour les personnes physiques ou morales qui souhaitent investir sur ce marché.


    LE FOREX : PAS JUSTE UN SIMPLE ECHANGE DE DEVISES



    Ce marché n'est pas uniquement un marché permettant le change de devises. En effet, de nombreux spéculateurs interviennent sur ce marché dans différents but.
    Il attire ainsi de nombreux fonds d'investissement mais également des particuliers de plus en plus actifs sur ce marché.

    Lorsque l'investisseur prend une position sur une devise (donc forcement par rapport à une autre), cela va se décomposer en une vente d'une devise pour acheter l'autre.
    Concrètement, si je passe acheteur sur l'euro/dollar, en réalité, je vends des dollars à découvert et j'achète des euros avec le fruit de cette vente.
    Cette opération est toutefois complètement transparente pour l'utilisateur puisque c'est le courtier qui gère en interne ces différentes opérations.

    De nombreuses options sont alors possible pour " jouer " sur les devises. En effet, a l'inverse du spot, ou les échanges se font au comptant, l'investisseur peut également effectuer des changes à terme de devises appelé également " forward ". Il consiste en un échange de 2 devises à une date (la date de valeur) et un cours (cours à terme) négociés. Ce type de contrat permet de fixer à l'avance un cours entre 2 devises, et donc de se couvrir contre le risque de change.

    Le change à terme se décompose en deux produits, tous deux interbancaires, le terme sec (on dit outright en anglais), plutôt peu traité, et les swaps de change.
    Les caractéristiques d'une opération de change à terme se définissent par rapport à un cours "spot" (cours utilisé pour le change au comptant) de référence pour les opérations du jour. La différence entre le cours spot et le cours à terme s'appelle les "points de terme". Quand le cours à terme est supérieur au cours comptant on parle de " report ". Quand le cours à terme est inférieur au cours comptant on parle de " déport "

    Afin de calculer ces points de terme, il faut prendre en compte d'une part, le cout du prêt sur la devise achetée sur la même durée que l'opération à terme et d'autre part le cout de l'emprunt de la devise vendue.

    Enfin, il existe ce qu'on appelle le swap de change. Un swap consiste en une double opération de change: un change comptant exécuté dès la mise en place du contrat, à la date spot, et un change à terme, exécuté à une date négociée. La différence entre le cours comptant et le cours à terme est désignée par l'expression " points de swap ".
    Avec un swap de change, l'investisseur va donc se procurer immédiatement des devises, puis les revendre à un cours négocié lors de la mise en place du contrat, à l'échéance du swap.

    Tous ces produits vont alors permettre d'effectuer de nombreuses opérations. Parmi celle-ci, les plus courantes sont alors la couverture, la spéculation, les arbitrages ou encore le carry trade.

    L'objectif des opérations de couverture est de protéger les créances et les dettes commerciales et financières ou encore un portefeuille de valeurs mobilières contre les risques de baisse ou de hausse de cours des devises dans lesquelles elles sont libellées.

    En effet, le marché des changes permet de se couvrir du risque de change en prenant une position inverse à la position déjà ouverte. C'est une technique très utilisée par les gérants de fonds ou de produits dérivés. Par exemple, lors d'un investissement en France effectué en dollar, l'investisseur prend un risque de change car si le dollar baisse, la contrevaleur euro de ses titres américains baissera. Pour s'immuniser de ce risque, il a alors la possibilité de vendre le montant équivalent en dollar des actions qu'il vient d'acheter.

    D'autre part, Les opérations de spéculations ont un objectif opposé à celui des opérations de couverture. Leur finalité est uniquement de tirer profit d'une évolution anticipée du taux de change. L'investisseur qui anticipe une hausse de l'euro contre le dollar achète la première devise et vend la seconde. En attendant d'être revendu, l'euro est placé sur le marché monétaire européen. Le profit ou la perte du spéculateur sera ainsi égal à la différence entre le prix auquel il achète la devise et celui auquel il revend la devise. (Au différentiel de taux d'intérêt près).

    Les opérations d'arbitrage permettent aux investisseurs de tirer profit d'un écart de prix entre deux market maker (soit 2 taux relatifs à une même devise, soit 2 taux relatifs à 2 devises). Il existe alors des arbitrages appelé " spatiaux " et des arbitrages " triangulaires ".
    L'arbitrage spatial va jouer sur une différence d'offre entre deux lieux géographique différents. Il consiste à acheter une devise là où elle est peu chère et la revendre là où elle est plus chère.
    L'arbitrage triangulaire lui, consiste à passer par une devise tierce dans le but d'obtenir un profit. Dans ce cas, si l'investisseur désire vendre une devise X par rapport à une autre devise Y. Il peut avoir intérêts à " passer " par une autre devise Z.
    Concrètement, au lieu de vendre X contre Y, il va vendre X contre Z et acheter simultanément Z contre Y. Un léger écart peut alors apparaitre et l'investisseur pourra en dégager un gain.
    Les arbitrages exigent alors une très grande rapidité de réaction et d'exécution, ils sont difficile à mettre en place et ne sont généralement effectuer que par des professionnels disposant d'outils puissants.

    La détention d'une devise ne donne pas lieu (comme sur les actions) au versement d'un dividende mais cela entraine en revanche le versement d'un intérêt. Cet intérêt dépend alors de chaque devise et correspond aux taux d'intérêts directeurs fixé par la banque centrale de l'état dans lequel cette devise circule. Par exemple, actuellement l'euro permet d'obtenir un intérêt d'environ 1,09% annuel tandis que le rand d'Afrique du sud rapporte 7,64%.
    Certains investisseurs " joue " alors sur ces différence de taux et effectue ce qu'on appelle du carry trade.
    Le principe de base est simple : se positionner sur des paires de devises qui présentent un fort différentiel de taux d'intérêt pour encaisser ce dernier. Concrètement, cela revient à emprunter dans une devise à faible taux d'intérêt pour acheter une autre devise à fort taux d'intérêt. Prenons l'exemple d'une devise X ayant un taux d'intérêt de 6%, et une devise Y ayant un taux d'intérêt de 1%.
    Ainsi, si un investisseur achète 10.000 X/Y, (c'est-à-dire acheter de la devise X en empruntant la devise Y), il touchera un intérêt de 6% annuel sur la position X, et de l'autre coté, paiera un intérêt de 1% sur la vente de Y. Cette position lui rapporte alors un intérêt de 5% par an. A l'inverse, dans le cas d'une position à l'achat sur la paire Y/X, l'investisseur aurait du payer 5% d'intérêt.

    COURTIER ET FISCALITE

    En 2009, environ 5% des échanges sur le Forex était à l'origine d'investisseur particulier. En effet, ce marché attire de plus en plus de particulier.

    Comme nous l'avons vue précédemment, ce marché est ouvert 24h sur 24 et 5 jours sur 7. De plus, ce marché bénéficie d'une très grande liquidité. Cela permet de rentrer et de sortir à n'importe quel moment et quelle que soit la somme. On enregistre alors des pointes de près de 3500 milliards de dollars de transactions par jour.

    Un des autres atouts de ce marché sont les frais, en effet, pour négocier sur le Forex, les intermédiaires financiers ne facturent généralement pas de commissions, ils se rémunèrent uniquement sur la fourchette achat/vente (le " spread "). Soit la différence entre le cours d'achat et le cours de vente.

    Sur les principales paires de devises, le spread est en générale de 2 à 3 unités de base (ou " pips "). En moyenne, Une transaction sur l'euro/dollar coûte alors moins de 0,02%.
    Dans le langage des cambistes (le nom donné aux investisseurs sur le marché des changes), le plus petit échelon de cotation est appelé un " pip ". Ainsi, quand l'euro/dollar passe de 1,3488 à 1,3491 on dit que la variation est de 3 pips. Egalement, les " points " désignent les 3ème et 4ème chiffres après la virgule tandis que la " figure " désigne le 2ème chiffre après la virgule.

    Afin de pouvoir trader sur le Forex, l'investisseur va devoir passer par un intermédiaire spécialisé. En France, le courtier doit avoir reçu un agrément du CECEI (Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement).

    Il n'existe en France à l'heure actuelle qu'un seul broker ayant reçu cet agrément, il s'agit de Saxo Banque. En termes d'imposition, Saxo Banque délivre tous les ans un IFU (imprimé fiscal unique) qui reprend l'ensemble des opérations de l'année faisant ainsi ressortir la plus ou moins value. L'investisseur est alors imposé comme pour le marché des actions selon l'imposition des plus values sur valeurs mobilière. En revanche, il n'y a pas de seuil de cessions et les gains sont imposés dès le premier euro. Ces transactions n'entrent pas dans le calcul du seuil de cessions des valeurs mobilières.

    Les gains sont à déclarer sur l'imprimé 2561 bis (case DJ) et à reporter sur la case 3VG de l'imprimé 2042. Ils sont imposés au même taux de 18% plus 12.1%.

    Si l'investisseur est en perte une année sur ce marché, cette perte est reportable pendant 10 ans, quelque soit le montant des cessions de l'année, sur les plus values de même nature. Les plus-values de même nature comprennent l'ensemble des plus-values réalisées sur les valeurs mobilières, même celles qui font tourner le seuil de cessions (donc par exemple, les actions) réalisées l'année en cours et pendant 10 ans.

    L'investisseur a également la possibilité de passé par un broker étranger. Dans ces cas là, la démarche est plus complexe.

    En effet, il doit dans un premier temps déclarer l'ouverture de ce compte ouvert et détenu à l'étranger par le biais du formulaire 3916 à joindre à sa déclaration 2042.

    Il faut ensuite déclarer la plus ou moins value réalisée (a l'étranger) a l'aide du formulaire 2047.

    Les gains et perte réalisé sont alors imposés au titre de BNC (bénéfice non commerciaux). La perte est imputable exclusivement sur des profits de même nature au cours de la même année ou des six années suivantes.

    D'autre part, si le compte Forex est en euro, alors les plus values et moins values n'ont pas besoin d'être converties. En revanche, si le compte Forex est établi dans une autre devise, alors les plus values et moins values ont besoin d'être converties en euro. Pour ce faire, il faut les convertir, comme indiqué dans la notice des impôts :
    "Si les revenus ou bénéfices en cause ont été encaissés en monnaie étrangère, ils doivent être déclarés pour leur contre-valeur en euros, calculée d'après le cours du change à Paris au jour de l'encaissement (réception en espèces, inscription au crédit d'un compte, etc.)."

    En ce qui concerne les intérêts perçus à l'étranger, ils doivent être mentionné dans la colonne Intérêt du formulaire 2047, (montant net encaissé en euro) et à la ligne du pays où ils ont été perçus.

    Il faut alors se reporter a la convention établi entre la France et le pays dans lequel le compte est ouvert afin d'établir la fiscalité.

    Par exemple, pour un compte établi aux Etats-Unis, Il faudra tout d'abord déclarer le compte forex auprès de l'IRS (Internal Revenue Service). Il existe un traité franco américain évitant la double imposition. La règle est la suivante: Les plus values sont imposables en France mais pas aux États-Unis et les intérêts sont imposables aux Etats-Unis et sont déductibles sous forme d'un crédit d'impôt en France.

    Les accords stipulent que vous devez déclarer les intérêts via l'administration américaine tandis que les plus ou moins values doivent être déclarés en BNC à l'administration fiscale française. C'est l'ambassade des États-Unis à Paris qui fera les démarches pour l'investisseur.

A découvrir également

  • Les tensions inflationnistes compliqueront le financement des pépites de la tech
    24/06/2022
  • La médiatrice de l’AMF insiste sur le respect du délai d’instruction de la succession d’un PEA
    21/06/2022
  • Les gestionnaires interdits de facturer des commissions de mouvement à partir de 2026
    8/06/2022
  • Les bons résultats trimestriels des entreprises cotées n’effacent pas la volatilité des marchés
    25/04/2022

Archives

Etre rappelé par un conseiller
Nous envoyer un message
Parlons Placement
Nos placements
PERPlus de retraite et moins d'impôts avec nos PER sans frais d'entrée
Assurance vieDécouvrez nos contrats sans frais d'entrée
SCPIAccédez à l'immobilier professionnel dès 500 €
DefiscalisationInvestissez dans l'économie réelle en réduisant votre impôt