jeudi29décembre

Alphabet, la maison mère de Google vient de poser une nouvelle brique à ses nombreuses activités. Après les drones de livraison, la voiture autonome, la maison mère du géant internet a récemment se développer dans le domaine de la santé à travers ses activités dans les biotechnologies, et a en outre récemment annoncé la création d'une joint-venture dans la bioélectronique avec le laboratoire GSK. Simple moteur de recherche à sa création, il y a 20 ans, le géant du net a littéralement bouleversé nos habitudes de consommation jusqu'à s'immiscer dans notre quotidien.

    " Télécharger tout internet "



    1995. L'histoire de Google commence sur les bancs de la prestigieuse université de Stanford. Deux étudiants, Larry Page et Sergey Brin commencent à plancher pendant une bonne année sur un moteur de recherche appelé BackRub. Et le 15 septembre 1997, le domaine Google.com est enregistré le 15 septembre. Le nom, un jeu de mots venant de "googol", un terme mathématique utilisé pour désigner le nombre 1 suivi de 100 zéros. Les deux étudiants ne cachaient pas leur ambition de vouloir télécharger tout le contenu d'Internet pour mieux l'étudier. Une ambition infinie mais les étudiants n'ont pas beaucoup de moyens. Pourtant, ils vont bénéficier d'un gros coup de pouce du destin. Ce projet, intéresse grandement le cofondateur de Sun, Andy Bechtolsheim. Sans se poser de questions, il signe en août 1998, un chèque d'un montant de 100 000 dollars pour une société... qui n'a aucune existence juridique. C'est le 4 septembre que l'entreprise Google Inc est officiellement enregistrée, en même temps qu'est déposé à la banque le chèque d'Andy Bechtolsheim. Le même mois, Google embauche son premier employé. L'histoire de Google est en marche et installe son premier bureau dans un garage à Menlo Park, dans la Silicon Valley.

    Alphabet un pari sur l'avenir ?
    Google dans sa version 1998

    Entre février et août 1999, la fréquentation du moteur de recherche passe de 500.000 à 3 millions de requêtes par jour. En juin 2000, il devient le premier moteur de recherche à avoir référencé un milliard de pages web. La même année, il conclut un partenariat avec Yahoo!, commence à proposer de la publicité ciblée en fonction des mots-clés, ainsi que la Google Toolbar en téléchargement. En fin d'année, il doit satisfaire 100 millions de requêtes par jour.

    Le 4 septembre 2001, Google obtient la validation de son brevet concernant PageRank. En 2003, ce moteur de recherche gère 200 millions de requêtes par jour, soit 56% des requêtes mondiales. La même année, Google rachète son concurrent Overture à Yahoo. En effet, c'est à Overture que l'on doit les fameux AdWords, ou liens sponsorisés génèrent d'importantes retombées financières pour Google. L'année 2004 confirme sa domination en matière de recherche puisque 84,9% des requêtes faites sur le web sont réalisées par ce moteur de recherche. A côté, de nouveaux services voient le jour : la recherche localisée et le service de messagerie Gmail. A partir de 2006, la société diversifie ses produits avec la sortie de Picasa, Google Finance, Google Calendar, GoogleDoc et Google Trends (qui permet de visualiser les recherches les plus populaires en temps réel). La société a créé un véritable empire sur le web. Et c'est sans compter son investissement dans les mobiles avec le système "Android" ou encore dans la vente de tablettes qui a rendu Google incontournable dans le quotidien de milliards de personnes dans le monde.

    Diviser pour mieux grimper



    Google, c'est 75 milliards de dollars de chiffre d'affaires, 555 milliards de dollars de capitalisation boursière et 50.000 salariés et 20% de croissance annuelle.. Google c'est plus d'un milliard d'utilisateurs sur Gmail, sur YouTube, sur Android, sur Chrome, etc... C'est aussi une myriade d'autres activités qui tendent à prendre de l'ampleur dans l' " écosystème Google ". En l'espace de 10 ans, Google est devenue une entreprise tentaculaire regroupant des activités variées qu'innovantes. Des sociétés spécialisées dans la santé, ou dans les nouvelles technologies, Google a le regard rivé sur l'avenir. Et c'est pour donner une visibilité à ses différentes activités autres que celles liées au Web, que Google a décidé en août 2015 de se réorganiser en créant une nouvelle structure : Alphabet. Pourquoi Alphabet ? Parce que c'est un jeu de mot sur " alpha ", qui désigne dans le jargon financier un retour sur investissement supérieur à la normale, et " bet ", qui signifie " pari ". Et puis, Alphabet a le mérite d'être compris dans plusieurs langues.

    Alphabet un pari sur l'avenir ?
    Logo d'Alphabet

    Cette modification de l'empire Google permettra également de clarifier la comptabilité de l'entreprise en séparant le chiffre d'affaires de Google de ces autres projets pour permettre aux investisseurs de mieux appréhender la consommation de capital exigée par ces nouvelles entités. A peine né, Alphabet est ainsi devenu un des plus gros conglomérats du monde avec cette architecture digne de Berkshire Hathaway, le holding de l'investisseur Warren Buffett.

    En plus de Google, l'importante société de la galaxie, se cachent en effet des sociétés axées sur la santé dont Calico, spécialisée dans la lutte contre le vieillissement, ou Life Science, qui travaille sur une lentille connectée capable de surveiller le taux de glucose des diabétiques. Google X, la division R&D du groupe est également à l'origine de nombreuses innovations hardware, dont un bracelet connecté pour suivre les malades à distance ou la voiture autonome Google Car et les lunettes connectées Google Glass. Alphabet c'est aussi la domotique avec sa filiale Nest (thermostats intelligents, video-surveillance, etc). Et récemment, Alphabet la maison mère de Google par l'intermédiaire de sa filiale à l'investissement dans les start-up, CapitalG, a pris une participation dans Snap Inc, qui édite la célèbre application pour mobile. Alphabet compte ainsi huit filiales: X, Ventures, Capital, Verily, Calico, Nest, Google et Fiber.


    L'organisation Alphabet
    L'organisation d'Alphabet

    Une machine à cash




    Fin octobre, Alphabet a publié des résultats trimestriels en forte hausse grâce à des revenus publicitaires dynamique. Entre juillet et septembre, le bénéfice net a atteint 5 milliards de dollars, en augmentation de 27 % par rapport à la même période de 2015, dépassant les prévisions des analystes. Le chiffre d'affaires a, lui, augmenté de 20 %, pour atteindre 22,4 milliards de dollars.

    Dans le détail, sur les 22 milliards de chiffre d'affaires près de 21,3 ont été générés uniquement par les activités historiques regroupées sous le nom Google. Et l'essentiel provient de la publicité : 19,821 milliards de dollars, en hausse de 18 % sur un an. Les 2,433 milliards restants, en hausse de 39% sur un an sont attribuables à l'exploitation de services parmi lesquels Google Cloud Platform. L'informatique dématérialisée a été identifiée et à juste titre, par Google comme un relais de croissance important. Le géant du web américain entend y consacrer des investissements significatifs en 2017. Outre, cette croissance dans le cloud, a société vient aussi d'introduire une nouvelle ligne de hardware, avec le lancement au début du mois de Pixel, un téléphone haut de gamme, et de Google Home, une enceinte connectée, et compte y consacrer un important budget marketing au prochain trimestre.

    Logiquement, les projets d'avenir de Google sont déficitaires. Le segment " other bets " a dégagé un chiffre d'affaires de 197 millions de dollars au 3e trimestre 2016. Bien qu'en augmentation de 40 % d'une année sur l'autre, ces " autres paris " pèsent très marginalement dans le gigantesque chiffre d'affaires du conglomérat. 0,86% du chiffre d'affaires trimestriel. Une goutte d'eau dans un océan. Quant à la perte, cette dernière reste élevée quoiqu'en diminution à 865 millions de dollars contre 980 millions l'année dernière.

    Et que dire de sa trésorerie pléthorique. Le groupe a un important trésor de guerre évalué à 78,5 milliards de dollars 78,5 milliards de dollars de trésorerie ! Le conglomérat les moyens de faire de nouvelles emplettes et de racheter quelques brevets supplémentaires qui manque à sa collection.

    Une prise de risque récompensée



    Pour l'investisseur de la première heure, Google, c'est aussi un pari audacieux mais surtout payant. Comme on a pu le voir précédemment, Google, ce n'est plus qu'un moteur de recherche mais une galaxie de plusieurs entités plus novatrices les unes que les autres. En Bourse, le géant américain est également entré dans le panthéon des poids lourds de Wall Street. Le 19 août 2004, Google faisait une entrée des plus remarqués. Le prix d'introduction a été fixé à 85 dollars, l'action a terminé la journée en hausse de 18%, à 100,33 dollars. Plus de 10 ans plus tard, elle en vaut presque 10 fois plus. Jackpot ! Valorisée à un peu plus de 23 milliards de dollars à ses débuts, la société en vaut 550 milliards pour culminer à la deuxième place des plus grosses capitalisations mondiales.


    Cours de Bourse Alphabet
    Parcours boursier d'Alphabet depuis son introduction en Bourse

    Seule Apple tient la dragée haute avec une capitalisation de 622 milliards d'euros. A noter qu'Alphabet avait même détrôné temporairement Apple en février 2016. Mais le groupe domine en Bourse des groupes industriels, des entreprises pétrolières malmenées avec la chute du baril mais aussi un géant historique comme Microsoft (489 milliards) ou Berkshire Hathaway, le holding de Warren Buffet. Il y a dix ans, General Electric, Exxon Mobil et Citigroup occupaient ce prestigieux podium. Changement d'époque....


    Tirs vers la lune



    Malgré cette envolée du cours d'Alphabet, doit-on se résigner à se dire que le meilleur est dans le rétroviseur ? A en croire le consensus, il serait prématuré de répondre par l'affirmative. Avec 422 analystes à l'achat, et seulement un à la vente, le moins que l'on puisse dire, c'est que le consensus des analystes est unanimement positif. L'optimisme est de rigueur avec un objectif de cours logé à 940 dollars, matérialisant un potentiel de hausse de 18%.

    Cette confiance des analystes n'est pas le fruit du hasard. Avec la création d'Alphabet, les investisseurs ont le sentiment que la pieuvre tentaculaire offre des gages de transparence. Le conglomérat se plaît à ouvrir les portes au grand public de ses usines à rêves dans la santé, les hautes technologies ou dans l'intelligence artificielle. Entre le Project Loon (ballons Internet atmosphériques), le Project Wing (drones de livraison), les Google Car autonomes, les idées ne manquent pas pour nourrir les ambitions folles d'Alphabet. Ces projets sont communément appelés " moonshots " ou tirs sur la lune. Les investisseurs espèrent que certains projets futuristes se transformeront en or avec à la clé, des milliards de dollars de bénéfices dans cinq, dix ou quinze ans.

    "Nous avons fait beaucoup de choses folles à nos débuts. Beaucoup de ces choses ont aujourd'hui plus d'un milliard d'utilisateurs, explique Larry Page dans le communiqué de lancement d'Alphabet [...] Mais dans l'industrie de la technologie, où ce sont les idées révolutionnaires qui créent les futures sources de croissance, il faut parfois se sentir un peu dans l'inconfort pour rester pertinent." Les fortes pertes de demain se transformeront en copieux bénéfices dans l'avenir...

    En attendant la vulgarisation de ces projets futuristes, Alphabet peut toujours compter sur sa puissante filiale Google, regroupant les activités très lucratives sur le Web. Google, s'est imposé en moins de deux décennies comme un moteur de recherche incontournable. Google, 2000 milliards de requêtes par an. C'est le canal d'information le plus important du monde. En France, 96% des utilisateurs font leurs recherches sur Internet avec Google... De quoi promettre encore un avenir radieux à Alphabet tant sur ses activités historiques avec le développement du cloud que sur ses projets à long terme. Qui sait, dans une dizaine d'années, la voiture autonome s'imposera comme un standard tout comme la livraison d'objets par drones, idée farfelue actuellement, ne nous étonnera plus dans le futur...

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