lundi27août

S'il est un secteur qui ne connait pas la crise, c'est bien celui des vins et spiritueux. Chaque année depuis 5 ans, les leaders mondiaux du secteur, à l'instar du britannique Diageo et du Français Pernod Ricard, dévoilent des résultats en forte hausse qui passe par une croissance organique à deux chiffres et ce malgré l'aggravation de la crise en Europe du Sud et des signes de ralentissement de la croissance dans les pays émergents.

    En bourse, le parcours du secteur fait pâlir d'envie puisqu'il affiche la deuxième plus forte progression tous secteurs confondus avec une performance de 23% depuis le début de l'année.

    Comment expliquer un tel succès ?

    Les groupes de spiritueux vont chercher la croissance là où elle se trouve, c'est-à-dire dans les pays émergents. En témoigne le constat selon lequel la demande en alcools haut de gamme dans la région Asie-Pacifique et en Amérique latine a soutenu la progression des résultats de Diageo. Le groupe britannique estime désormais que les marchés émergents généreront la moitié de son chiffre d'affaires mondial d'ici à 2015, par rapport à une proportion de 40% actuellement. Par ailleurs les ventes de Diageo en Amérique latine et dans les Caraïbes ont bondi de 19%, tandis que les ventes en Asie-Pacifique et en Afrique ont augmenté respectivement de 8% et 11%.

    Même constat pour Pernod Ricard qui parvient avec brio à préserver ses marges en appliquant notamment une hausse de ses tarifs sur ses marchés les plus actifs, Chine en tête. Pour Pernod Ricard, la demande chinoise de cognac et de whisky en particulier ne faiblit pas, alors que le groupe est très bien positionné sur ces segments notamment avec l'acquisition récente de La maison de cognac Martell. A l'instar de Diageo, les pays émergents représentent 35% de l'activité du groupe français, une proportion amenée à augmenter au fil du temps. Car malgré les signes de ralentissement de la croissance, la consommation domestique chinoise reste en forte hausse. Et ces perspectives florissantes devraient perdurer.

    Diageo a par exemple souligné qu'il n' avait subit aucun ralentissement sur les marchés à croissance rapide, hormis quelques faiblesses au Brésil et sur le segment de la vodka en Inde. En Amérique du Nord, les ventes résistent également avec une croissance des ventes de 6%, contre une croissance de 3% l'an dernier, alors qu'en Europe, elles ont reculé de 1%, après avoir déjà accusé un repli de 3% l'an dernier. En France par exemple, le marché est plombé par les augmentations de prix consécutifs au durcissement des taxes. Ainsi, les ventes de Pernod Ricard ont chuté de 42%, dans l'hexagone au troisième trimestre 2012. Et cette morosité sur les marchés matures devrait continuer selon Pernod qui anticipe un repli du marché français de 7% à 8% pour l'année en cours.

    C'est donc bien les ventes à l'international et surtout en Chine qui permettent aux groupes de vins et spiritueux de garder la santé malgré la crise en Europe. Une stratégie axée sur les pays émergents qui portent aussi ses fruits en bourse. Pernod Ricard gagne 22% depuis le 1erJanvier. Mais cette belle performance reste modeste comparée à la hausse de 55% du titre Remy Cointreau. Le numéro deux français des spiritueux a lui aussi réalisé un très bon cru 2011/2012 marqué par une nette progression de ses résultats annuels. En avril, la société avait déjà publié un chiffre d'affaires annuel en forte croissance organique à deux chiffres, (+15,6%) à la faveur du bond de ses ventes de cognac en Asie. Diageoo de son coté s'adjuge 50% depuis le 1 er janvier, surperformant de très loin son indice de référence le Footsie, qui s'adjuge 12,% sur la période.


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