mercredi27juin

Aéroports de Paris a quelque peu refroidi le Marché mercredi matin après les dernières annonces du groupe. L'opérateur des plateformes de Roissy et Orly a prévenu les investisseurs d'une modification de certains de ses objectifs à moyen terme, eu égard aux incertitudes du contexte économique.

    Ainsi, le retour sur capitaux investis (ROCE) du périmètre devrait désormais se situer dans une fourchette comprise en 4,5% et 5,0% en 2015 contre 5,4% attendus précédemment, compte tenu notamment d'un nombre de mouvements d'avions plus faible qu'attendu et de la hausse des charges externes des activités régulées.

    Toutefois, le tableau n'est pas aussi sombre qu'il n'y paraît, le chiffre d'affaires par passager devrait atteindre 19 euros en 2015, alors qu'il n'était attendu qu'à 17,40 euros, grâce à des résultats meilleurs qu'attendus dans les boutiques en zone réservée. L'objectif fixé pour 2013, soit 15,80 euros, est donc abandonné par le groupe...puisqu'il a d'ores et déjà été atteint ! Aussi, Aéroports de Paris maintient sa projection d'une croissance du trafic de 3,2% par an en moyenne entre 2011 et 2015, et table toujours sur une hausse de 40% de son EBITDA pour la période 2009/2015. L'opérateur aéroportuaire abaisse sa prévision de croissance des surfaces dédiées aux commerces à 18% entre 2009 et 2015, contre 21% initialement prévus, en raison du décalage du projet de rénovation de terminal 2B de Paris-Charles de Gaulle. Cependant, l'objectif de croissance des surfaces de boutiques en zone internationale est maintenu à +35% sur la même période.

    Sur les 3 premiers mois de l'année 2012, le trafic est en hausse de 3,7 % à 19,6 millions de passagers : il augmente de 4,3 % à Paris-Charles de Gaulle (13,5 millions de passagers) et de 2,4 % à Paris-Orly (6,0 millions de passagers). Il n'est pas vraiment étonnant que le trafic de ces deux aéroports progresse sur la durée, Roissy étant la porte d'entrée numéro un l'Hexagone. Même si le groupe a été affecté en 2011 par le contexte géopolitique défavorable dans certains pays d'Afrique et du Moyen-Orient et dans une moindre mesure par les conséquences du tremblement de terre survenu au Japon, le trafic international hors Europe (soit 40,8 % du trafic total) croît de 5,7 % sur la période. Mais ADP ne souhaite pas tirer l'intégralité de ses revenus du trafic aérien. Aéroports de Paris entend mieux valoriser ses infrastructures grâce à l'extension des galeries marchandes et au recentrage de son activité, qui est passé par la cession de sa filiale assistance à Groupe 3S à la fin de l'année.

    L'accent est donc mis sur l'optimisation des espaces de vente, l'élargissement des marques et de services proposés afin que les passagers mettent davantage la main au portemonnaie lors de leur passage par les terminaux. Ainsi, ADP a prolongé son partenariat au sein de Société de Distribution Aéroportuaire, l'opérateur des activités alcool/tabac/parfum/cosmétiques et gastronomie des aéroports de Paris-Charles de Gaulle et de Paris-Orly. Aussi, ADP a crée une co-entreprise " Relay@ADP " avec Relay pour l'exploitation de boutiques de presse, de livres, de boissons et sandwiches et de souvenirs.

    L'opérateur aéroportuaire entend donc contrebalancer la baisse de régime du trafic aérien, lié à des troubles politiques, à des évènements climatiques défavorables et aussi à une conjoncture économique adverse, en plaçant le voyageur/consommateur au coeur de sa stratégie. Dès que les premières craintes de ralentissement de l'économie se faisaient jour, le cours de Bourse d'ADP s'était inscrit dans une tendance baissière. De 67 euros en juillet 2011, le titre avait perdu 25% pour passer sous la barre des 50 euros, et ainsi revenir aux niveaux de juin 2010. Puis, l'action ADP a opéré un rattrapage et toucher un plus haut à 64 euros en avril dernier. Le dossier avait profité d'un " news flow " positif dont la publication en janvier d'un trafic record pour l'année 2011 en hausse de 5.7%. En effet, 88.1 millions de passagers ont été accueillis dans les deux aéroports parisiens, 61 millions pour Charles de Gaulle et 27.1 millions pour Orly. Depuis, le titre a perdu un peu de terrain et se traite sur les 56 euros. La valorisation du titre ressort encore 16,1 fois les bénéfices attendus cette année, ce qui reste encore cher. Mais cet indicateur témoigne de la solidité des résultats du groupe et des perspectives favorables qui s'offrent au dossier alors qu'ADP continue la modernisation de l'aéroport international Roissy Charles de Gaulle avec notamment le réaménagement et la construction de nouveaux terminaux. ADP souhaite aussi poursuivre son développement à l'international après avoir finalisé l'acquisition des 38% dans la société d'aéroports Turques TAV pour environ 670 millions d'euros. Le président Pierre Graff a déclaré être intéressé par plusieurs dossiers, en particulier celui de Rio au Brésil, dont l'aéroport pourrait être privatisé à l'automne. Le groupe français souhaite réaliser plus de croissance à l'international, une stratégie intéressante qui devrait constituer un véritable relais de croissance pour le groupe et lui assurer encore une bonne visibilité pour les exercices à venir...

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