Livret A favori enjeu logement social

    Traverser deux siècles et conserver pendant tout ce temps son côté attractif, tel est l’exploit dont le livret préféré des Français peut se targuer. Ses atouts mis à part, il est à préciser que le placement a deux objectifs tout aussi nobles : la préservation des économies de ses détenteurs contre d’éventuelles hausses du coût de la vie et le soutien du développement des habitations à loyer modéré ou HLM.

    Les épargnants se tournent en grande majorité vers les placements sécurisés et à court terme pour économiser une partie de leurs revenus. Si le livret A se trouve en première position parmi les livrets réglementés les plus plébiscités, c’est surtout parce qu’il a fait de la garantie du capital son principal objectif.

    Et il va sans dire que le financement du logement social par le biais de ses encours est plutôt connu, tout comme les fonds placés dans le LDDS (Livret de développement social et solidaire) et le LEP (Livret d’épargne populaire). À savoir, plus de 160 milliards d’euros ont d’ailleurs été dédiés à cette fin par la Caisse des Dépôts, en faveur des bailleurs sociaux.

    Le développement du logement social au prix des intérêts de l’épargnant

    Le livret A a pour rôle principal de protéger le pouvoir d’achat de ses détenteurs face à une éventuelle envolée des prix à la consommation. Dans la même foulée, il sert de levier à l’optimisation du financement des nouveaux chantiers pour la construction d’HLM.

    Force est toutefois de constater que l’exécution de ces deux missions est quelque peu impartiale. En regardant de près les faits, il se trouve que l’intérêt des épargnants semble être mis de côté contrairement aux bailleurs sociaux. De fait, le livret bicentenaire ne couvre plus l’inflation depuis quelque temps en raison de son taux historiquement faible qui a en outre été gelé pour plusieurs années (depuis août 2015 jusqu’en 2020 au plus tôt).

    La difficulté à trouver un juste milieu pour la meilleure formule pour déterminer son rendement explique à première vue cette problématique. D’autant que l’instauration par la BCE des taux directeurs plancher a enfoncé davantage le clou.

    Dans le fond, ce gel de taux provient du coup de pouce aux bailleurs sociaux. Ainsi, grâce à cette initiative, les sociétés HLM seront à même d’accéder à des conditions attrayantes de crédit. À savoir, une grande partie de l’encours des livrets A, qui comptaient 55 millions de portefeuilles ouverts en janvier dernier, constitue une extraordinaire manne financière pour les acteurs du secteur. Une opportunité que le gouvernement s’est empressé de saisir en vue de sa grande réforme du logement.

    Des missions d’intérêt général pour le mandataire des fonds d’épargne

    Le livret A finance les constructions sociales. Quant à la manière dont il y parvient, c’est le mandataire de ses fonds, la CDC ou Caisse des Dépôts et Consignations qui prend le relais. S’agissant d’une institution financière publique, considérée comme étant le « bras financier de l’État », son rôle est alors de réaliser des missions d’intérêt général comme :

    • La collecte et la gestion de fonds d’épargne provenant non seulement du livret A, mais aussi du LEP et du LDDS ;
    • Le soutien financier de projets publics et privés.

    Ainsi, 253,1 milliards d’euros ont été centralisés auprès de cet organisme bicentenaire au 31 décembre 2018, via ces trois livrets réglementés. À noter qu’un encours de 162,7 milliards d’euros a été enregistré pour le développement des HLM après la signature d’un crédit de 11,7 milliards alloués à des bailleurs sociaux au cours de cette même année.

    Plus précisément, 188,5 milliards ont été destinés à cette branche en ajoutant les prêts accordés au secteur public local. Soit près des trois quarts des fonds engrangés (70%), le reste étant investi dans du capital d’entreprises non cotées, dans des actions ou dans des obligations.

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    Rédaction meilleurtaux Placement

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