jeudi25octobre

Le Lundi 19 Octobre 1987, il y a tout juste 25 ans, le Dow Jones s'effondrait de 22,6% dans une séance cauchemardesque qui restera à jamais gravée dans les mémoires sous le nom de " Black Monday " en référence au " Jeudi Noir " de la crise de 1929.

    Tout commença lorsque deux ans auparavant, les accords du Plaza signés par les pays du G5 décidèrent d'intervenir sur le marché des changes afin de déprécier le cours du dollar américain par rapport à ceux du yen et du Deutsche Mark. Une dépréciation du billet vert qui apparaissait alors comme indispensable afin d'arrêter la bulle spéculative sur le dollar américain, réduire le déficit américain, qui avait atteint un pic à 3.5% du PIB, diminuer les excédents commerciaux du Japon et enfin appuyer sur la baisse du taux de chômage américain.

    En injectant plus de 10 milliards de dollars dans le marché des changes, le dollar s'effondra, et effaça tous ses gains par rapport au Deutschemark et, à la fin de 1986, il se retrouva à son plus bas niveau historique, celui de 1979.

    Dopés par cette dépréciation de près de 50% du dollar, les marchés d'actions s'envolèrent. Une véritable euphorie s'installa sur les bourses mondiales. En l'espace de 5 ans, les actions s'envolèrent de 190% sur les marchés américains, de 250% en Grande-Bretagne et de 330% à la Bourse de Paris ! En août, le Dow Jones réalisa même un record historique en atteignant plus de 2700 points ce qui porta sa performance à 43% en l'espace de 9 mois.

    Les tensions inflationnistes devinrent inévitables. Les taux d'intérêt s'envolèrent tandis que le déficit commercial devenait un gouffre. L'inquiétude commença à s'installer sur les marchés actions. C'est ainsi que dans le cadre des accords du Louvre, en février 1987, les pays ont jugé la dépréciation du dollar suffisante et ont tenté d'éviter un atterrissage en catastrophe. Malgré cela, le cours du dollar continua de baisser, sous l'effet de la spéculation, tandis que le T notes passait de 7% à 9.5% en l'espace de quelques mois. La banque centrale allemande, afin de lutter contre l'inflation, releva ses taux d'intérêt pour redonner un coup de fouet au deutschemark.

    Le vendredi 16 octobre, le Dow Jones perdit 4% et cassa un support technique important. Mais c'est l'annonce le lundi suivant, d'un déficit commercial américain plus important que prévu qui créa un vent de panique sur les marchés actions et déclencha des milliers d'ordres de ventes.

    Sauf qu'à l'époque, pas d'internet, donc pas de transactions électroniques, l'essentiel des échanges se faisant à la criée. Il était alors impossible de suivre les cours en temps réels ou même de connaitre la valeur du marché, ce qui déclencha pour le coup un véritable vent de panique. Il faut se remettre dans le contexte de l'époque, où des millions d'ordres de ventes ont été déclenchés, mais impossible de savoir si l'ordre avait été exécuté. Plus personne ne savait qui avait acheté ou vendu et quel était la valeur du marché.
    Une vraie frayeur collective s'était emparée des opérateurs, complètement assommés par la violence du Krach. De plus, il faut savoir que ce mouvement d'une extrême violence se produisit dans un volume exceptionnel : en 2 jours, le 19 et le 20 octobre, 600 millions d'actions ont été échangées, ce qui représentait plus de 3 fois l'activité réalisée sur l'ensemble du mois de septembre de la même année. La baisse est également historique. Le dow Jones a dégringolé d'environ 500 points. Pour vous donner un ordre idée, c'est comme si le Dow Jones abandonnait 2500 points en l'espace d'une séance !
    Le Krach de Wall street a entrainé les principaux marchés mondiaux, dans les abymes au cours du mois d'octobre, Hong Kong perdait 45,8%, l'Australie 41,8%, 26,4% pour le Royaume Uni. Quant à l'indice de la bourse de Paris, il chutait de 9.6% le lundi 19 octobre 1987. En moins d'un mois l'effondrement avait atteint 34%.

    Mais à l'inverse de la crise de 1929, les banques centrales ont tout de suite réagi. La Fed injecta massivement des liquidités. Le Baptême du feu était réussi pour le nouveau président de la banque centrale américaine, Alan Greenspan, seulement deux mois après sa prise de fonction.

    C'est d'ailleurs dans la réactivité des banques centrales que réside la différence fondamentale entre le krach de 1929 qui a plongé les Etats-Unis dans la dépression, et la crise boursière de l'automne 1987.Wall Street s'est d'ailleurs ressaisi, le Dow Jones reprenant 11% en moins de deux mois à partir de fin Octobre.

    Ce krach, surement le plus impressionnant, aura eu le mérite de faire prendre conscience aux autorités de la nécessité de mettre en place des coupes circuits destinés à cesser toute négociation en cas de baisse supérieure à 10%. Le Black Monday restera donc à jamais le jour où le Dow Jones aura connu sa plus grande chute.

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