lundi30juillet

Air-France s'envole en Bourse malgré les lourdes pertes essuyées par la compagnie aérienne au premier semestre. Toutefois, les investisseurs saluent l'amélioration constatée au second trimestre.

    Comptes dégradés mais...

    De prime abord, les comptes semestriels d'Air France sont dégradés avec une perte nette semestrielle de -1,26 milliard d'euros dont -à 895 millions d'euros au second trimestre. Une perte abyssale que le groupe explique par une provision de 368 millions d'euros destinée à son plan de restructuration et qui représente la " très grande majorité " de ce qui sera nécessaire, a précisé le directeur financier Philippe Calavia. L'autre explication de la lourde perte trimestrielle tient à l'impact négatif de 372 millions d'euros lié à la couverture du groupe face au prix du pétrole. Air France-KLM s'était couvert contre un cours du brut élevé, mais celui-ci a chuté à 98 dollars fin juin, contre 125 dollars à la fin mars.

    ...un léger mieux est à entrevoir

    Le résultat d'exploitation semestrielles s'est creusée à -663 millions d'euros après -548 millions d'euros au 30 juin 2011 et le résultat d'exploitation ajusté reste négatif de 505 millions d'euros. Mais quand on gratte un peu plus le vernis, on entrevoit quelques signes d'amélioration de la situation financière d'Air France-KLM... Elle a ramené sa perte d'exploitation trimestrielle à 66 millions d'euros, contre 145 millions au deuxième trimestre de l'an dernier, alors qu'elle est en train de mettre en oeuvre un plan destiné à économiser deux milliards d'euros d'ici 2014. Ce programme de réduction de coûts passe par la suppression de 5 122 postes chez Air France afin de réduire de 20% les coûts d'ici deux ans.

    L'EBITDAR (Résultat d'exploitation avant amortissements, provisions et loyers opérationnels) a bondi de 20,7% au second trimestre ce qui a propulsé le résultat d'exploitation ajusté dans le vert, à 15 millions d'euros après une perte d'exploitation ajustée de 73 millions d'euros un an auparavant. Le chiffre d'affaires total s'élève à 12,14 milliards d'euros (+5,2% dont un effet de change favorable de 1,9%) dont 6,5 milliards d'euros réalisés au second trimestre. L'activité passagers a amélioré sa performance au 2ème trimestre 2012, pour augmenter de 2,4%, ce qui a permis l'activité cargo a en revanche souffert de la faiblesse du commerce mondial.

    Autre motif de satisfaction, le coût de la dette nette a légèrement baissé à 170 millions d'euros contre 178 millions d'euros un an plus tôt. En revanche, les autres produits et charges financiers sont passés d'un produit de 38 millions d'euros à une charge de 178 millions d'euros dont 152 millions d'euros de variation négative de la juste valeur des instruments de couverture. Le cash-flow opérationnel reste positif à 461 millions d'euros. Le groupe indique également disposer d'une trésorerie de 3,3 milliards d'euros dont 466 millions d'euros de l'opération Amadeus et de lignes de crédit entièrement disponibles de 1,85 milliard d'euros.

    Les capitaux propres s'élèvent à 4,88 milliards d'euros tandis que la dette nette s'est inscrite en baisse à 6,24 milliards d'euros après 6,51 milliards d'euros au 31 décembre 2011. Mais sous l'effet de la baisse des capitaux propres, le ratio d'endettement passe de 1,07 au 31 décembre 2011 à 1,28 fin juin dernier.

    Des réservations estivales " bien orientées "

    Le second semestre s'annonce un peu mieux, avec des réservations pour la saison été " bien orientées ", dans la continuité de la période précédente. Toutefois, elle avertit que les prévisions sur la fin de l'année sont rendues difficiles sur fond d'incertitudes sur l'évolution de l'économie mondiale ainsi que la volatilité du prix du pétrole et de l'euro. Cependant, le groupe estime qu'il devrait enregistrer au deuxième semestre les premiers impacts significatifs du plan Transform 2015. Dans ces conditions, Air France-KLM a pour objectif de dégager un résultat d'exploitation au second semestre supérieur aux 195 millions d'euros réalisés au second semestre 2011. Aussi, le groupe espère réduire sa dette nette au 31 décembre 2012 par rapport à la fin de l'année précédente où elle s'inscrivait à 6,51 milliards d'euros.

    Une éclaircie possible en Bourse ?

    Même si le groupe escompte récolter dans la deuxième partie de l'année les premiers fruits de son plan de restructuration visant à économiser deux milliards d'euros d'ici 2014, le mal a été fait en Bourse. Le titre a piqué du nez ces dernières années, son parcours boursier a été plombé par nombre de déceptions faisant échos des publications ternes. Mais l'embellie tant attendue par les investisseurs semble montrer le bout de son nez si on en croit les déclarations de la direction du groupe franco-néerlandais. Après avoir touché un plus bas à près de 3 euros mi-juin, le titre s'est repris pour rallier les 4 euros en l'espace d'un petit mois. Les dernières annonces ont été saluées, l'action se traite 4,30 euros. A ces cours, la une capitalisation de seulement de 1,30 milliard d'euros pour un chiffre d'affaires est de 26 milliards d'euros estimés pour 2012, soit un ratio VE/CA de...0,05x. Les éventuelles provisions pour restructurations vont surement continuer à peser alors que les principaux syndicats d'hôtesses et stewards d'Air France, ont rejeté jeudi le plan d'économies de la compagnie déficitaire. Un accroc sur le plan social qui va surement retarder les premiers effets de la cure d'amaigrissement entreprise par le groupe. L'évolution du dossier en Bourse sera donc tributaire de ces éléments...

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