mercredi21novembre

Le carnet de commandes est un indicateur scruté à la loupe par les investisseurs, car il permet de prévoir l'évolution du chiffre d'affaires futur. C'est donc un indicateur pertinent pour détecter en amont des sociétés à fort potentiel de croissance, mais il convient de bien étudier le secteur d'activité de l'entreprise dans laquelle on souhaite investir.

    Carnet de commandes et prises de commandes

    Avant toute chose, lorsque l'on parle de carnet de commandes, il convient de différencier le carnet de commandes à proprement parler (qui correspond à la somme des commandes enregistrées et qui ne sont pas encore réalisées), des prises de commandes et du book-to-bill. Les prises de commandes sont les nouvelles commandes prises qui vont être comptabilisées dans le carnet et traduisent ainsi une dynamique et non un stock. Encore plus précis, le ratio book-to-bill est le rapport entre les nouvelles commandes prises et les facturations. Au delà de 1, le ratio indique que l'activité est dynamique et que le carnet de commandes se remplit.

    Par ailleurs, lorsque l'on analyse une société à travers le prisme du carnet de commandes, il convient de bien étudier le secteur d'activité de l'entreprise dans laquelle on souhaite investir. Par exemple pour le secteur informatique, un carnet de commandes de plus de quatre mois d'activité offre une belle visibilité alors que des entreprises spécialisées dans les cycles longs comme l'aéronautique et le BTP ont des carnets de commandes en moyenne beaucoup plus fournis.

    Apport des carnets de commandes

    Dans le secteur de la construction par exemple, les carnets de commandes sont un indicateur clef de la rentabilité future de l'entreprise. A l'occasion de la publication des trimestrielles, le carnet de commandes de Vinci et de Bouygues s'inscrivaient en hausse. Signe d'une bonne résistance de l'activité, le carnet de commandes de Vinci atteignait 32,8 milliards en progression de 7,4% quand celui d'Eiffage reculait de 4,6%, à 12,8 milliards d'euros. Quant au carnet de commandes de Bouygues, il bondissait de 10% pour frôler la barre des 27 milliards d'euros, signe d'une bonne résistance du secteur à la morosité de la crise.

    Quant à Alstom, présent dans les domaines de l 'énergie et du transport, son carnet de commandes culminait à 52 milliards à la fin du troisième trimestre, représentant ainsi trente et un mois d'activité, soit plus de deux ans et demi de chiffre d'affaires !

    Mais au jeu du plu gros carnet de commandes, c'est l'avionneur européen EADS qui remporte la palme haut la main. A presque 550 milliards d'euros, au prix catalogue, le carnet de commandes de EADS est sans doute le plus colossal au monde.

    En revanche, la solidité du carnet de commandes ne peut résumer à lui seul la santé financière de l'entreprise. C'est le cas de Latécoère, qui malgré un carnet de commandes de plus de quatre ans d'activité, (2,2 milliards d'euros), souffre d'un endettement excessif qui lui vaut un repli de son cours de bourse de 30% depuis le début de l'année.

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