vendredi16mai

Depuis le (long) feuilleton du rachat de SFR qui a tenu en haleine la communauté financière pendant des semaines, l'ébullition qui anime le secteur des télécoms n'a jamais cessé de s'estomper. Par vagues, des annonces de fusions ou de rumeurs de rapprochement font la une de la gazette boursière. Comme ce vendredi... A peine l'acquisition de SFR digérée que Numericable a décidé d'entrer en négociations exclusives en vue de racheter Virgin Mobile dans le cadre d'une opération qui valoriserait l'opérateur télécoms virtuel à 325 millions d'euros. Vivendi participera pour une quote-part de 200 millions d'euros au financement de cette acquisition.

    Proie blessée

    Virgin Mobile était en vente depuis quelques jours. Carphone Wharehouse, l'actionnaire principal anglais de l'opérateur mobile virtuel français, souhaitait se défaire de sa participation de 46% dans l'opérateur. Cette vente s'inscrit aussi dans un contexte concurrentiel devenu très difficile pour les opérateurs virtuels. Malgré tous les efforts déployés pour résister, Virgin Mobile a donc rendu les armes face à un Free qui a tout emporté sur son passage avec le lancement de ses premières offres à bas prix en janvier 2012. Résultat, le low-cost n'est plus la chasse gardée des opérateurs virtuels, qui ne pouvaient subir cette baisse incessante des prix. Blessée, Virgin était une proie idéale pour un grand du secteur. Et c'est Numéricable qui s'est chargé de manger la bête blessée. Après le rachat de SFR, le cablo-opérateur n'est donc décidément jamais rassasié. Un appétit gargantuesque qui avait causé du tort à Bouygues, l'autre prétendant à l'union avec SFR, la filiale mobile de Vivendi. C'est donc la deuxième fois que Bouygues se couper l'herbe sous le pied. Bouygues Telecom s'intéressait en effet à Virgin Mobile. Mais il n'y a pas que le rachat de Virgin Mobile qui agite la planète télécom. Bouygues aurait pris langue avec Orange pour le rachat de sa filiale télécom.

    Bouyrange ?

    Selon les Echos, Orange serait en donc discussions avec Bouygues pour racheter Bouygues Telecom. La nouvelle fait l'effet d'une bombe ! L'opérateur historique, que les observateurs pensait hors-jeu dans la consolidation du secteur, part à son tour à l'offensive ! La rumeur ayant pris tellement d'ampleur que l'ex-France Telecom a été contraint de sortir du bois. Dans un communiqué des plus laconiques, le groupe explique " qu'une consolidation du marché mobile français serait positive à long terme tant pour l'investissement que pour le consommateur. " Orange tient à préciser également que sa position " leader lui permet une totale indépendance. " Autrement dit, accompagné ou seul, Orange poursuivra son chemin en toute quiétude. C'est en effet Martin Bouygues qui abattu toutes ses cartes pour séduire le groupe de Stéphane Richard. Il entend préserver la face après l'échec essuyé dans le dossier SFR. Le groupe de BTP cherche donc désespérément un moyen de désorbiter son encombrante filiale télécom de sa galaxie. Bouygues Telecom est en perte de vitesse depuis l'arrivée du trublion Free début 2012. Bouygues Telecom a vu bon nombre de ses clients s'exiler vers la concurrence malgré le lancement de plusieurs offres low-cost. Bouygues Telecom a encore vu son chiffre d'affaires chuter de 5% au premier trimestre 2014, à 1,08 milliard d'euros, et a essuyé sur la période une perte opérationnelle courante de 19 millions d'euros. Martin Bouygues avait d'abord approché Free, mais ce dernier ne lui proposait que 5 milliards d'euros. Pas assez pour le PDG du BTP, ce dernier réclamait 8 milliards pour sa filiale en mauvaise posture. Alors, c'est du côté de Stéphane Richard que l'offre serait la plus alléchante. Il mettrait quelque 6 milliards d'euros pour s'offrir Bouygues Telecom. " L'intérêt évident pour Bouygues de discuter avec Orange est de faire monter les enchères et de forcer éventuellement Iliad à faire une contre-offre plus élevée ", soulignent les analystes d'Aurel-BCG dans une note.

    3 puis 4 puis 3 ?

    De trois, le nombre d'acteurs dans le secteur de la téléphonie mobile a gonflé à quatre avec l'arrivée de Free mobile début 2012. Mais avec le possible rachat de Bouygues Telecom par Orange, ce nombre retomberait à trois. Sorte de chiffre magique pour le Gouvernement. L'Etat interviendrait en tant que chef d'orchestre dans cette recomposition du marché français des télécoms. Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a en effet insisté tout au long de cette semaine sur la nécessaire consolidation du secteur français des télécoms et plaidé pour un retour à trois opérateurs. La boucle est bouclée au grand désespoir d'UFC-Que Choisir. L'association de défense des consommateurs s'inquiète d'un rapprochement potentiel entre les deux opérateurs téléphoniques Bouygues Telecom et Orange. Selon elle, la " crainte pour les consommateurs ", c'est " d'assister à une hausse des prix des tarifs mobiles ". Au final, Iliad sera le grand gagnant de cette redistribution des cartes. Berenberg qui estime à 50% la probabilité d'une consolidation des télécoms en France conseille de jouer la carte Iliad. Dans le cadre d'une union Orange-Bouygues Telecom le groupe dirigé par Xavier Niel profiterait des concessions probables réclamées par les autorités de concurrence et récupèrerait ainsi à bon prix réseau et fréquences, souligne Berenberg. L'arbitre de ce match en sortira vainqueur sans la moindre égratignure...

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