Les dépôts à vue se placent au premier rang sur la liste des produits d’épargne en France

Dépôts à vue à premier rang en épargne

Mettre de l’argent de côté est une pratique très courante chez la plupart des ménages français. Mais si économiser est d’une grande importance, surtout en cette période d’incertitudes socioéconomiques, la population reste éprise de sécurité. Toujours est-il que leur préférence s’est tournée vers les dépôts à vue durant ces cinq dernières années. Au point où ceux-ci sont propulsés au premier rang dans le classement des placements préférés en 2018.

L’aversion pour le risque a toujours été présente dans l’esprit des Français, et cela n’est pas près de changer. Le fait est que ces épargnants économisent plus par précaution que pour faire fructifier leur argent. C’est ce qui expliquerait en grande partie la nette évolution de l’encours des comptes courants depuis 2013.

En effet, une enquête de Kantar TNS réalisée tout récemment pour BPCE a révélé que son volume a frôlé les 400 milliards d’euros l’année dernière. Un record historique jamais atteint en 25 ans. Et pendant ce temps, les produits d’épargne dédiés semblent être délaissés, notamment les livrets défiscalisés. Ces derniers étant pénalisés par leur taux d’intérêt bas.

Un délaissement de la majorité des produits dédiés

Les comptes courants sont les placements qui ont connu le plus de progrès ces dernières années. Depuis 2013, plus précisément, à en croire l’enquête de BPCE menée par la référence des études marketing et d’opinion, Kantar TNS et publiée le 18 décembre. Au groupe bancaire d’émettre son constat :

« Entre 2013 et 2018, les dépôts à vue ont capté l’essentiel des flux nouveaux d’épargne, au détriment des autres placements bancaires ».

Et pour cause, les dépôts à vue se trouvaient, à fin mars 2018, en première position dans le classement des produits d’épargne des ménages grâce à un encours s’élevant à 390 milliards d’euros qui a été majorée de 50% par rapport à celui enregistré il y a cinq ans (259 milliards d’euros).

Sur la même période, les livrets ordinaires n’ont perçu qu’une petite hausse de 4% :

  • Le livret A détient 253 milliards d’euros contre 248 milliards en 2013 ;
  • Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) détient 105 milliards d’euros contre 97 milliards ;
  • Quant aux autres, leur encours s’élevait à 154 milliards d’euros contre 146 milliards.

Certains produits, comme le Plan d’épargne populaire (PEP) et les comptes à terme ont même régressé de 20%, à raison de 152 milliards d’euros d’encours contre 191 milliards. Sauf le Plan épargne logement (PEL) faisait figure d’exception avec ses 271 milliards d’euros de fonds déposés, soit 43% de plus que la performance de 2013 (à 189 milliards d’euros).

Une défiance par rapport au contexte actuel

Dans le cadre de l’étude, l’initiateur du sondage a demandé aux concernés les raisons pour lesquelles ils laissent dormir leur argent sur leur compte courant. La plupart des enquêtés ont évoqué la prudence, les motifs les plus cités étant la peur d’être à découvert et l’anticipation des éventuels coups durs.

Mais si les Français préfèrent développer leur réserve au lieu d’investir dans un quelconque livret d’épargne, c’est aussi en grande partie à cause du contexte économique actuel, notamment les taux bas imposés aux placements financiers. En effet, durant l’enquête, près de trois personnes sur dix (27%) dont le patrimoine détenu se trouve entre 50 000 et 100 000 euros ont montré leur déception face à la rémunération du produit qu’ils ont choisi.

Le sondage a même révélé que plusieurs épargnants maintiendront leur comportement d’épargne tant que les produits dédiés restent peu rentables, en l’occurrence le livret A. Ce dernier devrait d’ailleurs rapporter en moyenne 3,14% pour attirer de nouveau les ménages. Ce qui n’est pas près d’arriver étant donné que son rendement a été gelé par l’exécutif, à 0,75%, jusqu’à l’année prochaine.

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