Les livrets réglementés ont affirmé leur position sur le marché des épargnes en 2018

Affirmation position marché épargne des livrets réglementés

L’appétence des Français pour les placements sécurisés n’est plus à redire. Ils le prouvent assez par le volume des dépôts réalisés l’année dernière sur ces produits. En effet, l’encours enregistré durant cette période a affiché une nette recrudescence par rapport à celui de 2017. Et ce, en dépit de leur rendement qui s’est effrité jusqu’à devenir négatif du fait d’un faible taux et d’une inflation à tendance haussière.

Un encours annuel record, frôlant les 400 milliards d’euros, c’est le résultat enregistré par les livrets réglementés pour le compte de 2018. Si l’on ne considère que le livret A, il s’avère que sa collecte a dépassé la barre des 10 milliards d’euros.

C’est le reflet du grand retour de cette solution d’épargne, après une baisse d’intérêt de ses détenteurs entre 2014 et 2015 suite à la décision de l’exécutif d’abaisser son taux à un niveau historiquement bas, puis de le geler pour quelques années à venir.

Ce produit arrive à garder le cap malgré ces contraintes réglementaires. Ce qui est un grand exploit à l’heure actuelle où son rendement n’arrive plus à couvrir la reprise de l’inflation. Mais il se trouve qu’il doit son attrait à ses nombreux atouts.

Des placements qui ne rapportent plus rien

L’environnement des taux bas a sévi les épargnes des ménages affectionnant les produits réglementés, tels que le livret A et le LDDS (livret de développement durable et solidaire). En effet, leur rémunération n’a cessé de baisser depuis 2014 où elle a été révisée à 1% puis en août 2015 où celle-ci a encore régressé pour se retrouver à 0,75%.

Certes, les détenteurs d’assurance-vie en euros ont aussi à se confronter à une baisse de leur rendement étant donné que leur fonds n’aurait rapporté que 1,6% en moyenne en 2018. Les profits qu’ils vont générer demeurent tout de même bien plus importants vis-à-vis de ceux des livrets susmentionnés si l’on tient compte de l’inflation qui s’était établie à 1,8%, rendant même négatif le rendement réel de ces derniers.

Plus précisément, la perte estimée s’élève à 1% environ. D’après les associations de consommateurs, notamment la CLCV ou Consommation Logement Cadre de vie, qui ont plaidé auprès du gouvernement le changement de la méthode de calcul du taux du livret A le mois dernier, quatre épargnants sur cinq sont concernés par cette érosion de leur capital qui remonte à 3,6 milliards d’euros.

La garantie du capital prime

En dépit de son faible rendement qui devrait le léser, le livret d’épargne le plus courant en France était resté sur une position pour le moins confortable en 2018. Le fait est que la garantie de son capital fait partie de ses plus précieux atouts étant donné que les ménages français privilégient depuis toujours la sécurité de leur épargne. Et la crise des subprimes d’il y a dix ans n’a fait que renforcer cette idée.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’encours sur ce financeur du logement social en 2018 a affiché un record historique, bien que les observateurs ne s’y attendaient pas. À 394,4 milliards d’euros, il a haussé de 4% par rapport à 2017. À noter qu’un écart de 157,7 milliards est enregistré au cours de la dernière décennie (236,70 milliards d’euros en 2008).

Les collectes nettes des deux principaux livrets réglementés, quant à elles, semblent afficher une quasi-stabilité. D’après les données communiquées par la Caisse des Dépôts :

  • Le livret A détenait 10,08 milliards d’euros au 31 décembre 2018 contre 10,24 milliards l’année précédente ;
  • Le LDDS disposait de 2,62 milliards d’euros.

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