jeudi16mai
Conquete marché épargne réglementée

Existant depuis deux siècles, le livret d’épargne le plus courant de la France a pu profiter davantage de sa position depuis dix ans, après que sa distribution a été généralisée dans toutes les banques du pays. Il faut dire que toutes réformes (2009 et 2013) lui ont servi de source de rebond, et le plus souvent au détriment des autres placements populaires.

Avant l’année 2009, trois enseignes bancaires seulement pouvaient proposer à leur clientèle le Livret A, à savoir la Banque Postale, la Caisse d’Épargne et le Crédit Mutuel. Pour compenser ce manque et répondre aux attentes des épargnants, les autres établissements ont mis à leur disposition des produits à peu près similaires, notamment le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), le Livret Jeune et le Livret d’épargne populaire (LEP) qui ont chacun leurs cibles particulières.

Cependant, la décennie suivante a vu le marché de l’épargne littéralement bouleversé, et ce, au profit du Livret A. En cause, les deux mesures instaurées par les présidents de l’époque, dont la LME (Loi de modernisation de l’économie) qui a rendu le livret bicentenaire disponible au sein de toutes les banques de l’Hexagone en 2009 et le rehaussement de son plafond de dépôt en 2013.

Deux leviers de croissance

Une rétrospective des flux du Livret A a permis aux observateurs d’aboutir à la conclusion que ce produit détient une position immuable sur le marché de l’épargne. Et il se trouve que cette notoriété a été quelque peu poussée par des réformes réglementaires, dont les principales se sont passées en janvier 2009 et en 2012-2013.

Pour rappel, dans le cadre de l’instauration de la LME il y a dix ans, le livret populaire a été rendu disponible dans toutes les banques françaises s’il était distribué par trois enseignes seulement avant. Et trois ans après, le plafonnement de ses versements (à 15 300 euros) a été révisé en deux temps pour s’établir à 19 125 euros en octobre 2012, puis à 22 950 euros en janvier 2013.

Ces changements ont été favorables pour ce placement bicentenaire qui a enregistré des chiffres records durant ces dates. De fait, sa collecte s’est élevée à 16,5 milliards d’euros en 2009 (sur l’ensemble de l’année), à 28 milliards en 2012 et à 12,1 milliards en 2013. À titre d’indication, celle de 2018 dépassait à peine les 10 milliards.

Quant à son encours, il a quadruplé au cours de la dernière décennie (2008-2018), par rapport à la période précédente (1998-2008) à raison de 120 milliards d’euros entre décembre 2008 et décembre 2018 contre 31 milliards auparavant.

Une tangible cannibalisation

Le Livret A est sans conteste le placement favori des Français. L’engouement provoqué par la généralisation de sa distribution en est la preuve. Certes, l’appétence des épargnants pour l’épargne de précaution aurait pu expliquer ce phénomène, mais l’afflux de liquidités a été aussi généré par des transferts de fonds provenant des autres produits ayant servi d’alternative.

Si le LDDS a réussi à afficher un exceptionnel essor, avec une collecte nette de 21 milliards d’euros en 2012 et de 7 milliards en 2013, après des successions de résultats nuls, voire négatifs, c’est aussi à cause du rehaussement de son plafond de dépôt.

Le Livret Jeune dédié aux jeunes de 12 à 25 ans, et le LEP réservé aux ménages à revenu modeste n’ont pas réussi à faire mieux. Et ce, en dépit de leurs rendements qui sont toutefois largement supérieurs à celui du Livret A (une rémunération fixée librement par les dépositaires pour le premier et de 1,25% pour le second). De fait, le produit pour enfants a, depuis 2009, enregistré un encours en constante régression tandis que l’autre a perdu quelque 19 milliards en l’espace de dix ans. Un déclin également renforcé par son processus complexe d’éligibilité.

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