vendredi01juin

La crise de la dette de la zone euro et la panique qui se propage chez les investisseurs les poussent à placer leur argent dans des valeurs dites refuges. Cela se traduit par des écarts historiques sur le marché des devises (le Yen est par exemple proche de ses plus hauts par rapport à l'euro ) et sur le marché des taux d'intérêts.

    Cet écart est impressionnant sur le marché des obligations souveraines. Dans plusieurs pays et pas des moindres, les taux d'intérêt s'effondrent . En Allemagne bien sûr, aux États-Unis, en Angleterre, ou encore au Canada, en Suisse ou dans certains pays d'Europe du Nord. Ces pays empruntent sur 10 ans à des taux compris entre 1 et 1.60%. Même en France, le taux de l'OAT 10 ans est à un plus bas historique (en dessous 2.5%). Dans le même temps, les taux des pays dits en difficulté atteignent des sommets. L'Espagne emprunte à 6,42% sur 10 ans tandis que l'Italie emprunte à 5,83%.

    Cette tendance se retrouve également sur le marché des obligations corporate, où de nombreuses sociétés considérées comme solides profitent de l'afflux de liquidités, tandis que d'autres sont sanctionnées par des taux élevés.

    En Allemagne, où l'Etat emprunte à 0,40% sur 5 ans, des sociétés comme le groupe chimiste BASF et l'équipementier industriel Robert Bosch, empruntent à moins de 1.5% sur 5 ans. Même la banque allemande Deutschebank emprunte à moins de 2% à 5 ans. A l'opposé, le fabricant allemand de panneaux solaires, Solarworld, en très grande difficulté, emprunte à moyen terme à des taux proche des 50%.

    Outre Deutsche Bank, ING et UBS profitent aussi de conditions d'emprunt attractives. Malgré la crise bancaire, la plupart des banques ont encore accès au marché obligataire à des taux raisonnables (proches des 3% sur 5 ans). Seuls Crédit Agricole souffre à cause de son exposition en Grèce, ainsi que les banques italiennes et espagnoles, à l'image de Intesa sanpaolo ou bankia. Ces trois banques ont des taux à 5 ans qui dépassent les 6%.

    Aux Etats-Unis, si de grandes banques comme Morgan Stanley, qui empruntent au-delà de 5% sur 5 ans, continuent à subir la défiance des investisseurs à cause de la crise des subprimes, certaines grandes multinationales obtiennent des taux extrêmement attractifs. C'est ainsi que des sociétés comme McDonald's, Philipp Morris, Procter & Gamble ou encore Pfizer ont accès aux capitaux du marché obligataire à des taux compris entre 1 et 1,5% à moyen long terme.

    En France également, la dette des grandes entreprises est considérée comme une valeur refuge. Même des sociétés relativement endettées empruntent aujourd'hui à des conditions plutôt avantageuses. Veolia et Carrefour obtiennent par exemple des taux inférieurs à 3% sur 5 ans. EDF, France Telecom et GDF Suez profitent quant à eux de la détente sur l'OAT français pour obtenir des taux proches des 2%. Enfin, pour des sociétés comme LVMH, Sanofi ou Schneider Electric, les taux sont plutôt compris entre 1,5 et 1,75%

    Ces faibles taux permettent aux entreprises de faire baisser le coût de leur dette et donc d'assainir leur bilan. Une raison de plus pour les investisseurs craintifs de les considérer comme des valeurs refuges.

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