jeudi13octobre

Si l'Autorité bancaire européenne reconduit les tests de résistance des banques de la zone euro, en requérant un ratio de fonds propres de 9%, alors 66% d'entre elles, devraient échouer, estime Credit Suisse.

    Selon la banque, Royal Bank of Scotland, aurait besoin de 19 milliards d'euros, tandis que les besoins supplémentaires en capitaux s'élèveraient à 14 milliards d'euros pour Deutsche Bank et BNP Paribas, ce qui porte le total à 47 milliards d'euros pour renflouer ces trois établissements.
    Un constat frappant puisque les 11 plus grandes banques européennes disposent déjà de ratios de solvabilité supérieurs à 9%.
    Or, les fonds propres ne sont pas l'apanage de la solidité, comme le démontre le démantèlement de Dexia qui avait pourtant passé les tests de résistance avec succès, affichant un ratio core tier one de 10.4% mais a chuté par manque de liquidité.

    Dès lors, on est en droit de se demander si un ratio core tier one supérieur à 9%, un niveau par ailleurs supérieur aux exigences de Bale III qui prévoit 7%, est un gage de solidité. Pas suffisant en tout cas pour la Suisse qui serre la vis pour les banques systémiques. En effet, le régulateur exige des normes sans commune mesure avec l'Europe. Ainsi, UBS et Crédit Suisse devront se doter d'un ratio de fonds propres durs à 19% du total des actifs pondérés en fonction des risques.
    Dès lors, où faut-il placer le curseur pour garantir des fonds propres suffisants ? Faut-il exiger 9 ou 19% de ratio core tier one, comme le fait la Suisse, pour dormir sur nos deux oreilles ?
    En fait, là n'est pas la question. La vraie problématique, c'est de savoir si ce fameux ratio est un indicateur pertinent lorsqu'il s'agit d'évaluer la solidité d'une banque.

    Et par ailleurs comment ce ratio est-il calculé ? Selon la Tribune, chaque établissement bancaire a sa propre définition des capitaux propres. Mieux que ca, chaque institution construit selon des critères qui lui sont propres sa méthode pour évaluer la solidité de ses actifs, en fonction de leur perception du risque. Pas étonnant qu'elles affichent des ratios supérieurs à 9% ! Une méthodologie pour le moins douteuse, complètement opaque qui prend soin d'occulter le shadow banking, masque l'explosion des dérivés et le recours massifs à l'effet de levier.
    Le ratio core tier one, perçu comme le thermomètre de la solidité financière par les régulateurs européens n'aurait finalement pas de sens.

    Ce thermomètre cassé est sans doute la première piste à explorer dans la réforme du secteur bancaire. Avant toute chose, il faut trouver un outil qui permette d'évaluer les banques avec une méthodologie identique et transparente ce qui permettrait de les comparer objectivement, mais également de restaurer la confiance entre elles.
    L'un des moyens les plus simples pour évaluer la solidité des banques consisterait à regarder le ratio qui rapporte le capital au total de bilan. Or, si l'on applique ce ratio, les banques françaises, bien qu'ayant un ratio core tier one supérieur à 9%, apparaissent comme sous capitalisées. Ainsi, selon la Tribune, le total de bilan de BNP atteint 33 fois ses fonds propres et la Société Générale 41 fois ! À titre de comparaison, Lehman brothers affichait un multiple de 35 la veille de sa faillite...
    A la lumière de ce ratio, on peut formuler deux constats : Primo, les banques françaises sont sous capitalisées. Deuxième interprétation possible, les banques qui usent et abusent de l'effet de levier gonflent leur bilan qui pour le coup atteint une taille complètement démesurée par rapport à leurs fonds propres. Une chose est sure, il faut à tout prix que la taille du bilan rapporté aux fonds propres diminue. Selon les experts, un multiple aux alentours de 20 permettrait de diminuer sensiblement le risque. Pour y parvenir, il faudrait injecter près de 400 milliards d'euros dans le secteur bancaire européen, le double de ce que prévoyaient le FMI et la commission européenne.

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