mardi06juin
taux du livret A

Avec le retour de l’inflation, les quelques 63 millions de Français qui possèdent un Livret A commencent à se poser des questions sur le sort de leurs épargnes. Cela fait maintenant deux ans que le taux de rémunération de cette catégorie de livret a été maintenu à 0,75%.

Puisque le maintien du pouvoir d’achat des ménages fait partie des principaux objectifs du gouvernement Edouard Philippe, cette réorientation à la hausse devrait s’opérer au mois d’août.

Les épargnants français espèrent que cette hausse ait lieu dans le plus bref délai. En tout cas, cet optimisme a fait progresser la collecte nette dédiée au Livret A (elle a atteint 7,28 milliards d’euros pendant les 4 premiers mois de cette année).

La circonstance actuelle laisse entrevoir une hausse de l’ordre de 0.25% au début du mois d’août. Cette mesure va sûrement apporter un lot de bonnes nouvelles aux détenteurs de livret d’épargne.

D’ailleurs, la formule de calcul de la rémunération du Livret A, qui consiste à modifier le taux deux fois dans l’année (au mois de février et au mois d’août), devrait être appliquée pour stabiliser le pouvoir d’achat des épargnants.

Rappelons que les détenteurs de Livret A bénéficient d’une majoration de taux de rémunération de 0,25 point par rapport à l'inflation. Or, l’application de cette indexation n’est possible que si l'écart entre le taux d'inflation et les taux observés sur le marché monétaire ne dépasse pas 0,25 point.

Donc, ce système est difficilement réalisable si on se réfère à la conjoncture actuelle d’autant plus que l'inflation prise en compte est celle observée pendant les 6 derniers mois et non plus celle du mois qui précède la décision.

Une mesure qui devrait être rendue concrète

Certes l’évolution du taux d’inflation est plus ou moins instable, on a même pu déceler un petit tassement au cours des 4 premiers mois de cette année. Mais en moyenne, son taux tourne autour de 1,2%.

Philippe Crevel, directeur du think tank le Cercle de l’épargne, pense que l’application de la formule de calcul est indispensable pour l’intérêt des épargnants. En effet, à ce propos, il affirme que :

Depuis janvier, l’inflation se situe aux alentours de 1,2%. Et même si elle risque de se tasser un peu dans les mois qui viennent, elle devrait s’afficher, pour la période de janvier à juin, aux alentours de 1%. Même sans majoration, le taux du Livret A pourrait donc, si l’on suit cette formule de calcul, être fixé à 1%.

Philippe Crevel.

Selon les estimations des professionnels de la finance, l’application de la formule sera une bouffée d’air frais pour les détenteurs de Livret A. L’idéal serait que le niveau de rémunération atteigne un taux de 1%, voire 1,25% dès le mois d’août.

Mais le dernier mot appartient à l’exécutif, il est libre de ne pas appliquer cette formule. Le gouvernement le fera s’il juge que c’est une mesure nécessaire. En plus c’est le genre de décision qui ne se prend pas à la légère vu les critiques avancées par la Cour des comptes à ce propos.

Il ne faut pas oublier que si cette hausse de rémunération aura vraiment lieu, les détenteurs de Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et de Livret d’épargne populaire (LEP) pourront aussi en bénéficier.

Ce qui certain c’est que ce relèvement de taux est une belle occasion pour le Président Emmanuel Macron de réaliser ses promesses en matière d’amélioration de pouvoir d’achat.

Cette hausse ne se fera pas sans conséquences

Sur le plan économique, une augmentation du taux de rémunération du Livret A pourrait avoir des effets non désirables sur le secteur bancaire. En effet, étant donné que les taux à court terme sont négatifs, la hausse des taux appliquée sur les différentes catégories de livret pourrait pénaliser la compétitivité des produits offerts par les banques commerciales.

À cet sujet, Philippe Crevel tenait à faire une remarque en disant que :

Un relèvement du taux pénaliserait les banques, puisqu’il diminuerait la compétitivité de leurs produits d’épargne “maison” face au Livret A, dont les deux tiers des fonds sont centralisés par la Caisse des dépôts (CDC)

Philippe Crevel.

Pour sa part, Cyril Blesson, associé dans un cabinet spécialisé en conseil de placement, confie :

Cela serait aussi négatif pour la Caisse des dépôts, puisque cela renchérirait son coût de financement et donc celui de l’État. Ce qui l’obligerait soit à prendre davantage de risques sur les marchés, soit à augmenter le coût des crédits qu’elle accorde aux organismes HLM, soit à rogner ses marges

Cyril Blesson.

Mais pour le moment, le gouvernement se concentre sur l’organisation des législatives, reste à savoir si l’annonce se fera dans les deux mois à venir.

Archives

Etre rappelé
par un conseiller
Nous envoyer
un message
Parlons Placement
Nos solutions
M VIE Notre gamme
d’assurance vie
Plus d'infos
M SCPI Nos SCPI en direct
Plus d'infos
M investissement Nos fonds structurés
Plus d'infos