2018 a été une année propice pour l’épargne solidaire malgré un contexte peu favorable

Epargne solidaire année propice

Ne détenant encore qu’une infime part du marché de l’épargne financière, celle de l’épargne solidaire est pourtant en bonne voie de développement. De fait, 2018 a été une année faste pour ce type de placement. Le succès se caractérisant également par la propagation des projets sociaux et l’expansion des financements y afférents.

Les remue-ménages qui s’étaient opérés l’année dernière au niveau de la législation fiscale française ainsi que la rétrogradation des marchés financiers durant cette même période n’ont pas eu raison de l’épargne solidaire. Contre toute attente, elle poursuit sur sa lancée, affichant une tendance similaire à celle de 2017.

Le 17ème Baromètre de la finance solidaire, publié au début de ce mois, en témoigne à travers plusieurs données chiffrées. Ce type de financement a en effet vu ses encours évoluer dans le bon sens. Ce qui s’explique non seulement par la motivation de plus en plus marquée des épargnants à soutenir les projets à forte utilité sociale, mais aussi par le dynamisme des différents acteurs associés à Finansol.

Résiliente en dépit de tout

La morosité a semblé planer sur le secteur de l’épargne financière en général, durant toute l’année 2018 en raison de nouvelles réglementations mises en application et de la baisse des marchés boursiers. Cette dernière, précédée par la substitution de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) en janvier 2018, a particulièrement impacté sur l’épargne solidaire.

En effet, le volume de ses encours évolue selon les variations de la Bourse étant donné que ces fonds sont investis à 75% dans des placements financiers. Or, les marchés financiers ont enregistré des pertes notables l’an dernier, notamment le CAC 40 qui s’est retrouvé à -11%.

Cependant, ce placement qui fait partie des marginaux face aux produits traditionnels, tels que le livret d’épargne, n’est pas près de lâcher l’affaire. De fait, à 0,25% seulement du patrimoine financier qui est estimé à quelque 5 000 milliards d’euros, il pourrait atteindre le seuil de 1% d’ici quelques années, selon les perspectives du directeur de Finansol, Patrick Sapy. D’après lui, en effet :

« Notre objectif affiché depuis plusieurs années est d'atteindre au moins les 1% […] certain que nous allons nous en rapprocher dans les prochaines années ».

Patrick Sapy

À son responsable de l’Observatoire de la finance solidaire, Frédéric Fourrier, d’ajouter :

« Malgré les vents contraires, la finance solidaire a été une fois encore résiliente et a affiché globalement de bonnes performances, comme le montrent les résultats annuels ».

Frédéric Fourrier

Des progressions sur tous les plans

Il y a deux ans, l’épargne solidaire a affiché des résultats record. Et ceux de 2018 ne sont pas pour autant moins brillants. Le dernier baromètre élaboré par Finansol et publié le 3 juin dernier par le quotidien La Croix a révélé que de plus en plus de ménages français mettent de l’argent de côté tout en donnant un sens à leur épargne.

Le nombre de nouvelles souscriptions a de ce fait augmenté de 7,7% par rapport en 2017, à raison de 423 000 placements supplémentaires. Ce qui a permis une hausse de 8,7% de l’encours global de l’épargne solidaire pour s’établir à hauteur de 12,56 milliards d’euros (contre 11,5 milliards l’année précédente). Et d’autres progressions ont été également enregistrées, à savoir :

  • +16,8% sur l’encours de l’épargne collectée par les entreprises solidaires, à 651,3 millions d’euros ;
  • +8,3% sur celui de l’épargne salariale solidaire, à 7,99 milliards ;
  • +8,2% sur celui de l’épargne bancaire solidaire, à 3,92 milliards ;
  • Une majoration de 15 millions d’euros sur les financements dédiés aux entreprises solidaires, à 367,4 millions.

Selon les conclusions tirées du baromètre, cette tendance haussière montrerait :

« Une bonne dynamique en matière de création de nouveaux projets, de développement d'entreprises sociales qui investissent de nouveaux marchés ».

De fait, il n’y a pas eu que de nouveaux dépôts. Les investisseurs institutionnels ont également apporté leur part de briques à cette croissance. Sans oublier les divers acteurs auxquels s’est associé Finansol, entre autres les établissements financiers et bancaires, les financeurs solidaires et les entreprises sociales. D’après Patrick Sapy, leur rôle a été de :

« Promouvoir la finance solidaire et innover en matière de produits et de services ».

Patrick Sapy

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