mardi10juillet

A l'instar de l'ensemble des secteurs, la croissance du luxe tend à ralentir. Mais si les analystes pointent le ralentissement de la croissance d'un secteur qui ne connaissait pas la crise, il faut aussi le relativiser.

    Globalement, le sentiment actuel du marché vis-à-vis du secteur du luxe anticipe un affaiblissement de la croissance. Nomura note cependant que les discours des dirigeants du secteur restent 'plutôt optimistes' et que les chiffres publiés jusqu'alors ne sont pas aussi négatifs que les impressions du marché.

    D'ailleurs, de l'avis des spécialistes du secteur, le 2ème trimestre ne devrait pas témoigner d'un recul significatif en données séquentielles, c'est-à-dire par rapport au 1er trimestre. Car si l'Europe s'enfonce dans la récession, et que l'économie américaine subit un coup de frein, les pays émergents sont toujours considérés comme des pépites pour le développement des industries du luxe.

    Mais que peut-on attendre du 2ème semestre 2012 ? Pour Barclays, la croissance globale du marché du luxe s'améliorera probablement au second semestre à mesure que les groupes réduiront les écarts entre leurs prix domestiques, ce qui attire les touristes, et les tarifs pratiqués ailleurs dans le monde, notamment en Chine. Une stratégie mise en place par de plus en plus de multinationales. Rolex l'a déjà fait en relevant ses prix européens de 9 à 15% au 1er semestre.

    Les économistes de Nomura tablent également sur un regain de l'économie chinoise. 'De nouvelles mesures de soutient macroéconomiques profiteraient au secteur, qui est fortement lié à la tendance générale', souligne la note. La banque centrale chinoise a d'ailleurs abaissé jeudi dernier pour la deuxième fois ses taux d'intérêts afin de relancer le crédit et la croissance.

    Même son de cloche du coté des analystes de Barclays, qui considèrent " qu'en Chine, la croissance de long terme reste un scénario d'actualité et que les valorisations actuelles offrent de bons points d'entrée?. En effet, si la croissance économique ne devrait pas dépasser les 8%, la croissance organique du luxe devrait quant à elle atteindre entre 20 et 30% par an durant les cinq à dix prochaines années. " La Russie, l'Inde et la Chine représentent une part très importante de l'activité du luxe et un tiers des produits de luxe iront vers ces marchés dans les dix ans à venir", prédisait il y a peu le patron de LVMH.

    Parallèlement, le nombre d'ouvertures de boutiques de luxe augmente exceptionnellement (+42% entre 2008 et 2011 en Asie contre +5% en Amérique du Nord sur la même période) à tel point que le cabinet de consulting BCG prévoit " que d'ici à 2020, plus de 330 villes en Chine auront le même niveau de revenu disponible que Shanghai avait en 2010, et que d'ici à 2015, la Chine va devenir le premier marché mondial du luxe".

    Les avis des analystes sont d'ailleurs positifs sur les différents dossiers secteur. Le français PPR, présente par exemple des PER 2012 de 11,4 et 2013 de 10,2, qui sont parmi les plus bas du secteur. Gucci, la star du luxe italien et par ailleurs filiale de PPR, est la locomotive du groupe français dans le sens où elle représente 40 % du volume d'affaires du groupe et quasiment les trois quarts du résultat opérationnel courant.

    Pour Barclays, Richemont, PPR et Burberry sont les préférées du secteur et en conséquence toutes trois conseillées à l'achat. Avec un objectif de cours à 75 francs suisse, le potentiel de hausse sur le groupe Richemont est de plus de 40%. L'un des principaux atouts de Richemont, c'est sa forte pénétration du marché asiatique, en témoigne le constat selon lequel il a réalisé 41,5% de ses ventes en région Asie-Pacifique, contre seulement 27% pour LVMH. Autre atout de taille, Richemont a enregistré une croissance à changes constants de + 46% surclassant largement celle du secteur dans son ensemble (+30%).


    Des performances qui ne sont pas encore pleinement valorisées en Bourse, puisque le DJLuxury Index - qui regroupe les 30 grands groupes mondiaux du secteur grimpe de seulement 3,5% depuis le 1er janvier. L'indice sectoriel s'inscrit en baisse de 16% sur an glissant après avoir culminé à son plus haut depuis 2007 quand l'indice CAC 40 à titre de comparaison accuse un repli de 19% sur la même période.

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