vendredi13novembre

Avant la crise de 2012, les investisseurs et les déposants n'auraient jamais imaginé que leurs banques puissent se retrouver en difficultés, et donc puissent lorgner sur leurs économies. Mais la crise bancaire a changé la donne. Face à de nouvelles difficultés, les banques sont obligées de se reconstruire pour survivre, et pourraient avoir besoin de vos sous pour le faire...

    Est-ce que vos frais vont continuer à monter ?

    Oui. C'est une tendance lourde depuis 3 ans, depuis la crise : les tarifs bancaires vont encore augmenter en 2016. Alors que les banques en ligne continuent de gratter du terrain grâce à la gratuité des services essentiels au consommateur, les banques traditionnelles augmentent leurs tarifs.

    La BNP a annoncé à ses clients qu'elle allait instaurer à partir du 1er Janvier 2016 des frais de tenue de compte, jusqu'alors gratuit. Le tarif, 2,5 euros par mois, place d'emblée la BNP au-dessus de la moyenne du secteur (environ 1,75 euro).
    Qu'entend-on par " frais de tenue de compte " ? Il s'agit de coûts informatiques et humains pour la mise à jour du compte courant au fil des opérations.

    La BNP n'est pas la première à facturer ce service. La Banque postale le fait depuis longtemps. Le Crédit mutuel le facture depuis le 1er octobre. Société Générale a de son côté prévenu dès l'an dernier qu'elle facturerait la tenue de compte à hauteur de 2 euros par mois à partir de 2016. Le LCL devrait suivre. Dans les groupes mutualistes, chaque banque régionale décide de sa politique tarifaire, mais la facturation de la tenue de compte domine très largement.

    La crise bancaire est derrière nous mais elle laisse encore des traces aujourd'hui. Les banques européennes sont confrontées à un environnement de taux très bas et une réglementation de plus en plus lourde, qui les oblige à plus de transparence, et à réduire leurs activités en banque d'investissement et de trading, très rentables. Elles doivent donc se concentrer sur leur activité traditionnelle de banque de dépôts, mais cette activité est bien moins rentable. Alors, elles n'ont pas d'autres choix que d'augmenter leurs frais.

    Les banques doivent trouver un nouveau modèle. Le temps presse car les nouveaux entrants, des fintechs mais aussi et surtout les GAFA (Google Apple Facebook Amazon) se font menaçants. En effet, Amazon, Apple et Google se sont récemment associés au sein d'un même lobby, Financial Innovation Now, pour influencer le débat politique et faciliter leur accès au marché des services financiers. Avec Apple Pay, la marque à la pomme a montré sa détermination pour s'imposer dans le secteur des paiements sans contact. Samsung suit la même voie, tandis que Facebook Messenger s'essaye au transfert d'argent. Face à ces véritables maîtres du monde et de l'innovation, nos banques ont de quoi paniquer...

    Est-ce que vos actions bancaires vont baisser ?

    Probablement. Car les nouvelles réglementations, qui ont été instaurées pour permettre aux banques de surmonter des chocs majeurs sans faire faillite ou nécessiter l'aide publique, obligent les grands groupes à se recapitaliser fortement d'ici 2022.
    Le conseil de stabilité financière (FSB), l'organisme mandaté par le G20 pour réformer le secteur bancaire après la crise financière, a en effet publié lundi dernier les règles finales concernant la total loss absorbing capacity (TLAC)  : Il s'agit d'un coussin de fonds propres que les 30 plus grosses banques devront détenir, équivalent à 18 % de leurs actifs pondérés en fonction du risque, à partir du 1er janvier 2022.

    Comment les banques vont s'y prendre pour satisfaire cette nouvelle exigence ? Elles pourront mettre en réserve une partie de leurs bénéfices ou émettre une très grande quantité de dettes subordonnées. Mais elles vont probablement devoir également préparer des augmentations de capital. Et donc demander aux actionnaires de remettre au pot, au risque de voir leurs parts dans la banque être diluées, ou le prix de leurs actions baisser. Avec ces recapitalisations, et les problèmes de rentabilité et de business model, le secteur bancaire risque d'être chahuté en bourse en 2016.


    Est-ce que votre banque va ponctionner dans votre compte en cas de difficultés ?

    Probablement pas. Et certainement pas pour les comptes inférieurs à 100 000 euros.

    Certes, cet été, dans la plus grande discrétion, une " Directive européenne sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances " (Bank Recovery and Resolution Directive) a mis en place un cadre commun de résolution des crises bancaires. Autorisant dans certains cas une banque en difficulté à ponctionner une partie des comptes de certains clients. Scandale ? Rapt organisé ? Fin du droit de propriété ? Pas tout à fait...

    Il faut bien comprendre qu'actuellement, en cas de faillite d'une banque, les déposants perdent la totalité de leur épargne. Il y a quand même une garantie de 100 000 euros mais dans la pratique, on sait qu'elle était difficilement applicable, notamment en cas de crise " systémique ", c'est-à-dire qui toucherait toutes les banques par ricochet.

    Le nouveau mécanisme, qui sera appliqué à partir du 1er janvier 2016 doit permettre de mieux garantir l'épargne des déposants. En cas de faillite d'une banque, les 100 000 euros seront toujours garantis et au-delà , l'instrument de renflouement interne prévu par la directive contraindrait les actionnaires et les détenteurs d'obligations à encaisser les premiers coups. Les dépôts non garantis (plus de 100 000 euros) seraient touchés en dernier et dans de nombreux cas après l'intervention du fonds de résolution financé par la banque et du système national de garantie de dépôt du pays où se trouve la banque, dans le but de stabiliser la banque. Les plus petits déposants seraient dans tous les cas explicitement exclus du renflouement interne.

    Quand on voit ce qu'il s'est passé à Chypre, où une banque a fait faillite, on voit que la garantie des 100.000 euros s'est bien appliquée. Au-delà, il y a eu en effet un prélèvement de 47%. 53% de ces dépôts ont donc pu être préservés. C'est déjà pas mal. Et la directive européenne est censée permettre d'améliorer encore ce taux.

    Bien sûr, cela peut paraître choquant que les épargnants puissent perdre de l'argent. On est en droit d'espérer de l'État qu'il agisse pour garantir cette épargne. Peut-être d'ailleurs que l'État français agirait en cas de faillite d'une banque française... Toujours est-il que la directive européenne a été instaurée pour améliorer cette situation. Avant la directive, l'épargne des déposants était loin d'être garantie. Avec cette directive, il y a du mieux même si on peut espérer encore plus.

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