lundi12novembre

Telle est la question qu'un petit porteur se pose systématiquement après une forte baisse des marchés actions. Certaines sociétés dont le potentiel de croissance est important mais ont pourtant des valorisations à la casse peuvent aiguiser l'appétit de prédateurs en quête de proies affaiblies. Aussi, il est coutume de dire qu'une valeur opéable est une valeur dont le capital n'est pas contrôlé par un ou plusieurs actionnaires. Une société dont plus de 50% du capital se trouve entre les mains du public est, en principe opéable... Mais pas que, les groupes opéables sont difficiles à cerner puisque leur flottant n'est désormais plus le seul gage de leur vulnérabilité face à une prise de contrôle.

    En temps de crise, la consolidation dans certains secteurs peut mettre en relief de nombreuses opportunités d'achat sur les marchés. Cet été, le monde des médias était en agitation avec plusieurs opérations de rachats qui ont animé le secteur. En juillet dernier, Dentsu qui s'est offert Aegis alors que le britannique avait pendant longtemps été considéré comme une cible potentielle pour le groupe publicitaire français Havas dont Vincent Bolloré est le principal actionnaire. Pour le Japonais, cette opération est motivée par la recherche d'un nouveau relais de croissance en dehors de l'archipel, dont le marché publicitaire est à la peine : le chiffre d'affaires global de la publicité a reculé de 2,3% en 2011, sa quatrième année de contraction. Après l'offre d'achat amicale du nippon Dentsu sur son homologue britannique Aegis pour 3,16 milliards de livres sterling, c'était autour de Publicis de faire main basse sur le néerlandais LBi pour 416 millions d'euros quelques mois plus tard. Dans un autre secteur, celui des services informatiques, les opérations de concentration ont été relancées par CGI Group, un groupe canadien qui s'est offert Logica pour 1,7 milliard de livres (2,1 milliards d'euros) en avril dernier. Le groupe anglo-néerlandais était affaibli par le net ralentissement l'économie européenne sur fond de crise des dettes souveraines. Un contexte particulièrement morose qui n'a pas facilité les affaires de Logica. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres, CGI Group a profité de cette faille pour partir à l'assaut d'un Logica complètement affaibli.

    Aussi, une entreprise cotée en Bourse peut être la cible d'une OPA, si un actionnaire majoritaire décide de se désengager de la société en question. Dans ces cas là, un important bloc d'actions sera ainsi diffusé au public et pourrait tomber entre les mains d'un raider. Nexity pourrait entrer dans ce cas de figure, avec une possible sortie de CE Holding Promotion (Groupe BPCE), qui détient actuellement près de 42% de la foncière.

    Toujours sur le front du tour de table, une société dont le capital est mal verrouillé comme Riber ou dont le management est vieillissant peuvent constituer des cibles de choix pour des sociétés en quête de proies. L'âge du capitaine peut en effet participer à une accélération des mouvements de consolidation. Si le maître à bord est à un âge avancé, la question du passage de relais va se poser. C'est le cas de Sopra dont le PDG Pierre Pasquier a 77 printemps au compteur. Dans ces conditions, la SSII française peut en effet attirer les convoitises de prédateurs en faim d'emplettes...

    Par ailleurs, une société peut,par les franchissements de seuils de possession du capital d'une de la cible (5 %, 10 %, 20 %, 1/3, 1/2, 2/3) initier une OPA. Généralement, l'offre à proprement parler intervient après la prise de contrôle (capital et droits de vote compris) de la cible. Dernière exemple en date, le rachat de LeGuide.com par Lagardère. En juillet dernier, le groupe piloté par Arnaud Lagardère a finalisé la prise de contrôle du comparateur de prix avec la détention 61,39 % du capital et 58,56 % des droits de votes, à l'issue de son offre publique d'achat qui a abouti mi-juin. Au terme d'âpres négociations, Lagardère est parvenu à avaler sa cible à 28 euros par action, soit 4 euros de plus que lors de la première offre. Fin septembre, Lagardère avait annoncé détenir 96% du capital du comparateur du prix.

    Les rumeurs ou petites phrases des dirigeants peuvent aussi amener une société à revêtir le statut de société opéable. C'est le cas de Maurel & Prom dont le dont le PDG Jean-François Hénin n'est jamais caché de vouloir s'adosser à un groupe pétrolier plus important. En juin dernier, des informations de presse faisaient état d'un intérêt très prononcé de Royal Dutch Shell envers la société indépendante française. Dans le passé, c'était l'italien Eni qui n'était pas indifférent au dossier. Les deux propositions ont été purement rejetées. Concernant la rumeur Royal Dutch Shell, il n'y a pas de fumée sans feu. Le PDG du groupe pétrolier avait déclaré dans une interview accordée l'année dernière que " L'avenir le plus probable pour Maurel et Prom est de s'adosser à un autre groupe ou d'être racheté dans le sens où une société de la taille de Maurel et Prom a peu de chances de rester indépendante longtemps". Par ailleurs, ces 'bruits de couloirs' concernant un éventuel changement de contrôle sont alimentées sont alimentée par l'âge avancée des dirigeants dont le président Jean-François Hénin étant âgé de 68 ans. Il reste en effet, l'actionnaire de référence de l'entreprise avec 23,6% du capital. Alors, quoi de mieux pour aiguiser l'appétit d'investisseurs ou industriels étrangers ?

    En plus de ces petites phrases, la valorisation à la casse d'une société peut faire office d'appel du pied pour un prédateur avide de sociétés affaiblies. Peugeot en grande difficulté financière, a vu sa valorisation fondre comme neige au soleil à 1,5 milliard d'euros après une chute de plus de 60% de son titre sur l'année et de 90% sur cinq ans... Le risque d'une OPA sur PSA Peugeot, est jugé théoriquement possible mais en fait peu probable, faute de prédateur identifiable susceptible de se lancer dans une pareille aventure. Que peut-on dire alors d'Alcatel-Lucent dont la situation est quasi similaire ? Un rachat est également possible eu égard au flottant et à la forte baisse du titre. Mais cette éventualité reste encore un vrai serpent de mer boursier..

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