vendredi15juin

Lorsque l'on se penche sur les cours de l'or noir, on s'aperçoit que les prix du pétrole sont tendanciellement orientés à la hausse, mais qu'ils restent soumis à court terme à une forte volatilité.

    Le cours du baril est en effet très sensible ; le ralentissement de l'activité économique mondiale, la crise souveraine, les variations de changes, ou encore les risques géopolitiques sont autant de facteurs qui ont des répercussions significatives sur les prix. Par exemple, le coup de frein de la croissance survenu au premier trimestre aux Etats-Unis a durement touché la demande américaine de pétrole, l'Opep ayant observé en mars une contraction de 6,2% de la consommation de pétrole aux Etats-Unis, "la plus importante enregistrée depuis mai 2009 ".

    En baisse de 17% depuis le début de l'année, le baril de brent se négocie à 97$ alors que le WTI "light sweet crude " s'échange aux alentours des 83$.

    De manière générale, une baisse du baril est perçue comme une bouffée d'oxygène pour les importateurs, car plus le cours de l'or noir est élevé, plus la France doit payer plus cher un bien qu'elle importe.

    Reste une dimension essentielle pour comprendre l'impact des cours du pétrole sur l'économie. Il s'agit des taux de change, une arme économique à double tranchant car l'évolution des monnaies peut booster les exportations en améliorant la compétitivité des entreprises qui exportent ou bien produire l'effet inverse.

    Ainsi, certaines multinationales, appelées " valeurs dollars " voient leur compétitivité s'accroitre à mesure que le dollar s'apprécie. Ce sont des entreprises qui facturent la majeure partie de leurs ventes en dollars et dont les couts sont libellés en euro. Les secteurs qui en profitent sont ceux qui exportent le plus. Parmi les multinationales qui profitent d'un dollar fort, on peut citer le secteur parapétrolier, avec Total, Bourbon, Vallourec, CGG Veritas et bien sur Technip.

    A l'inverse, plus l'euro est fort, moins il est couteux pour une entreprise d'importer du pétrole. Par exemple, le brent s'échange aujourd'hui à 97,57$ pour une parité EUR-USD de 1,25. Libellés en euros, le baril s'échange ainsi à 79 euros.
    Le 26 aout 2011, le baril de brent se négociait à 110$, donc beaucoup plus cher qu'aujourd'hui. Mais à cette époque, l'euro se négociait à 1,46 contre le dollar. Si dans l'absolu, le brent est moins cher aujourd'hui, ce n'est pas le cas si on le convertit en euros.

    Pour résumer, plus l'euro est fort, plus le pétrole est bon marché. En effet, libellés en euros, le baril se négocie à 79 euros aujourd'hui, contre 75 euros il y a un an. Il a donc augmenté sur la période alors que le cours en dollars a au contraire reculé.

    Le prix du baril de pétrole doit donc être mis en parallèle avec le taux de change EUR-USD car compte tenu de l'évolution de l'euro qui a dégringolé de 1,45 à 1,25 en un an, le baril de pétrole était moins cher il y a un an pour un Européen alors même qu'il se négociait à 110$ plutôt qu'aujourd'hui, où il s'échange à 97$. p

    Les grandes multinationales européennes l'ont bien compris et ont tendance à augmenter leur achat de pétrole lorsque le dollar baisse puisque le brut, libellé en dollar, est plus attractif pour les acheteurs munis d'autres devises.

    Plus généralement un dollar fort peut s'avérer être une manne financière pour les sociétés exportatrices qui profitent d'une sorte de dévaluation compétitive alors que d'autres secteurs risquent d'en pâtir.

    Le secteur des parapétrolières profitent traditionnellement d'un dollar fort même si cela renchérit mécaniquement le prix du pétrole libellés en euro. Car leur rentabilité dépend aussi et surtout de l'évolution des cours de l'or noir. Plus le baril est élevé, plus leurs investissement sont rentables rapidement. Total, la major française a ainsi dégagé un bénéfice net record de 12 milliards l'année dernière grâce à une nette progression des prix à la pompe. On peut également citer, CGG-Veritas, dont le métier très en amont bénéficie d'un cycle prolongé tout comme Rubis et Bourbon, qui profitent à la fois d'un dollar fort et d'un baril cher. Enfin sur le CAC, Technip et Vallourec qui opèrent au sein d'un environnement sectoriel sont également bien positionnés pour profiter d'un pétrole et d'un billet vert élevés.

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