Le PFU n’impacte que très peu sur le comportement d’épargne des Français

Impact moindre PFU sur comportement épargne

L’application d’une taxation unique sur les produits d’épargne a été entendue pour la première fois en début 2017, au cours de la campagne de Macron, alors engagé dans la course à la présidence. En vigueur depuis presque un an, sous le nom de Prélèvement forfaitaire unique ou PFU, elle n’a pas encore eu l’effet escompté, c’est-à-dire l’évolution du portefeuille des ménages.

La Flat tax, autre nomination du PFU, le Prélèvement forfaitaire unique imposé aux contribuables français depuis janvier 2018, avait pour principal objectif de faciliter le calcul des impôts du pays, mais il devait aussi permettre à ces derniers de s’ajuster à la moyenne européenne.

Les économistes, quant à eux, se penchaient sur un moyen d’optimiser l’économie réelle du fait que les épargnants seront amenés à s’éloigner de leur chemin battu pour délaisser les placements garantis en faveur des supports plus risqués.

Dans tous les cas, force est de constater que l’influence a été des moindres. Le critère d’arbitrage des concernés pourrait en être la cause, sauf que l’on peut également accuser la portée encore insuffisante de la nouvelle taxe étant donné le système de fiscalité actuelle.

Le choix des Français se repose sur la rentabilité des placements et les risques à encourir

Selon les statistiques dressées par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les Français sont plus enclins aux placements aux avantages fiscaux comme les livrets réglementés par exemple, ou les contrats vie.

Toujours est-il qu’ils ne sont pas pour autant obnubilés par la fiscalité au point d’en faire leur carte maîtresse dans le choix de leur support d’épargne. D’après l’étude menée par Christian Pfister, intitulée « Fiscalité de l’épargne et choix de portefeuille des ménages français », les arbitrages financiers de cette masse prévoyante se reposent sur le rapport rendement/risque. L’imposition ne gagne, de ce fait, que la troisième place.

Par ailleurs, la réforme fiscale, occasionnant la mise en place du PFU, confirme cette position.

D’après l’économiste, il s’agirait de :

 

Un modèle où les revenus du travail sont imposés selon un barème progressif et ceux du capital de manière proportionnelle, à un taux faible ou médian.

Quelques changements, mais sur le long terme

Dans son étude, l’adjoint du directeur des statistiques de la Banque de France a estimé que les Français n’ont pas vraiment une aversion aux risques. Selon lui :

Ils ne sont pas irrationnels et ne portent pas la marque d’une allergie au risque.

Ce qui rend toutefois les observateurs quelque peu perplexes du fait que, mise en vigueur depuis près de 12 mois, la Flat tax de 30% (12,8% d’impôt forfaitaire + 17,2% de contributions sociales) n’a toujours pas eu l’effet escompté. Pour rappel, le gouvernement s’attendait à un bouleversement des habitudes des ménages, en d’autres termes un détachement pour les livrets d’épargne et des fonds en euros, puis une affluence vers les comptes-titres, les PEA (Plans d’épargne en actions) et autres fonds d’investissement.

La raison de cette latence est des plus logique. En effet, les répercussions du PFU n’ont pas encore atteint les revenus financiers des contribuables étant donné que les taxes prélevées cette année s’appliquent sur les ressources perçues en 2017.

L’analyse de Christian Pfister lui a permis d’établir des perspectives quoiqu’encore incertaines sur l’évolution du portefeuille des épargnants. Selon lui :

À long terme le PFU donnerait lieu à une substitution des placements en actions et dans une moindre mesure, en dépôts à vue, à ceux en assurance vie, PEP et obligations et à un degré moindre en comptes sur livrets et à terme ainsi que parts d’OPC monétaires.

Christian Pfister

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