lundi26avril

Le gaz naturel est peut être en train de subir un changement radical. Une innovation technologique bouleverse le rapport offre/demande et la géopolitique du gaz au niveau mondial. Ce changement explique en partie que pour une même équivalence énergétique, les cours du pétrole sont plus de trois fois supérieurs aux cours du gaz naturel US. Certes historiquement le pétrole brut, plus facile à transporter et à stocker que le gaz, est plus cher mais le ratio se situe plutôt entre 1 et 2. Commençons par deux annonces récentes :Exxon annoncé en décembre 2009, le rachat pour 41 milliards de dollars de XTO Energy. XTO est un des principaux explorateurs et producteurs de gisements de gaz non conventionnel. Total a annoncé au premier trimestre 2010 l'acquisition de 25% d'un portefeuille gazier au Texas, détenu par la compagnie américaine Chesapeake. Cette opération se fera par l'intermédiaire d'une coentreprise avec Chesapeake. Total pourra également prendre 25% de tout nouveau champ gazier acquis par son partenaire américain dan la région de Barnett Shales. Le domaine gazier des Barnett Shales produit actuellement quelque 700 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour. Pour Total cela signifie que sa production augmentera de 30 000 barils équivalents pétrole par jour supplémentaires. Total (4 837 millions de pieds cubes produits quotidiennement) a laissé entendre que le groupe réfléchissait à d'autres investissements aux cotés de Chesapeake dans le gaz non conventionnel. Sur ce sujet, Christophe de Margerie cite ici " le marché gazier le plus large et le plus liquide au monde ". Le marché du gaz est au départ tripolaire, divisé en trois régions relativement indépendantes du fait des contraintes de transport (gazoducs terrestres ou immergés pour les courtes distances et méthaniers utilisant les techniques de liquéfaction pour les longues distances).L'Amérique du Nord fonctionne pratiquement en autarcie, l'Europe occidentale dépend de plus en plus de l'Est et du Sud surtout à partir de gazoducs et puis l'Asie dont les importations se font pour l'essentiel sous la forme de gaz naturel liquéfié (GNL). En Europe, le développement de nouveaux terminaux gaziers (Dunkerque ?) doit permettre de limiter la dépendance vis-à-vis de la Russie. Aux Etats-Unis le gaz naturel joue un rôle essentiel dans la consommation énergétique américaine mais les ressources conventionnelles en Amérique du Nord sont plutôt en voie d'épuisement. Les prix sur le marché américain sont indépendants de ceux du marché européen. La notion de prix mondial du gaz est difficile à circonscrire sauf peut être pour le gaz naturel liquéfié. Le gaz naturel sur le NYMEX de New York a franchi bien avant le pétrole l'équivalent du seuil des 100 USD le baril durant l'hiver de 2006. Des températures un peu rudes mettaient en effet en évidence les difficultés du système gazier américain à satisfaire la demande. Ce constat a évolué depuis 2007 avec le développement de nouvelles sources de gaz naturel non conventionnel appelé "shale gas" (littéralement gaz de schiste ou gaz captif à l'intérieur des roches schisteuses). Le gaz naturel non conventionnel utilise des techniques de fractionnement hydraulique à l'horizontale. Le premier gisement de shale gaz (gaz naturel non conventionnel), celui de Barnett, se trouve presque en dessous de l'aéroport de Fort Worth au Texas.L'impact sur le complexe énergétique américain semble considérable; une augmentation nette de la production et des réserves prouvées; la relance du gaz comme ressource pour la production d'électricité et une nouvelle donne géographique puisque ces gisements se trouvent dans des Etats consommateurs comme la Pennsylvanie, New York ou la Colombie Britannique. Alors qu'en 2009 le baril de pétrole passait de 30 $ à 80 $, le gaz naturel (en équivalent pétrole) cotait 15 $ à 20. En novembre 2009, dans une période traditionnellement marquée par les premières tensions hivernales le prix du gaz naturel US ne dépassait pas les 40 $, soit la moitié du prix du pétrole. Mais les conséquences ne se limitent pas au marché américain. Les Etats-Unis ayant désormais beaucoup moins besoin d'importer de GNL, on pourrait se retrouver dans une situation excédentaire sur un marché qui a bénéficié d'investissements importants de la part des producteurs à l'image du Qatar. Ceci pèse déjà sur le prix du marché spot du GNL, ce dont profitent les importateurs européens et asiatiques et a déjà un impact sur les négociations contractuelles Europe de l'Ouest ? Europe de l'Est.N'oublions pas que la volatilité (indicateur/prix du risque moyen) du gaz naturel a évolué entre 31% et 80% depuis janvier 2007. A ce niveau de risque moyen il faut encore ajouter, même si elles restent peu fréquentes, des variations de prix extrêmes.

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