La liste noire des sites frauduleux de produits financiers de l’ACPR se rallonge

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Les arnaques en ligne se multiplient à mesure que les équipements digitaux se développent. Si les données personnelles ont toujours été les cibles des escrocs, ils ont trouvé un autre filon à exploiter dans les produits financiers. Ainsi, l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) vient encore noircir son tableau de sites douteux, dont le nombre s’élève déjà à 85, en l’espace d’une année.

À l’heure actuelle où le digital devient omniprésent pour la société, les cyberattaques se multiplient aussi. À croire que l’essor des outils technologiques, tant au niveau des ménages qu’au sein des entreprises, induit à la diversification des points d’entrée pour les escroqueries en ligne.

C’est ce que tente d’endiguer le superviseur français des banques et des assurances, ACPR, en mettant en garde les citoyens devenus hyperconnectés, notamment contre les sites douteux préposés aux fraudes sur les produits et services financiers, tels que les contrats de garantie et les crédits.

Il faut dire que ces acteurs pullulent actuellement le web sans bénéficier d’une autorisation d’exercice. Proposant parfois leurs services sous le nom d’une enseigne de renom et exigeant en contrepartie le dépôt de frais de dossier qui s’envoleront dans la nature une fois versés, ils ciblent surtout les victimes d’exclusion bancaire.

Des fraudes flagrantes en ligne

L’expansion du digital impliquant la numérisation de la plupart des produits financiers a quelque peu terni la notoriété des banques traditionnelles. À cela s’ajoute l’essor des services de courtage. Toutes ces innovations offrent une ouverture aux cybercriminels qui s’activent sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux, à l’affût des individus en mal de financement. Comme l’explique un avocat en droit bancaire, Laurent Denis :

Les sites [d'escrocs] profitent du développement des courtiers. Autrefois, c'était plus difficile d'arnaquer sur le crédit, car celui qui vous appelait pour vous vendre un prêt était forcément un banquier.

Laurent Denis

Comme dit précédemment, leurs principales cibles sont les individus dont l’accès à un crédit bancaire est difficile, voire impossible. Les attirer dans leur filet devient alors chose aisée pour les escrocs qui n’hésitent pas à se présenter sous l’apparence d’un site légal tout en vantant des services qui n’existent pas réellement.

Il arrive même qu’ils proposent une aide financière requérant au préalable des frais de dossier. Une somme qui la victime se dépêche de verser avant de constater, tardivement, qu’elle a perdu son argent.

Une intervention utile, mais quelque peu limitée

Pour pallier les éventuelles désillusions, l’ACPR s’emploie à élaborer une liste noire des sites douteux proposant des solutions de prêts, des livrets d’épargne, des polices d’assurance, etc. Le nombre des acteurs à éviter atteint les 85 en seulement un an, mais ce n’est pas près de s’arrêter. En mi-décembre, l’organisme met en garde la masse en ces termes :

Les propositions à caractères frauduleux concernant les crédits et les livrets d'épargne continuent de se multiplier sur Internet.

Pour preuve, la plateforme LaSolutionFinance vient aussi rallonger la liste du Superviseur. Et ne se contentant pas de révéler les pratiques frauduleuses de certains financeurs en ligne, l’entité travaille aussi coude à coude avec l’AMF (Autorité des marchés financiers) pour restreindre l’expansion des escrocs sur le marché des devises, du bitcoin, des immobiliers et même des diamants.

Des intentions pour le moins bienfaisantes, mais qui sont toutefois limitées à en croire les observateurs comme Laurent Denis qui déplorent que :

Les pouvoirs publics ont mis du temps à réagir [face au phénomène des arnaques au crédit] et n'agissent pas assez sur ce sujet. Il y a une action d'information de leur part, mais quel particulier a le réflexe de lire les listes noires de l'ACPR ?

Laurent Denis

Une remarque qui s’avère justifiée étant donné que l’ACPR ne peut que signaler les activités véreuses auprès d’un procureur qui vont être poursuivies devant un tribunal pénal.

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