vendredi12avril

Après les interventions de la FED et de la BCE, c'est au tour de la BoJ de soutenir les marchés par des injections de liquidités. Depuis plusieurs mois, Les banques centrales se passent le relais. Dès qu'une banque centrale a des crampes à force de faire tourner la planche à billets, une autre prend le relais. Voici les principales méthodes d'interventions utilisées par les banques centrales.

    Le marché interbancaire
    Le marché interbancaire est le marché sur lequel une banque commerciale va emprunter des fonds pour développer son activité, c'est-à-dire accorder un prêt ou réaliser d'autres investissements. Certes, une banque peut utiliser les dépôts de ces clients pour placer ou prêter, mais elle peut avoir des besoins supplémentaires d'autant plus que les banques centrales les obligent à conserver un minium en réserve.
    La banque centrale a le contrôle du marché interbancaire et maitrise ainsi la quantité de liquidités en circulation sur le marché. Si elle n'accorde pas de prêts aux banques, celles-ci ne pourront augmenter leurs réserves qu'en empruntant à celles qui ont trop de réserves. L'ensemble des réserves stagnent, et ainsi la quantité de liquidité en circulation
    En pratique, les banques centrales accordent des prêts aux banques chaque semaine. Mais chaque semaine les banques doivent également rembourser une partie de leurs anciens prêts. Ainsi, l'augmentation ou la diminution de monnaies en circulation dépend de la différence entre les remboursements de prêt et les nouvelles injections.
    Pour réaliser cette injection, la Banque Centrale procède à des " appels d'offre " sur le marché interbancaire à un taux minimum (le taux directeur). Les banques répondent à cette offre en proposant des taux supérieurs au taux directeur, afin d'être certaines d'obtenir les liquidités dont elles ont besoin. Selon les demandes, la Banque Centrale détermine un niveau de taux auxquels les offres sont servies. Ainsi, une banque qui a proposé un taux trop bas pourrait ne pas être servie. Elle devra alors se tourner vers le marché interbancaire pour trouver les liquidités dont elle a besoin.

    Taux d'intérêt et injection de liquidité
    Le rôle principal de la banque centrale est de maintenir la stabilité des prix et de favoriser la croissance du pays. Lorsque l'inflation ou la croissance est en danger, la Banque centrale peut faire varier son taux directeur afin de jouer la masse monétaire et théoriquement sur l'inflation et la croissance. Ainsi, une hausse du taux directeur incite les banques à augmenter leurs taux d'intérêt. En effet, puisqu'elles empruntent à un taux plus élevé, elles prêteront et placeront à un taux plus élevé, ou alors n'emprunteront pas à la banque centrale s'ils ne peuvent pas obtenir une rémunération satisfaisante pour ces emprunts. Au contraire, une baisse du taux directeur a pour but d'augmenter le nombre de prêts et de favoriser la croissance. Outre une baisse des taux directeurs, les banques centrales peuvent aussi injecter massivement des liquidités. Les banques centrales font alors ce qu'on appelle "des appels d'offres rapides", c'est-à-dire qu'elles accélèrent le rythme des appels d'offres, en rajoutant des opérations "hors calendrier".
    Cette technique d'appels d'offres rapides a été utilisée en 2007, suite à la crise des subprimes, par les banques centrales des Etats-Unis (la FED) et d'Europe (la BCE). Elles ont procédé à des injections massives de liquidités pour relancer le marché interbancaire. En Europe, 155,85 milliards ont alors été injectés. Aux Etats-Unis, la Fed a injecté 330 milliards de dollars, soit un montant supérieur à l'injection du 11 septembre 2001. Généralement, la banque centrale utilise les deux leviers, en injectant massivement des liquidités dans le système, tout en diminuant son taux directeur. C'est ainsi que la FED a baissé a son taux directeur, c'est ainsi qu'il est passé de 5,2% en septembre 2007 à 0.25% fin 2008.

    Le quantitative easing
    Lorsque les taux sont proches de zéro, comme aux Etats-Unis ou au Japon, cela signifie que les banques sont devenues trop frileuses et n'empruntent plus. Le crédit est bloqué.
    La banque centrale ne dispose plus des leviers du taux directeur et des appels d'offres pour accroitre la masse monétaire en circulation et pousser les banques à octroyer des prêts. Il reste alors la politique de création de monnaie ex nihilo que seule une banque centrale peut faire, c'est ce qu'on appelle en anglais le 'quantitative easing' (QE), ou assouplissement quantitatif. Cette stratégie consiste pour une banque centrale, à racheter aux institutions financières des actifs qu'elles ont en portefeuille. En contrepartie, la banque centrale crédite les comptes qu'ont ces institutions financières à la banque centrale. Les banques centrales ont ainsi un accroissement de liquidité qu'elles pourraient utiliser pour investir ou surtout octroyer des crédits.
    Quand elle fait de l'assouplissement quantitatif, une banque centrale rachète généralement des actifs de bonne qualité, et notamment des bons du Trésor. L'achat de bons du Trésor a en plus un effet favorable sur les taux longs. En effet, en achetant des bons à long et moyen terme, la banque centrale va contribuer à accroître leur valeur et donc à réduire leur rendement. Cela permet alors à l'Etat de se refinancer à des taux plus avantageux.
    Aux Etats-Unis, la FED a déjà lancé trois programmes d'assouplissement quantitatif, en Novembre 2008, Novembre 2010 et Septembre 2012. Le Japon a également une expérience considérable du quantitative easing. Il a effectué cette politique de 2005 à 2009, et a ressorti l'artillerie depuis Mars 2011 mais surtout depuis l'arrivée au pouvoir de Shinzo Abe fin 2012.

    La stérilisation des rachats
    L'argent créé par les banques centrales risque à la longue, est donc de générer de l'inflation. Le mandat de la BCE lui interdit expressément de mener la moindre politique susceptible de provoquer des tensions inflationniste. Mais cela n'empêche pas la BCE de racheter des obligations d'Etats européens en difficulté depuis 2010. Pour ce faire, la Banque centrale européenne a pour habitude de " stériliser ses achats ". La stérilisation permet de faire en sorte que les achats d'obligations ne soient pas inflationnistes.
    Concrètement, la BCE, lorsqu'elle rachète à une banque commerciale des obligations d'Etats, propose à cette dernière de déposer les fonds versés dans les coffres de la banque centrale, en leur proposant des billets de trésorerie émis à des taux attractifs. Pour la banque commerciale, l'opération est très lucrative puisqu'elle transforme une créance sur un état en une créance sur la BCE. Une créance bien plus sûre, moyennant un taux avantageux. La BCE, elle, se retrouve contrainte de payer cher cette opération mais en contrepartie elle retire du marché la somme créé pour racheter les obligations d'Etat. La stérilisation permet, in fine, de ne pas accroître la masse monétaire en circulation, donc théoriquement de faire en sorte que la politique de soutien de la BCE aux marchés des obligations d'état ne génère pas d'inflation.

    Le twist
    Le nom de cette mesure est en fait une référence à la méthode employée en 1961 sous le Présidence de John Kennedy au moment où la vogue de la célèbre danse était à son apogée. A l'époque, il fallait relancer l'économie asphyxiée par la guerre du Vietnam. L'opération consiste à intervenir sur différents segments de la courbe des taux pour en influencer le profil. En 1961, la Fed avait cherché à inverser la courbe des taux en achetant du papier d'Etat à 10 ans pour baisser les rendements sur ces maturités, et en vendant des bons du Trésor à court terme (pour augmenter les rendements à court terme). Elle visait ainsi à stimuler l'investissement productif, tout en décourageant les sorties de capitaux à court terme. 50 ans après, la FED a relancé une opération twist en Septembre 2011, qui devait durer jusque fin Juin 2012. Pendant cette période, la FED devait racheter 400 milliards d'emprunts du Trésor d'une maturité de 6 à 30 ans, et céder un montant équivalent d'obligations d'une maturité de trois ans et moins.

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