vendredi19octobre

Alors que la semaine de l'Investissement socialement responsable (ISR) se déroule jusqu'au 20 octobre, il convient de faire un petit bilan sur cet investissement dont la thématique a le vent en poupe.

    Les premiers fonds ISR sont apparus en 1997 et on en compte aujourd'hui plus de 300. En France, le montant total des fonds ISR de ce type, entre 2009 et 2011, est passé de 50 à 115 milliards d'euros. Ces fonds se sont surtout développés au début des années 2000 et plus de 10 ans plus tard, ils restent pourtant méconnus du grand public. Selon une étude Ipsos réalisée pour le Forum de l'investissement responsable, seuls 6% des sondés avouent savoir précisément ce qu'est l'ISR et 66% n'en ont jamais entendu parler. Alors, pour éclairer la lanterne d'épargnants en quête d'information, voici ce que se cache derrière les lettres ISR.

    Les fonds ISR, ou fonds éthiques, sont des OPCVM ayant reçu le label ISR par Novethic, le centre de recherche sur l'Investissement Socialement Responsable (ISR) filiale de la Caisse des Dépôts. Pour obtenir ce label, les fonds doivent prendre en compte dans leur sélection de titres des critères dits " extra financiers ", c'est-à-dire environnementaux, sociaux, ou de gouvernance (les ESG). Il s'agit ainsi de sociétés qui limitent les émissions de gaz à effet de serre, qui assurent la parité homme/femme dans l'emploi, qui garantissent que la sous-traitance ne se fait pas au détriment des droits de l'enfant, etc. Bien sûr, ce label est inaccessible pour des sociétés qui ont des activités dans des secteurs nocifs comme l'armement, le nucléaire, le tabac, ou l'alcool.

    Même si le nombre de fonds dits "ISR " et l'encours total présent sur ces fonds augmentent chaque année, leurs performances n'ont pas vraiment été au rendez vous depuis 10 ans. Lancé en 1999, l'indice Dow Jones Sustainability World (DJSI World) inclut, parmi les 2500 sociétés les plus importantes de l'indice Dow Jones Global stock market index, les 10% les plus performantes en termes économiques, environnementaux et sociaux. Sur 10 ans, sa performance est d'environ 20% soit un taux de rentabilité annuel de 1.8%. C'est très faible comparé à la performance du Dow Jones Global Stock Market Index sur la même période, qui est de 47%, soit près de 4% par an.

    Il faut dire que les critères ISR imposent des contraintes supplémentaires aux entreprises, qui se traduisent souvent par des coûts supplémentaires ou une baisse de la productivité. De plus, les fonds ISR ont un panel d'investissements disponibles plus faible que les fonds classiques qui les empêche d'obtenir une aussi bonne diversité. Mais malgré ces inconvénients, les sociétés qui insistent sur le développement durable ont quand même quelques atouts. Ces sociétés sont souvent à la pointe de la technologie. Elles bénéficient généralement de subventions, voire de la faveur des investisseurs grâce à leur côté éthique.

    Ainsi, intégrer des critères éthiques dans sa sélection de titres peut s'avérer payant. Par exemple, en 2011, il valait mieux investir sur le cimentier italien Italcementi que sur Lafarge. La décision de Lafarge fin 2010 de couper par deux ses dépenses liées au développement durable ne lui a pas permis de sortir de la crise en 2011 (l'action a perdu 45%). Dans le même temps, Italcementi résistait mieux (-27%) alors qu'il venait pour sa part de mettre en place un programme d'amélioration de la sécurité et de certification d'émissions de C02.

    Finalement, le problème de l'investissement éthique est qu'il englobe un peu tout et n'importe quoi. Avant la crise, les valeurs éthiques et notamment les valeurs dites vertes (écologiques) étaient très recherchées par les investisseurs. Les gouvernements multipliaient les dépenses de développement durable et les banques prêtaient à tout va dans des projets " verts ". Mais cet engouement entraina des excès. De nombreux projets, plus ou moins crédibles, recevaient des financements simplement parce qu'ils étaient labellisés verts. Cette situation n'était pas sans rappeler 1999 et le début de la bulle internet. Certains analystes prédisaient d'ailleurs que les valeurs vertes seraient la prochaine bulle à exploser.

    Mais le gonflement de la " bulle verte " a été stoppé par la crise des subprimes. Les banques ont arrêté de prêter et les gouvernements ont fait des coupes dans les budgets. La bulle verte s'est largement dégonflée. On ne peut pas parler d'explosion même si certaines valeurs vertes ont quand même perdu plus de 70% de leur valeur en Bourse. La crise a relégué le développement durable au second plan, et les valeurs ISR ont donc perdu beaucoup de leur intérêt. Mais le développement durable reste un enjeu majeur pour le long terme. Finalement, un investissement dans une société éthique peut être intéressant, à condition de faire une analyse poussée qui se base sur des critères financiers aussi bien qu'éthiques. Récemment, l'industriel Air Liquide a émis la première obligation d'entreprise labellisée finance responsable. Le titre émis le 8 octobre a permis au spécialiste des gaz industriels de lever 500 millions d'euros sur une échéance de 9 ans. Et le succès était au rendez-vous, la demande a presque atteint sept fois le montant finalement attribué. Comme quoi, quand l'investissement est emprunt d'une démarche sincère et transparente, il offre des chances de succès supplémentaires en cas de marché difficile.

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