jeudi31mai

La crise italienne a secoué les banques européennes. Et elles n'avaient pas besoin de ça. Même si leurs cours ont rebondi hier, les banques européennes sont sous pression.

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Essoufflement de la finance européenne

Il y a la crise italienne bien sûr. Mais au-delà de ça, après un rebond spectaculaire ces dernières années, on sent un certain essoufflement. Essoufflement lié au business model pour certaines banques françaises, difficultés provoquant des restructurations massives comme pour la Deutsche Bank ou encore, évidemment, problèmes structurels et maintenant conjoncturels des banques italiennes. Tout cela malgré un environnement de taux favorable au financement des banques et malgré une Banque centrale européenne conciliante, voire laxiste, en matière de financement.

Domination de la finance américaine

Et cela m'inquiète. Je n'ai pas peur d'une nouvelle crise bancaire. Nous ne sommes pas en 2008, ni en 2010. Les banques européennes sont, dans leur grande majorité, plus solides, et la BCE est très vigilante et prête à intervenir à tout moment. Non. Ce qui m'inquiète c'est le fossé qui se creuse de plus en plus entre les banques américaines et les banques européennes. On se soucie beaucoup de la domination de la tech américaine mais la domination de la finance américaine est toute aussi inquiétante. Elles sortent renforcées 10 ans après, de la crise des subprimes et elles sont chaque jour dans une position plus confortable.

Moins de réglementation aux états-unis

ET cela s'est accentué depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. Trump fait tout ce qu'il peut pour aider les banques américaines. Il y a eu les baisses d'impôts. Mais c'est surtout du côté de la réglementation que son action est la plus spectaculaire. Il y a quelques jours l'administration américaine a assoupli la loi Dodd Frank votée en 2010 pour éviter un remake de la crise des subprimes, une loi qui imposait des contraintes en matière de fonds propres et de stress tests. Aujourd'hui on parle de la Volcker Rule qui empêche les banques de spéculer pour leur propre compte. Elle devrait elle aussi être assouplie ou même supprimée. L'Europe a perdu la bataille de la tech face à la Chine et les États-Unis et nous sommes sur le point de perdre la bataille de la finance.

Étonnante relativité

L'annonce d'un gouvernement italien des deux extrêmes avait été considérée comme une catastrophe par les marchés.Puis il y a eu la possibilité d'élections anticipées qui ont fait encore plus plonger les marchés. Et maintenant qu'on évoque à nouveau la possibilité d'un accord entre les deux partis populistes pour tenter d'éviter de nouvelles élections, les marchés rebondissent sur "l'espoir" d'un accord sur un gouvernement qui serait accepté par le président italien. Une situation qu'on redoutait encore il y a quelques jours...Allez comprendre...

DU COTÉ DES MARCHÉSClôture nettement haussière à Wall Street. Les nouvelles tractations des partis politiques italiens en vue de former un gouvernement de coalition et l'assouplissement de la règle Volcker ont donné du carburant aux indices américains. Le Dow Jones gagne 1,26% à 24668 points, le S&P 1,27% à 2724 points et le Nasdaq progresse de 0,72% aux portes des 7000 points. De son côté, l'euro poursuit sa hausse face au dollar en direction désormais des 1,17 dollar. La Bourse de Paris tente un rebond dans les premiers échanges et pointe en hausse de 0,25% à 5440 points.

LA CLAQUE DU JOURVivendi. Moins 4%. Après l'échec de Canal+ sur les droits de la Ligue 1, c'est tout le modèle Canal qui est remis en cause.

Le ttso du jour

Ça se tend. Comme en réponse aux inquiétudes de l'OCDE (voir plus haut), l'Insee annonce aujourd'hui un ralentissement de la croissance française. Il révise ses prévisions pour le Q1 à +0,2% (vs +0,3% attendu) ce qui est carrément 3,5x moins bien que ce que nous avons connu en 2017 (+0,7% à chaque trimestre). En cause, la baisse de l'investissement des ménages (dont la croissance est divisée par 3) et surtout un effondrement de celui des entreprises.... dont la croissance est divisée par 12 (passant de +1,2% au Q4 2017 à +0,1% au Q1 2018) ! Dans les deux cas, des indices de confiance.N'oubliez pas de vous abonner à l'excellente newsletter du soir de TTSO.

La mauvaise ambiance du jour

Forum annuel de l'OCDE. États-Unis et Europe. Nombreux sujets de discorde avec les menaces de droits de douane sur les produits importés aux États-Unis. L'Europe impuissante face aux États-Unis. Impuissante et énervée par son impuissance. Mauvaise ambiance.

La réforme du jour

La réforme des retraites. C'est le prochain gros chantier du gouvernement. La consultation sur le sujet démarre aujourd'hui.On s'achemine vers un système de retraites par points. Le gouvernement va devoir s'attaquer aux 42 régimes spéciaux. Et à l'alignement nécessaire entre les retraites du public et du privé. Bon courage. On ne devrait pas toucher à l'âge du départ à la retraite. 62 ans.

No comment

Trump a reçu Kim Kardashian pour parler de la réforme carcérale aux États Unis : tweet "Great meeting with @KilKardashian today, talked about prison reform and sentencing".

On s'en fout?

Woerth a été mis en examen mais il reste à la tête de la Commission des Finances; Le mois de mai a été le plus orageux depuis 10 ans; Le Jardin d'Acclimatation ouvre demain après 9 mois de travaux : le cauchemar des parents recommence; Le bitcoin glisse doucement mais sûrement à 7500 dollars : une déconvenue pour ceux qui pensaient que ça ne pouvait que monter; La baisse des ventes de smartphones dans le monde continue, 0.3% en 2017, 0.2% prévu en 2018; Aux États Unis un patron gagne 275 fois plus qu'un employé (Les Échos).

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