Au 1er février, le taux du Livret A et du LDDS doit reculer à 1,50%, après 1,70%. Malgré cette nouvelle baisse, plusieurs arguments plaident pour conserver une partie de son épargne sur ces livrets, notamment pour la précaution et la sécurité.
- Le taux du Livret A et du LDDS tombe à 1,50% au 1er février, contre 1,70%.
- Pour une épargne de précaution, les livrets réglementés conservent des atouts : liquidité et intérêts nets d’impôt.
- Avec une inflation à 0,8% sur un an en décembre, le Livret A peut rester positif en réel.
- Les sommes déposées ne sont pas « immobiles » : elles servent notamment à financer l’économie et, pour une part, des politiques publiques.
- En période de volatilité des marchés, le Livret A peut jouer un rôle de refuge.
À compter du 1er février, le taux du Livret A (et du LDDS) va passer de 1,70% à 1,50%, net de fiscalité. Ce repli constitue une troisième baisse d’affilée. En un peu plus d’un an, la rémunération a été divisée par 2, de 3% (jusqu’au 31 janvier 2025) à 1,50%.
Avec 58 millions de détenteurs pour le Livret A et plus de 26 millions pour le LDDS (1), la question revient souvent : est-ce que je fais une erreur en maintenant mon épargne sur mon Livret A ?
Des ménages qui ont déjà commencé à arbitrer
En 2025, les flux vers le Livret A ont nettement ralenti. Pour la première fois depuis 10 ans, l’encours a terminé l’année en dessous de son niveau d’il y a 12 mois, à -2,12 milliards d’euros. En parallèle, les fonds euros de l’assurance vie ont affiché une collecte nette positive de 8,1 milliards d’euros, une première depuis 2020.
Après l’annonce de la baisse à 1,50%, certains acteurs ont accentué le doute. « La confirmation de la chute du taux du Livret A à 1,5 % dès février 2026, son plus bas niveau depuis plusieurs années, n'est plus un simple signal d'alarme. C'est un appel clair à l'action pour les épargnants », a ainsi écrit Antoine Andreani, Head of Research chez XTB France, néo-courtier en ligne (cité par MoneyVox).
Pour l’épargne de précaution, un placement toujours pratique
Pour limiter le risque de découvert lors d’un imprévu, la règle couramment avancée consiste à mettre de côté l’équivalent de 3 mois à 6 mois de revenus, selon votre situation. Pour ce « matelas », les livrets réglementés restent souvent adaptés.
« Le livret A, particularité française, reste un produit rentable pour les ménages, avec un risque zéro et une fiscalité nulle, une liquidité totale et un plafond élevé (...) » rappelait Daniel Baal, dirigeant du Crédit Mutuel Alliance Fédérale et président de la Fédération bancaire française (FBF).
Par rapport aux fonds euros, deux points reviennent fréquemment pour l’épargne de précaution : l’argent est disponible immédiatement sur un Livret A, alors qu’un rachat sur assurance vie peut prendre quelques jours (voire davantage), et les intérêts sont directement nets d’impôts, contrairement à l’assurance vie, dont la fiscalité devient plus favorable après huit ans.
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Assurance vie exclusive
Si vous y êtes éligible, le LEP peut être plus pertinent
Lorsque c’est possible, le Livret d’épargne populaire (LEP) peut être préféré au Livret A : il conserve des caractéristiques proches tout en étant mieux rémunéré (2,50% à partir du 1er février) et avec un plafond de versement de 10 000 euros, souvent cohérent avec l’objectif d’épargne de précaution.
Une fois ce socle constitué, il devient envisageable de diversifier vers des supports potentiellement plus rémunérateurs sur la durée, comme l’assurance vie, le PER ou des placements boursiers tels que le PEA.
Une rémunération qui suit la baisse de l’inflation
La révision du taux du Livret A s’explique par ses règles de calcul, indexées sur l’inflation et les taux courts interbancaires, deux indicateurs orientés à la baisse en 2025.
En particulier, l’évolution des prix s’est tassée : 0,8% sur un an en décembre, après 1,7% en janvier. L’Insee vise en outre une inflation moyenne de 1,25% au 1er semestre 2026.
Conséquence : même à 1,50%, le Livret A affichera toujours un rendement réel positif, ce qui signifie qu’il peut continuer à préserver le capital face à l’érosion des prix.
Des dépôts qui alimentent aussi le financement de l’économie
Le Livret A est parfois accusé d’être de l’argent qui dort. Daniel Baal, lors de ses vœux à la presse au nom de la FBF, contestait cette idée : « Non, l'argent ne dort pas dans les banques. L'argent présent sur les comptes et les livrets irrigue le circuit économique réel : c'est avec ces dépôts et cette épargne que les banques (et la Caisse des dépôts pour la part qu'elle récupère) peuvent prêter aux ménages et aux entreprises, aux collectivités, au logement social, aux infrastructures... (...) L'épargne n'est pas improductive, comme voulait le faire croire certains députés. »
Dans les faits, les montants déposés servent notamment aux banques pour financer des PME. Une part de l’encours est aussi centralisée à la Caisse des Dépôts et orientée vers des politiques publiques, dont le logement social.
Un rôle de refuge lorsque les marchés sont chahutés
Les performances 2025 ont largement favorisé les actions : le CAC 40 a progressé d’un peu plus de 10%, contre 2,16% en moyenne pour le Livret A. L’année précédente donnait un résultat inverse : -2,15% pour le CAC 40 et +3% pour le Livret A.
Dernièrement, la volatilité a été marquée : point bas à 6 745 points en avril, point haut à 8 314 points en novembre, puis une clôture à 8 150 points. Le CAC 40 a notamment évolué au gré de menaces de guerre commerciale attribuées à Donald Trump, président des Etats-Unis. Dans ce cadre, accepter un risque de marché sur une épargne patiemment constituée n’est pas une évidence pour tous les ménages.
Le Livret A, de son côté, offre une rémunération connue à l’avance et un capital garanti. Il pourrait même continuer, en 2026, à « (...) jouer son rôle de valeur refuge en cas d'accentuation des tensions géopolitiques entre l'Europe et les États-Unis et en cas de ralentissement de l'économie », selon l’économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne, dans un communiqué.
(1) Rappel : il est autorisé de cumuler un Livret A et un LDDS