mardi05juin

Opération réussie pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui a émis pratiquement 2 milliards d'euros avec une demande en hausse et des coûts d'emprunts en repli.

    Le fonds de sauvetage temporaire la zone euro a donc emprunté sur 3 mois à un taux moyen de 0,137%, inférieur à celui de 0,173% obtenu pour la précédente adjudication sur la même période, qui a eu lieu début mai. Une adjudication rassurante qui témoigne de la confiance des marchés quant à la solidité du FESF au moment où on évoque la possibilité de lui faire jouer un rôle déterminant dans la recapitalisation du secteur bancaire espagnol.

    Car de l'avis général, l'Union Européenne doit agir plus vite pour soutenir l'Espagne. Empêtrée dans la récession, les inquiétudes sur l'état des finances publiques espagnoles ont renchéri le coût du CDS à 5 ans qui permet d'assurer ses titres de dette contre un défaut éventuel, à 602 points. Parallèlement, l'écart de rendement entre l'emprunt d'Etat espagnol à dix ans et son équivalent allemand qui a battu un nouveau record historique vendredi dernier, à 548 points de base, se détendait en milieu d'après midi à 505 points de base. Le rendement à 10 ans espagnol reculait aussi de 3 points pour s'établir à 6,28%.

    Une relative accalmie sur les taux espagnols qui prend sa source dans la volonté de l'Europe à agir pour résoudre la crise. En effet, un accord portant sur la création d'une "union bancaire" dans l'Union européenne (UE) pourrait être approuvé dès les prochaines semaines. On évoque également l'hypothèse selon laquelle l'Espagne pourrait obtenir l'aide de l'Europe via le FESF. Le mécanisme pourrait d'ailleurs être taillé sur mesure pour les banques espagnoles.

    En début de semaine, Angela Merkel avait d'ailleurs incité les dirigeants européens à placer les banques les plus importantes des 27 membres de l'Union sous une supervision directement européenne, ouvrant ainsi la porte à une surveillance plus centralisée du secteur financier. Une initiative louable mais qui prendrait des années. Or le temps presse.

    De plus, un député allemand, chef du parti CDU et proche de la chancelière Angela Merkel vient de rejeter l'idée que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES) soient autorisés à fournir directement des fonds aux banques en difficulté, comme le suggèrent pourtant certains responsables européens. Le chef du parti CDU au Bundestag, Volker Kauder, rejette en effet " une aide directe via le FESF ou le MES pour recapitaliser les banques. L'aide doit être sollicitée par l'Etat concerné, comme prévu par les règles qui ont été établies". En somme, si le consensus européen manque encore à l'appel, les leaders européens ont pris conscience de la gravité de la crise et réfléchissent à des solutions. C'est déjà ça.

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