lundi11décembre
Livret A

Selon le quotidien Les Echos, le gouvernement projette encore de modifier la formule de calcul de certains supports d’épargne. Dans le contexte actuel, le rendement des placements à court terme est nul. Ce qui revient à remettre en question le taux du Livret d’épargne A et les enjeux qui se dissimulent derrière ce produit d’épargne très populaire.

Suite à la déclaration du quotidien Les Echos sur la possibilité d’une nouvelle révision de la formule pour calculer les rendements des placements populaires, le taux du Livret d’épargne A est remis en cause étant donné que les taux d’intérêt de court terme seraient négatifs ou nuls sur les marchés financiers actuels.

En effet, le rendement à 0,75% de ce livret serait incohérent à la situation actuelle et risquerait de pénaliser les finances publiques.

Il faut toutefois prendre en compte que ce livret, classé à la 2ème place parmi les placements les plus appréciés, est surtout plébiscité par les petits épargnants et qu’il devrait au moins les protéger contre l’inflation.

La rémunération à 0,75% pénalise les institutions financières

Les placements liquides à capital garanti se réfèrent généralement aux taux d’intérêt à court terme sur les marchés financiers. Or, ils sont presque nuls à l’heure actuelle, et même au-dessous de zéro. À cet effet, un rendement de 0,75% pour ce type d’épargne peut s’avérer illogique. Le directeur du Cercle de l’Épargne, Philippe Crevel, affirme que :

Une entreprise, elle, ne dispose pas d’un tel avantage pour placer sa trésorerie. Au mieux, ses liquidités ne sont pas rémunérées, au pire la banque les facture. Autre exemple parlant : les taux des livrets bancaires fiscalisés sont, eux, proches de 0,3% actuellement. Et encore, ils sont tirés vers le haut par le Livret A.

Philippe Crevel.

De plus, en raison de la conjoncture actuelle, les institutions financières risquent d’être pénalisées par ce taux de rémunération. D’une part, les établissements bancaires ne peuvent réaliser aucun profit. D’après Philippe Crevel :

Les ressources tirées du Livret A permettent aux banques de financer des prêts, en particulier aux PME et aux collectivités. En théorie, les intérêts générés par ces crédits permettent de financer ceux servis aux détenteurs de Livret A. Mais du fait de l’environnement de taux bas, l’opération est très peu rentable actuellement.

Philippe Crevel.

D’autre part, les bénéfices que la Caisse des Dépôts peut tirer en finançant les logements sociaux, via les encours du Livret d’épargne A, s’en trouvent réduits. L’étude réalisée par Philippe Crevel conclut que :

Pour le moment, cette activité est toujours rentable, mais les bénéfices ont beaucoup diminué du fait de la baisse des taux. Si cela continuait pendant plusieurs années, cela finirait par se transformer en pertes pour l’institution, et donc pour les finances publiques.

Philippe Crevel.

Un livret intouchable du fait de sa popularité

L’objectif principal du Livret A est de préserver le pouvoir d’achat de ses détenteurs. C’est la raison pour laquelle son rendement est axé sur l’évolution des prix à la consommation, cela en dépit des taux des marchés financiers. Toujours est-il que malgré la formule de calcul du taux qui doit tenir compte de l’inflation, le gouvernement a dérogé à la règle ces derniers temps.

En effet, si une hausse de l’inflation à 1% a été prévue en août, le taux de ce produit d’épargne a été cependant maintenu à 0,75%.

Le Livret A n’en est pas toutefois moins populaire, étant donné qu’il se trouve actuellement en 2ème position en termes d’encours. D’après la Caisse des Dépôts, 270 milliards d’euros d’encours ont été enregistrés sur ce support d’épargne, en octobre 2017.

L’assurance-vie, quant à lui, compte 1 682 milliards d’euros d’encours selon la Fédération Française de l’Assurance (FFA).

À noter que ce sont les ménages à revenus modestes qui sont davantage attirés par le Livret d’épargne A, dont 41% possèdent un encours inférieur à 150 euros. 9% seulement des livrets détiennent une économie dépassant 19 125 euros.

Quoi qu’il en soit, la rémunération de cette épargne ne devrait pas être remise en cause si l’on veut préserver ses nombreux détenteurs, dénombrés à 55,8 millions à la fin de l’année 2016. L’Observatoire de l’épargne réglementée a noté un taux de détention de 83,4%.

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