Les épargnants français n’aident pas les entreprises à se constituer des fonds propres

Tirelire sur des billets euros

Réputés être les rois de l’épargne, les Français ne privilégient pas les placements direct ou indirect en actions, que ce soit via les contrats d’assurance vie ou via les fonds. Ils privilégient la sécurité et préfèrent placer sur des supports plus liquides. Pourtant, cette situation va au détriment des entreprises qui ont du mal à disposer de fonds propres et qui, d’ailleurs, préfèrent trouver du financement au moyen de prêt bancaire.

Les épargnants français ne sont pas intéressés par l’investissement direct ou indirect en actions, mais préfèrent placer dans des supports plus liquides et plus sécurisés parmi les différents types de livret d’épargne.

Ainsi, l’épargne française se retrouve peu placée dans les entreprises, d’autant plus que ces dernières préfèrent recourir à la dette pour se financer, et ce, soit via un prêt bancaire, soit par émission obligataire.

C’est ainsi que les entreprises ont des difficultés à acquérir des fonds propres. C’est ce que confirme Anne Le Lorier, sous-gouverneur de la Banque de France, au moment d’une conférence dédiée à l'orientation de l'épargne vers les entreprises. Selon elle :

La part de la dette est très supérieure à celle des fonds propres dans le bilan de nos entreprises.

Anne Le Lorier.

D’ailleurs, la part des banques dans la dette des entreprises demeure à un haut niveau, soit à peu près 60%. Pourtant, le développement des entreprises repose plus que jamais sur la capacité de ces dernières à faire preuve d’innovation, surtout dans une économie vieillissante et avancée. Et pour cela, la banque n’est pas la bonne solution.

Car en effet, le prêt bancaire s’accompagne toujours de prises de garanties physiques, ce qui ne permet pas à l’entreprise de financer l’innovation.

Plusieurs initiatives pour orienter l’épargne des français vers les entreprises

Pour que l’épargne française soit un peu plus dirigée vers les entreprises, plusieurs initiatives ont été prises. Parmi elles, la plus importante est d’inventer de nouveaux produits d’épargne. Mais on peut également citer la réforme des produits d’épargne réglementés comme le PEL et le Livret A, l’amélioration de la culture financière des ménages et la modification du cadre fiscal de l’épargne.

Selon Anne Le Lorier, sous-gouverneur de la Banque de France, durant la conférence :

Il y a un nombre de facteurs qu'on ne peut faire varier qu'à moyen et long terme.

Anne Le Lorier.

C’est dans cette perspective que les autorités ont conçu l’euro-croissance, le nouveau produit d’assurance vie qui se situe entre les fonds en euros, qui garantissent le capital, et les supports en unités de compte, qui n’ont aucune garantie sur le capital mais qui peuvent offrir un plus haut rendement. Mais ce nouveau support n’a pas connu le succès escompté, étant pénalisé par la période des taux historiquement bas.

Mais d’après Anne Le Lorier, la réalisation de ces initiatives n’est pas chose aisée.

Trouver le bon produit est difficile car il faut réconcilier les attentes des épargnants en matière de rendement, de risque, et de liberté minimale d'entrée et de sortie de ce placement avec les besoins des entreprises en fonds propres.

Anne Le Lorier.

Ainsi, les pouvoirs publics et le secteur financier devront avoir un bon plan d’action mais surtout savoir faire preuve d’innovation.

Les entreprises françaises privilégient la dette bancaire

La Banque de France a récemment confirmé le fait que les compagnies d’assurances françaises privilégient la dette en générale mais surtout la dette bancaire, en communiquant le 5 avril dernier deux statistiques.

La première se rapporte aux investissements financiers des assureurs français dont le total des flux de titres de capital est, au dernier trimestre de l’année dernière, à environ 75% des investissements nets, et n’étaient que 8% des 2 522 milliards d’euros des investissements financiers des sociétés d’assurance française.

Et le résultat de la deuxième statistique révèle que, si depuis la crise, un grand mouvement de désintermédiation financière et bancaire a été programmé, cela n’a pas abouti à de grands changements jusqu’ici.

En effet, dans l’endettement des entreprises en février 2017, la part des banques est à environ 60% des encours, si celle-ci était près de 70% avant la crise.

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