mardi13novembre

Enfin ! PagesJaunes a réussi à boucler un accord avec ses créanciers sur sa lourde dette. Les investisseurs attendaient depuis plusieurs mois cette nouvelle, et la saluent comme il se doit avec un titre qui reprend plus de 10% à la Bourse de Paris

    Au terme d'âpres négociations, l'éditeur d'annuaires imprimés et en ligne a obtenu la prorogation à septembre 2015 de la maturité de ses dettes arrivant à échéance en novembre 2013. Il aura donc fallu six mois d'attente en raison de la difficulté à convaincre un petit nombre de créanciers. Pour rappel, la groupe avait sollicité en septembre la nomination d'un mandataire judiciaire pour l'aider dans ses négociations avec ses prêteurs afin ne de pas déclencher de défaut. Au final, entre 91% et 92% des créanciers de PagesJaunes ont accepté de participer au refinancement du groupe, au-delà du seuil de 90% qui avait été fixé, a indiqué Jean-Pierre Remy. En contrepartie de l'accord avec ses banques, le groupe s'est engagé à rembourser 680 millions d'euros, soit environ un tiers de sa dette brute qui atteint 2,23 milliards, dont 419 millions avec effet immédiat et 260 millions d'ici avril 2015.

    C'est que la situation financière de PagesJaunes reste en effet encore la grande source d'inquiétude pour ses actionnaires. Lourdement endetté, le groupe a vu son flux de trésorerie net refluer de plus de 20% l'an dernier à 197,4 millions d'euros, grevé notamment par l'augmentation du coût de sa dette et à la baisse de la marge brute opérationnelle. La dette nette ressortait à 1,735 milliard à fin septembre 2012...Une situation qui a été héritée du rachat de PagesJaunes par KKR à France Telecom, par LBO, c'est-à-dire une reprise en ayant recours au levier de l'endettement. Les dividendes de la cible sont censés rembourser la dette contractée par la holding de reprise, en l'occurrence KKR. Mais ce montage financier ne s'est pas déroulé comme prévu, le groupe a mis du temps à compenser le déclin de son activité d'annuaires imprimés par l'essor de son activité Internet. Alors pour enrayer l'hémorragie, PagesJaunes avait engagé en début d'année des discussions avec ses banques créancières afin de restructurer une dette qui fragilise de plus en plus son bilan... Le cours actuel de PagesJaunes est si faible, qu'un appel au marché n'aurait pas été envisageable. Et quand bien même... Les petits porteurs n'auraient vraisemblablement pas voulu remettre la main au pot alors que les affaires sont loin d'être au beau fixe pour PagesJaunes. Après neuf mois d'activité, PagesJaunes voit son chiffre d'affaires se contracter de -2,4% en 2012 par rapport à 2011, à 799,9 millions d'euros, tandis le résultat net est en déclin de 14%. Sur l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires est attendu en repli de -1 à -3%, contre une stabilité précédemment envisagée. L'éditeur d'annuaires confirme toutefois que ses activités internet représenteront près de 60% de ses revenus en fin d'année, et vise toujours une marge brute opérationnelle entre 470 et 485 millions d'euros.

    La transformation du groupe vers le tout internet avait pris beaucoup plus de temps que prévu d'autant plus que les mouvements sociaux survenus l'année dernière ont eu un sérieux impact sur l'activité du groupe. Depuis son introduction en bourse en juillet 2004 à 14,10 euros, le petit porteur a perdu près de 10 fois sa mise et évolue désormais sur les 1,50 euro. La valorisation de PagesJaunes en Bourse a fondu comme neige au soleil alors que la suppression du coupon a accéléré le courant vendeur. PagesJaunes était une des valeurs les plus prisées de la place parisienne pour son copieux rendement. Cet atout en moins a éloigné les opérateurs du titre. Le 26 juillet dernier, soit le lendemain de la publication des comptes semestriels, l'action a même touché un plus bas historique à 1,24 euro. On est donc loin mais très loin de l'âge d'or de PagesJaunes en Bourse avec un titre qui flirtait avec les 30 euros en 2006.... Mais la percée du " online " commence à se préciser alors que les activités internet ont progressé de 9,4% sur neuf mois et représentent 57,9% de l'activité contre 51,7% un an avant. Est-ce le signe d'un renouveau de PagesJaunes ? Le lourd endettement reste une grosse épine dans le pied de PagesJaunes. Mais l'accord qui vient d'être signé a écarté les chances de voir le groupe dans une situation plus inconfortable... Et devrait redonner un coup de fouet à un titre qui en a sérieusement besoin.

    Archives

    Etre rappelé
    par un conseiller
    Nous envoyer
    un message
    Parlons Placement
    Nos solutions
    M VIE Notre gamme
    d’assurance vie
    Plus d'infos
    M SCPI Nos SCPI en direct
    Plus d'infos
    M investissement Nos fonds structurés
    Plus d'infos