vendredi27avril

Une scission est-elle la solution pour le groupe Vivendi ? Dans la tourmente depuis des mois, massacré en Bourse avec un cours qui a atteint un plus bas historique récemment, malmené par la concurrence de Free sur la téléphonie, le groupe a adressé en date du 27 Mars, une lettre à ses actionnaires envisageant différentes solutions pour sortir de la crise : " Faut-il garder le périmètre du groupe tel qu'il est ? Faut-il vendre des activités ou séparer le groupe en deux voire en trois ", dit la lettre.

    Il n'en fallait pas plus à Bloomberg pour affirmer mercredi que les dirigeants de Vivendi ont engagé une réflexion sur une scission entre les activités dans les medias (Universal, Activistion) et les services de télécommunication (SFR, Maroc Telecom et GVT), et/ou la cession du groupe Canal +.

    Malgré le démenti du groupe le lendemain, le marché n'est pas convaincu et la spéculation s'est emparée du dossier : le titre gagnait plus 7% à l'ouverture jeudi matin avant de retomber légèrement par la suite. Il faut dire que la scission n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour le groupe. Il y a même plusieurs exemples de réussite.

    On citera par exemple le célèbre cas d'Accor, qui en Juillet 2010, décidait de séparer ses activités Hôtelier (qui conservent le nom Accor) et ses activités services (regroupés sous le nom Edenred). Chaque actionnaire d'Accor SA a reçu une action Edenred pour une action Accor SA détenue. L'action Accor valait 37 euros environ avant la cession et 24 euros ensuite. Edenred a été introduite à 13 euros. Aujourd'hui, Accord vaut 26 euros et Edenred 23 euros, soit un gain de plus de 30%, sans compter les 2% de dividendes distribués, contre un CAC 40 en baisse de quelques pourcents sur la même période.

    Les opérations de scission peuvent avoir plusieurs origines : recentrage sur le coeur de métier, meilleure visibilité sur les marchés, absence de synergie entre les éléments constitutifs du groupe, amélioration de la gestion, réduction des coûts d'agence. Elles interviennent souvent pendant un retournement de marché. Dans une telle situation, une société ayant à gérer plusieurs domaines d'activité ne peut s'adapter à ces changements que lentement du fait de sa taille. Il est donc nécessaire de diminuer la taille de l'entreprise en cédant en totalité ou en partie les différentes branches de l'entreprise. En dehors de ces phases de retournement, quand une entreprise atteint une taille importante, les coûts de fonctionnement, aussi appelés " coûts de structure ", grandissent avec la taille même si des effets de synergie permettent d'atténuer cette augmentation. Mais il arrive parfois que les coûts deviennent plus importants que les recettes générées et il est donc nécessaire de se séparer de certaines branches d'activité.

    Mais ces opérations n'ont pas été toujours créatrices de richesse. En 2006, Total a décidé d'opérer la scission introduction en Bourse de sa filiale chimie Arkema. Pour 10 actions Total détenues, un actionnaire a reçu 1 action Arkema, 40 actions nouvelles Total, et un dividende de 34,80 euros. A cette époque, l'action Total valait plus de 200 euros. Chaque actionnaire qui détenait donc à l'époque 10 actions à 200 euros (2000 euros) aurait aujourd'hui 40 actions Total à 36 euros, une action Arkema à 67 euros aurait donc environ 1500 euros (-25%), plus 300 euros de dividendes. Même si cette opération n'a pas été créatrice de richesse, il faut néanmoins relativiser en la comparant à la perte de l'indice CAC 40 sur la période (-40%).

    L'exemple d'échec d'une scission le plus cuisant est surement celui d'Arcelor Mittal. La société avait décidé en Février 2011 de se séparer par scission de sa branche inox Aperam. Les porteurs d'actions Arcelor avaient donc reçu une action Aperam pour 20 actions Arcelor. Malgré des premières semaines encourageantes, les actionnaires ont vite déchanté puisque depuis la scission, Arcelor et Aperam ont tous les deux perdu plus de 50% de leur valeur...

    Malgré quelques exemples d'échec, une scission peut se reveler créatrice de valeur. Les investisseurs estiment que cette opération peut être une solution pour Vivendi, au plus mal en Bourse depuis quelques semaines. Le démenti des dirigeants du groupe concernait surtout la rumeur de vente de Canal +, elle ne concernait pas forcément la décote de holding de 40% estimée par le Groupe.

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