Le livret préféré des Français se trouve actuellement sur une pente descendante

Livret préféré français phase ascendante

Si les solutions d’épargne abondent sur le marché français, le cœur de la population se penche davantage sur les placements sécurisés. Parmi eux, les livrets réglementés sont les mieux cotés, entre autres le Livret A, quoique le taux de détention de celui-ci affiche une baisse notable selon l’Insee. Une estimation que l’OER s’empresse toutefois de contredire.

Disponible auprès de toutes les enseignes bancaires depuis presque une décennie, le Livret A a conquis la majorité des ménages français dont plus de 70% en possèdent un, d’après une étude menée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’observatoire de l’épargne réglementée (OER), lui, affiche un taux de détention bien plus élevé, au-delà des 80%.

Mais dans tous les cas, ces chiffres lui valent la première place dans le classement des patrimoines, très loin devant les autres épargnes réglementées, l’assurance-vie, les supports en rapport avec le logement et les placements boursiers.

Toujours est-il que ce support populaire voit actuellement son quota reculer. Certes, la tendance baissière est commune pour tous les livrets défiscalisés, mais elle est d’autant plus marquante pour le Livret A, en l’espace de trois ans. Plusieurs motifs auraient pu expliquer ce détachement, si l’on ne cite que la loi Eckert et le gel de sa rémunération.

Dix points de différence

Les chiffres récemment communiqués par l’Insee dévoilent un attrait incontestable pour l’épargne réglementée en France. En effet, plus de huit ménages sur dix en détiennent une quoique la tendance est à la baisse cette année (83,4% si le taux s’établissait à 85,6% il y a trois ans de cela).

Pour le Livret A, la régression semble inouïe étant donné qu’il s’agit du placement le plus plébiscité du pays. En effet, 73,2% des Français déclarent en avoir ouvert un, soit deux fois plus que les détenteurs d’un Livret de développement durable et solidaire (LDDS) dont le taux de détention est estimé à 35%. À ses côtés, le LEP et le Livret jeune affichent une pâle figure avec des quotas respectifs de 18,7% et 12,6%.

Toujours est-il qu’un écart de 10 points est constaté si l’on se réfère à l’estimation de l’OER. En effet, dans son rapport, 82,1% des ménages français possèdent un Livret A. Aux analystes de L’Insee de réfléchir alors à une éventuelle mésestimation de leurs résultats, et de faire valoir :

L’explication de l’écart réside dans le grand nombre de Livrets A avec des montants inférieurs à 150 euros (un sur quatre environ), que les ménages tendent à oublier : les ménages interrogés ne mentionneraient que les livrets qu’ils jugent économiquement significatifs.

Les raisons d’un tel détachement

À l’issue de sa dernière étude portant sur le patrimoine des Français, l’Insee a observé un désintérêt des jeunes pour le Livret A. Dans son communiqué, l’institut affirme que :

En France, 78,5% des ménages dont la personne de référence a moins de 40 ans possèdent [un Livret A] début 2018, soit 3,6 points de moins qu’en 2015.

Le recul de ce livret d’épargne sur le marché pourrait s’expliquer de plusieurs façons, si l’on ne regarde que le côté législatif. L’entrée en vigueur de la loi Eckert en 2016, par exemple, a contribué à la clôture de bon nombre de comptes et le transfert de leurs avoirs à la Caisse des Dépôts. Ce dispositif aidait les établissements bancaires dans leur chasse aux multidétenteurs de livrets A, ainsi que les contrats vie en déshérence et des comptes à vue inactifs.

Toujours est-il que l’environnement des taux bas ne joue pas non plus en faveur de ce placement alors que l’inflation sur un an s’est encore accrue de 1,9% en novembre dernier. D’après l’Insee :

Après avoir atteint 2,25 % entre août 2011 et février 2013, le taux d’intérêt du Livret A n’a cessé de diminuer, s’établissant à 0,75% depuis août 2015 et ne devant pas évoluer avant 2020. Les taux de rendement réels des livrets défiscalisés sont même devenus négatifs depuis 2017 du fait de la reprise de l’inflation.

Insee

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