mardi29mai

En Espagne, les coûts d'assurance de la dette sont proches de niveaux record. Alors que Madrid, en proie à la récession, vient d'accuser une chute de 9,8% des ventes aux détails sur un an en avril (après une vingt-deuxième baisse consécutive de 3,8% en mars), c'est la fragilité du secteur bancaire espagnol qui inquiète de plus en plus les investisseurs.

    Plus précisément, c'est la situation pour le moins périlleuse dans laquelle se trouve la quatrième banque espagnole Bankia, qui croule sous les actifs immobiliers risqués, et qui a demandé une aide à l'Etat de 23,5 milliards d'euros qui cristallise l'angoisse des opérateurs. En effet, sur un portefeuille de 37,5 milliards d'actifs immobilier détenus pas la banque, 32 sont considérés comme des créances douteuses, susceptible de ne pas être rembourser. Une situation d'autant plus anxiogène pour le marché que d'autres établissements bancaires espagnols pourraient se retrouver dans la même situation.

    De quoi discréditer l'ensemble du secteur qui croule également sous des actifs immobilier jugés risqués. Outre la descente aux enfers du titre Bankia, qui s'est effondrée de 29% en l'espace de quelques séances, les marchés financiers ont réagi violemment en envoyant le taux espagnol à 10 ans sur un pic de 6,41%, si bien que l'écart de taux avec la référence allemande s'est élargi à 507 points de base, un spread quasi- historique. Parallèlement, le cout de l'assurance contre le défaut de payement, le CDS à 5 ans de Madrid s'est inscrit à 555,5 points de base.

    Quant à Rome, l'accalmie depuis le début de l'année qui permettait des conditions d'emprunt favorables aura fait long feu. Rome fait en effet face à un bond de ses taux d'intérêt depuis la mi-avril en raison du regain d'inquiétude des marchés pour la zone euro et, en particulier, pour l'Espagne alors que la politique de rigueur montre ses limites. Le gouvernement de Mario Monti a ainsi revu à la hausse sa prévision de récession pour 2012 repoussant d'un an le retour à l'équilibre budgétaire prévu dorénavant pour 2014. De quoi faire grimper la prime de risque sur l Italie, dont le CDS à 5 ans s'inscrit en hausse de 2 pts de base à 520 pts de base, alors que le rendement obligataire à 10 ans s'établit à 5,69%

    Pour l'heure, la France semble épargnée par ce mouvement de défiance envers les dettes souveraines. Le CDS à 5 ans français est en baisse de 5 pts de base à 200 pts de base alors que parallèlement l'OAT à 10 ans reflue de 3 points de base pour s'établir à 2,49%. Enfin, la dette allemande préserve son statut de valeur refuge avec un rendement à 10 ans qui se stabilise à 1,36%, un niveau proche de ses plus bas historiques.


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