Vous faites partie des 4 français sur dix à payer l'impôt sur le revenu et vous souhaitez réduire votre facture fiscale ? Difficile malheureusement de s'y retrouver dans la jungle de produits disponibles permettant de diminuer votre impôt. En fonction de votre fiscalité de base et selon vos attentes, il peut y avoir plusieurs dispositifs accessibles. Voici quelques conseils pour que votre investissement qui devrait vous aider à diminuer votre impôt ne tourne pas au cauchemar. 
 

1 - Gare à la peur de la pression fiscale et à l'appât du gain

Chaque année au printemps, vous remplissez votre déclaration et chaque année vous grincez des dents en voyant le montant de l'impôt à payer. Pour faire taire cette sensation qui vous démange, les solutions de défiscalisation vous viennent en tête. Avec deux questions qui vous paraissent essentielles et qui motivent votre investissement : Quelle gomme à impôt choisir ? Et avec quelle perspective de rendement ? 
 

Pour réduire sa facture fiscale, un contribuable a l'embarras du choix en matière de produits disponibles avec deux grandes stratégies possibles : la déduction ou la réduction. La déduction intervient avant le calcul de l'impôt. Et le produit phare, cité par 99% des conseillers en gestion de patrimoine est bien sûr le PERP, le Plan d'épargne retraite populaire convient parfaitement aux contribuables aux tranches marginales d'imposition élevées et non aux revenus plus modestes où l'efficacité du dispositif discutable pour ne pas dire nulle.  

Les réductions d'impôt permettent une ristourne sur le montant de l'impôt à payer quel que soit la tranche marginale d'imposition. Et du coup, l'éventail de produits disponibles est beaucoup plus large. Les cinéphiles jetteront naturellement leur dévolu sur les SOFICA dans l'optique de soutenir l'industrie du cinéma (mais aussi à la réduction d'impôt de 48% à, il ne faut pas se leurrer). Les buisness angels dans l'âme seront sensibles aux produits dédiés aux investissements dans les Petites et moyennes entreprises avec les Fonds commun de placement dans l'innovation (FCPI) ou les Fonds d'investissement de proximité (FIP).  

En souscrivant à ce type de produits, n'espérez pas pour autant tomber sur le carton de l'année qui fera décoller votre investissement. L'attrait de la carotte fiscale ne doit pas vous conduire à investir dans des FIP ou dans des FCPI, qui sont par nature des placements risqués, si vous êtes profondément allergique au risque. Il faut également que les placements choisis soient compatibles avec l'horizon d'investissement. Derrière ce cadeau fiscal, il y a une contrepartie et non des moindres. Le législateur exige ainsi souvent le blocage des fonds engagés pendant de longues durées (de 5 à 15 ans selon les dispositifs), toute sortie anticipée impliquant la remise en cause des économies d'impôts. Ne mobilisez pas des fonds sur 5 voire 10 ans, si vous avez un besoin impérieux de liquidités à court terme ou que vous n'avez pas de visibilité sur vos revenus.


Vous avez des questions sur la défiscalisation ? Nos conseillers vous accompagnent par téléphone, par email ou bien en agence

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2 - L'avis de l'expert : Yannick Hamon, PDG de MonFinancier

Minorer sa base taxable est la quête du graal pour toute personne qui estime payer trop d'impôts. Mais gare au miroir aux alouettes. Si l'Etat vous octroie une réduction d'impôt allant jusqu'à 48% du montant investi, ce n'est pas par pure générosité.

La puissance publique veut drainer l'épargne vers des secteurs ou des zones géographiques structurellement déficients (énergies renouvelables, Outre-mer, pêche etc.), pour soutenir le rayonnement culturel français à l'étranger (cinéma) ou bien pour rediriger l'épargne vers des secteurs qui sont demandeurs de capitaux (investissement dans les PME) 

Il faut donc faut garder à l'esprit que les secteurs ou les zones géographiques sur lesquels les produits sont investis ne génèrent pas naturellement de la performance. Le législateur doit artificiellement donner un coup de pouce pour que le souscripteur soit incité à mettre la main au porte-monnaie. Sans les réductions d'impôts dont bénéficient ces produits de défiscalisation, rares sont ceux qui oseraient s'aventurer sur des investissements qui ne génèrent pas de performance.

"  Il faut partir du principe que son espérance de gain va être défaillante par rapport à des secteurs libres ". 

Vous avez déjà entendu un ami d'ami d'ami vous dire qu'il a réussi le coup du siècle en ayant défiscalisé et réussi à dégager 20% de rendement avec cet investissement. Soit, il a rajouté un zéro ou bien son coup du siècle s'est transformé en cauchemar à tel point qu'il est gêné de vous avouer qu'il s'est bien fait rouler dans la farine. Ce qui va suivre va risquer de vous surprendre : les produits de défiscalisation existent parce que la puissance publique veut soutenir une zone géographique ou un secteur déficient. Partant de ce postulat, le remboursement du capital investi n'a rien de garanti. Ces produits sont montés de telle sorte que l'on récupère globalement ce que l'on a investi, car le gain fiscal est le plus souvent absorbé par les pertes en capital.  

La carotte fiscale permet ainsi de compenser l'absence de rendement intrinsèque du placement. Une fois que ce principe est acquis par le souscripteur, celui-ci doit adopter une autre règle de bonne défiscalisation. Pour que le bénéfice de l'investissement soit le plus puissant possible, il est sage d'adapter sa stratégie patrimoniale en fonction de sa tranche marginale d'imposition, mais aussi de sa sensibilité au risque. 

" La clé d'une défiscalisation réussie est condition de bien utiliser sa réduction d'impôt en fonction de sa fiscalité, de l'horizon et de la visibilité de vos revenus " 

Si l'objectif est uniquement de réduire l'impôt de l'année suivante, sans volonté de retour sur investissement, il reste une solution sans risque : le don. Donner aux organismes d'aide aux personnes en difficulté ouvre droit à une réduction d'impôt de 75% dans la limite de 529 euros  ou de 66% dans la limite du revenu imposable. Comme le chante si bien Enrico Macias, dans son mythique Mendiant de l'Amour, " Donnez, donnez, [...] Dieu vous le rendra... ". 

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3 - Quel dispositif pour quelle réduction/déduction d'impôt ?

Voici une fiche récapitulative pour vous aider à choisir le produit de défiscalisation qui siéra à votre situation fiscale, à votre sensibilité au risque et à votre horizon de " défiscalisation ".
 

La réduction d'impôts : elle intervient après le calcul de l'impôt. 


3.1 Souscription au capital de petites et moyennes entreprises ( IR-PME) 

Réduction d'impôt de 18 % du montant des souscriptions dans la limite de :

  •     50 000 ? pour un contribuable seul 
  •     100 000 ? pour un couple


Impact de défiscalisation : Année en cours
Horizon de placement : 5 ans minimum.  
Fourchette de sortie : 20%/150% 

Dispositif intéressant si vous payez entre 2 à 5000 euros d'impôts      


Niveau de risque  :                    

Cette réduction IR est soumise au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 euros, mais l'excès de réduction IR non utilisée est reportable sur les 4 années suivantes

3.2 Souscriptions de parts de FCPI et de FIP 

Réduction d'impôt de 18 % du montant des versements effectués au cours de l'année d'imposition au titre des souscriptions de parts de FCPI, retenus dans la limite annuelle de : 

  • 12 000 ? pour les contribuables célibataires, veufs ou divorcés ;
  • 24 000 ? pour les contribuables mariés ou liés par un Pacs.

La réduction d'impôt s'élève à 38 % en cas de souscriptions de parts de FIP investis en Corse et à 38 % en cas de souscriptions de parts de FIP en Outre-mer.

Impact de défiscalisation : Année en cours
Horizon de placement : 5 ans minimum.  
                                      Plutôt 8/10 ans dans les faits. 
Fourchette de sortie : 20%/150% 


Dispositif intéressant si vous payez entre 2 à 5000 euros d'impôts      

Niveau de risque :                           

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3.3 Souscriptions au capital de SOFICA 

Réduction d'impôt de 30 % des souscriptions (ou de 36 % voire 48% si la SOFICA s'engage à consacrer au moins 10 % de ses investissements à certaines dépenses), retenue dans la double limite de 25 % du revenu net global et de 18 000 ?.

Dispositif intéressant si vous payez entre 2 à 5000 euros d'impôts       


Impact de défiscalisation : Année en cours
Horizon de placement : 6 à 10 ans 
Fourchette de sortie : 65%/85% 

A noter que les SOFICA bénéficient d'un plafond spécificité majoré à 18.000 euros

Niveau de risque :                           

 

3.4 Secteur locatif privé : dispositif Pinel

La réduction d'impôt est calculée du montant de l'acquisition dans la limite de 300.000 euros, pour une location de 6, 9 ou 12 ans.

  • 12 % pour les logements acquis en métropole et 23 % pour les investissements réalisés en outre-mer avec un engagement de location de 6 ans ;
  • 18 % pour les logements acquis en métropole et 29 % pour les investissements réalisés en outre-mer avec un engagement de location de 9 ans ;
  • 21 % pour les logements acquis en métropole et 32 % pour les investissements réalisés en outre-mer avec un engagement de location de 12 ans.

Réduction d'impôt répartie sur 6, 9 ou 12 années.

Dispositif intéressant si vous payez entre 2 à 5000 euros d'impôts      


Niveau de risque :           

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3.5 Dépenses de restauration immobilière dans le cadre de la loi Malraux  

La réduction d'impôt varie en fonction du montant des dépenses de travaux de restauration complète d'un immeuble bâti dans la limite de 400 000 ? pour une période de 4 années consécutives : 

  • 30 % pour les immeubles situés : 
  1. dans un Site Patrimonial Remarquable (SPV) avec PSVM (plan de sauvegarde et de mise en valeur) approuvé, dans un QAD (quartier ancien dégradé) ou dans un quartier conventionné.
  • 22 % pour les immeubles situés :
  1. dans un site patrimonial remarquable avec plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine (PVAP) ou dont le programme de restauration a été déclaré d'utilité publique.

Horizon de défiscalisation: 2/3 ans 
Horizon de placement: 6 à 10 ans 

Dispositif intéressant si vous payez au minimum 10.000 euros d'impôts.

A noter que l'investissement en loi Malraux n'est pas soumis au plafonnement des niches fiscales


Niveau de risque :           


3.6 Groupements fonciers forestiers 

Réduction d'impôt de 18 % du prix d'acquisition ou de souscription des parts, retenu dans la limite annuelle : 

  • 5 700 euros de dépenses pour un célibataire
  • 11 400 euros pour un couple

Dispositif intéressant si vous payez au minimum 2500 euros d'impôts.    

Impact de défiscalisation : Année en cours
Horizon de placement : 8 ans minimum


Niveau de risque :           


Cette réduction IR est soumise au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 euros, mais l'excès de réduction IR non utilisée est reportable sur les 4 années suivantes

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3.7 Dispositif Girardin Industriel

Réduction de 110 à 115% environ du montant investi selon le monteur du Girardin sélectionné et le montant de l'investissement réalisé dans l'année. 

Investissement plafonné à 52 941 euros par an. 
Impact de défiscalisation : année en cours  
Horizon de placement : 1 an 

Dispositif intéressant si vous payez au minimum 3500 euros d'impôts    

A noter que le Girardin Industriel bénéficie d'un plafond spécifique majoré à 18.000 euros

Niveau de risque :                             

 

3.8 Déduction d'impôts 

La déduction intervient avant le calcul de l'impôt. Elle correspond à un droit de diminuer le revenu global que vous déclarez. Par exemple, la déduction pour frais professionnels de 10 % : si vous avez un revenu de 40.000 euros, vous pouvez déduire 10 % (voire plus si vous êtes en frais réels et que vous pouvez justifier de frais plus élevés), soit 4.000 euros de votre revenu. Vous ne déclarez donc que 36.000 euros.

Dépenses de restauration immobilière dans le cadre de la loi Monuments Historiques : 
La déduction d'impôt se fait selon la TMI
Horizon de défiscalisation : 2/3 ans 
Horizon de placement : 15 ans

Dispositif intéressant si vous payez au minimum 10.000 euros d'impôts    .    


Niveau de risque :           

Versements dans un Plan d'Epargne Retraite Populaire : 
La déduction d'impôt se fait selon la TMI. Les versements effectués sur un PERP sont déductibles du revenu global. 
Montant de l'investissement : 10% des revenus de l'activité professionnelle.  
Horizon de défiscalisation : Jusqu'à la retraite
Horizon de placement : Jusqu'à la retraite

Dispositif intéressant si vous payez au minimum 5.000 euros d'impôts.    

Niveau de risque                                     

Risque variable en fonction de l'allocation. 

 

Le gain fiscal dépend donc de votre tranche marginale d'impôts sur le revenu (TMI). Plus elle sera élevée, plus la déduction présente un intérêt pour le contribuable. En déduisant 4000 euros de son revenu imposable, un contribuable soumis à la tranche marginale de 14% bénéficiera ainsi d'une réduction de 560 euros alors qu'une personne soumise à la tranche marginale à 41% aura elle une réduction de 1.800 euros. Une réduction trois fois plus élevée...

Plus sa TMI est élevée, plus un contribuable devra privilégier une déduction d'impôts. Le Plan épargne retraite populaire (PERP) convient parfaitement aux contribuables aux tranches marginales d'imposition élevées pendant leur vie active. Les apparences sont trompeuses, le PERP n'a donc rien de populaire contrairement à ce que son nom complet laisse entendre... 


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Attention aux plafonds


Chaque catégorie de produits de défiscalisation a son propre plafond.

L'investissement dans un FIP Corse permet à son souscripteur de bénéficier de 38%* de réduction d'impôt sur le revenu dans la limite de 12 000 euros pour un célibataire et de 24 000 euros pour un couple, soit une réduction d'impôts potentielle maximum de 4 560 euros pour un célibataire et de 9 120 euros pour un couple.

Toutefois, les réductions d'impôt sur le revenu pour investissement dans les FIP/FCPI, FIP Corses, GFF, investissement direct PME ou investissement dans un programme immobilier défiscalisant (type Pinel), sont prises en compte dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 euros (Loi de Finances pour 2015). L'ensemble des réductions accordées ne peut pas dépasser 10 000 euros.

La réduction d'impôt sur le revenu pour investissement dans les SOFICA et en Girardin Industriel bénéficie d'un plafond supplémentaire de 8000 euros. Au delà de 8 000 euros, les réductions sont prises en compte dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 euros par foyer fiscal (Loi de Finances pour 2015).

Lorsqu'il a atteint ces plafonds, le contribuable n'a donc plus d'intérêt fiscal à faire des investissements donnant droit à des réductions d'impôt. Il peut en revanche réaliser des investissements donnant droit à une déduction d'impôt, comme verser dans un Plan d'épargne retraite populaire (PERP).

Les primes versées au cours d'une année dans un PERP par exemple sont déductibles du revenu imposable au titre de cette même année dans la double limite de 10 % des revenus professionnels de l'année précédente N - 1 (dans la limite de 8 fois le PASS), ou 10 % du PASS.

4 - Pourquoi faut-il privilégier la réduction à la déduction d'impôt en 2018

Chaque année, c'est toujours la même rengaine pour réduire les impôts que vous payerez l'année prochaine, et faire le tri dans la jungle de produits de réduction, ou de déduction d'impôt. Surtout que cette année se rajoute une nouvelle complexité : la mise en place du prélèvements à la source pour 2019, et l'année blanche en 2018. En réalité, cette réforme simplifie beaucoup de choses pour 2018 car, dans la plupart des cas, il faudra privilégier les produits de réductions d'impôt.
 

4.1 Déductions et réductions : Qu'est ce que ça change ?

La déduction intervient avant le calcul de l'impôt. Elle correspond à un droit de diminuer le revenu global que vous déclarez.
Par exemple, la déduction pour frais professionnels de 10 % : si vous avez un revenu de 40.000 euros, vous pouvez déduire 10 % (voire plus si vous êtes en frais réels et que vous pouvez justifier de frais plus élevés), soit 4.000 euros de votre revenu. Vous ne déclarez donc que 36.000 euros.
Le gain fiscal dépend donc de votre tranche marginale d'impôts sur le revenu (TMI). Plus elle sera élevée, plus la déduction présente un intérêt pour le contribuable. En déduisant 4000 euros de son revenu imposable, un contribuable soumis à la tranche marginale de 14% bénéficiera ainsi d'une réduction de 560 euros alors qu'une personne soumise à la tranche marginale à 41% aura elle une réduction de 1.800 euros. Une réduction trois fois plus élevée...

Plus sa TMI est élevée, plus un contribuable devra privilégier une déduction d'impôts.

Autre exemple de déduction : Celle pour les versements réalisés dans un Plan d'épargne retraite populaire (PERP).
Les primes versées au cours d'une année sont déductibles du revenu imposable au titre de cette même année dans la double limite de 10 % des revenus professionnels de l'année précédente (retenus dans la limite de 8 fois le Plafond annuel de sécurité sociale) ou 10 % du Plafond annuel de sécurité sociale. En contrepartie, l'épargnant ne pourra profiter de son effort d'épargne qu'une fois la retraite de base liquidée ou à l'âge de 62 ans.

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La réduction intervient après le calcul de l'impôt. Vous déclarez 36.000 euros de revenus et avez par exemple 3.000 euros d'impôts à payer. Si vous faites un don de 500 euros dans un organisme permettant une réduction de 75 %, vous obtiendrez une réduction de 375 euros et n'aurez plus que 2.625 euros d'impôts à payer. Ici, la réduction est la même quelle que soit la TMI. 

Entre 1 euro de déduction et 1 euro de réduction, il vaut mieux choisir la réduction puisqu'elle s'applique directement sur votre impôt. Dans la pratique, c'est un peu plus compliqué car les produits de réductions au titre de l'impôt sur le revenu (FIP, FCPI, FIP Corse etc...), offrent des réductions comprises entre 18* % et 38* % de l'investissement réalisé, alors que les déductions (ex : le PERP) permettent généralement de déduire tout le versement. Si vous êtes dans une tranche élevée, le gain d'une déduction monte donc à 41 ou 45 %.
Mais les contribuables soumis à la tranche à 30% ou à 14% auront plus intérêt à faire du FIP Corse (38*%)

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4.2 Réduction d'impôt et année blanche

Avec le passage au prélèvement à la source en 2019, les revenus de l'année 2018 se seront, sauf exceptions, pas imposés. En effet : 

  • En 2018, les contribuables doivent payer les impôts calculés sur les revenus de 2017. 
  • Et en 2019, ils devront payer les impôts directement sur les revenus 2019

Quid alors du bénéfice des niches fiscales attachées à des dépenses réalisées en 2018 ?

Pour le gouvernement, impossible de suspendre les crédits d'impôt l'année de transition sous peine de plomber certaines filières (emploi à domicile, bâtiment, associations caritatives).

Les crédits d'impôt seront donc maintenus et continueront d'être perçus par le contribuable en 2019.

Ainsi, si vous réalisez en 2018 un investissement dans un FIP ou un FCPI offrant une réduction IR, une SOFICA, un investissement immobilier Pinel ou Malraux, ou encore si vous faites un don à une association caritative, vous allez le déclarer en mai l'année prochaine, comme chaque année. Si vous avez des revenus exceptionnels, vous aurez donc des impôts à payer. La réduction obtenue s'applique donc sur ces impôts à payer. Si la réduction est plus importante que l'impîôt à payer, ou si vous n'avez pas de revenus exceptionnels,  vous recevrez un remboursement de l'administration fiscale au deuxième semestre 2019. 

Au final, le prélèvement à la source ne change pas vraiment la donne pour les investissements donnant droit à une réduction ou à un crédit d'impôt. Comme chaque année, vous allez percevoir le bénéfice de votre investissement défiscalisant l'année suivante. Pour les investissements réalisés en 2018, comme vous ne payerez probablement pas d'impôt sur les revenus 2018, vous recevrez un chèque du fisc en 2019.

Une différence importante est toutefois à noter : À partir de 2019, vous payerez chaque mois un impôt prélevé à la source, basé sur vos revenus. Cet impôt ne prend en compte aucun investissement défiscalisant, contrairement au système actuel de tiers prévisionnels (ou mensualisation) qui prend en compte l'impôt payé l'année précédente et donc les réductions obtenues l'année précédente. Les contribuables habitués à bénéficier chaque année de réductions importantes verront donc leurs impôts mensuels augmenter, avant de se voir rembourser une partie à l'automne lors de la régularisation.

Néanmoins, pour éviter de surimposer trop de contribuable, le fisc a mis en place quelques exceptions : À partir de 2019, un acompte de crédit d'impôt de 60% des crédits d'impôt de l'année précédente concernant certaines dépenses sera versé dès le mois de janvier. Le solde sera versé en à l'été 2019, après la déclaration de revenu qui permettra de déclarer le montant des dépenses engagées sur l'année ouvrant droit au crédit d'impôt. Le montant minimum de versement de cet acompte sera de 8 euros. 

Cette avance ne sera faite que pour les frais donnant droit aux avantages fiscaux suivants, à savoir :

  • Emploi d'un salarié à domicile, y compris une garde d'enfant 
  • Garde d'enfant de moins de 6 ans hors du domicile (crèche, garderie ou assistante maternelle agréée)
  • Dépenses de dépendance (Ehpad)
  • Investissement locatif (Pinel, Duflot, Scellier, investissement social et logement dans les DOM, Censi-Bouvard)
  • Dons aux oeuvres, des personnes en difficulté et des cotisations syndicales.

Pour le reste (ex : FCPI-FIP et SOFICA), il n'y aura pas d'acompte en janvier. Ce qui signifie que toute la somme à réduire sera remboursée à l'été 2019. 

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4.3 Les déductions d'impôt pénalisées en 2018... et 2019

Le fait que les revenus de 2018 ne devraient pas être imposés est un gros coup dur pour les produits d'épargne retraite. Et notamment le PERP (Plan d'épargne retraite populaire) dont l'intérêt principal est de pouvoir déduire de son revenu imposable les versements qui y sont effectués (dans certaines limites) et en contrepartie d'un blocage jusqu'à la retraite.

Si les revenus de 2018 ne sont pas imposés au titre de l'année de transition, les déductions qui permettent de réduire ces revenus n'auront aucun intérêt.

Lors des discussions dans l'hémicycle pour le vote de la loi en 2016, le gouvernement de François Hollande n'avait pas souhaité faire un geste pour le secteur : " Les contribuables qui décideront de ne rien verser cette année-là au motif que le versement ne sera pas déduit de leur revenu imposable perdront tout bonnement une année de cotisation ", avait précisé le secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert. Mais le gouvernement semblait oublier que la déduction d'impôt est le principal intérêt de ces produits " tunnels ", qui sont bloqués jusqu'à la retraite.

Prenons l'exemple d'un célibataire soumis aujourd'hui à la tranche à 41% et qui fait des versements de 3000 euros par an dans un PERP. En temps normal, ces versements lui donnent une réduction d'impôt de 1230 euros par an.Mais son versement de 3000 euros en 2018 ne lui donnerait pas cet avantage.Par contre, ces 3000 euros seront bloqués jusqu'à la retraite. Et s'ils permettraient d'augmenter la rente à la retraite, cette rente sera imposée à l'IR (disons 30% si on considère une baisse des revenus de 50%) ET aux prélèvements sociaux (actuellement 9.8%)

On voit bien que l'intérêt du PERP réside presque exclusivement dans la déduction d'impôt pour chaque versement et que sans déduction, l'épargnant a tout intérêt à interrompre ses versements pour 2018. 

Le nouveau gouvernement a passé l'été à étudier les défaillances du nouveau système. Les professionnels de l'assurance espéraient donc un geste pour soutenir les produits d'Épargne Retraite en 2018. 

Mais plutôt qu'une carotte fiscale, le nouveau gouvernement a choisi le bâton : pour éviter que les contribuables ne suspendent leurs versements jusqu'en 2019, les députés ont voté une mesure anti-optimisation. La loi de finances rectificative prévoit en effet que, si le montant versé en 2018 est inférieur à la fois à celui versé en 2017 et à celui versé en 2019, le montant des versements déductibles pour l'imposition des revenus de 2019 sera égal à la moyenne des sommes versées en 2018 et 2019. 

Reprenons notre exemple d'un célibataire soumis aujourd'hui à la tranche à 41% et qui fait des versements de 3000 euros par an dans un PERP.



Au final, l'avantage obtenu en maintenant ses investissements en 2018 ou en les décalant à 2019 est le même. Le gouvernement espère ainsi que l'épargnant ne va pas toucher à ses versements de 2018. Mais si la réduction est la même, l'épargnant aura donc quand même intérêt à attendre et à différer ses investissements, d'autant qu'il ne peut jamais être sur qu'il n'aura pas, en 2019, un besoin d'argent qui le contraindra à interrompre ses versements dans le PERP. Il aurait alors versé en 2018 pour rien... Par ailleurs, la réduction de 20.5% est relativement faible pour un investissement bloqué jusqu'à la retraite et qui sera imposé à la sortie, sous forme de rente, à un taux peut-être supérieur à 20.5% surtout quand on sait que les prélèvements sociaux s'élèvent déjà à 9.8%. Sachant qu'on a pris le cas d'une personne aisée soumise à une TMI de 41%. Pour une TMI de 30%, l'avantage est encore moindre (15%) et l'intérêt est quasiment nul pour une personne soumise à une TMI de 14%.

Dès lors, l'épargnant aura donc intérêt en réalité à différer ses investissements jusqu'à 2020 (il bénéficiera du report du plafond 2018 et 2019) afin d'obtenir une déduction sur 100% de ses versements. Car le PERP est un bon investissement surtout quand la déduction bat son plein.

Pour défiscaliser cette année, privilégiez les produits de réductions au titre de l'impôt sur le revenu (FIP, FCPI, FIP Corse etc...), qui offrent des réductions comprises entre 18* % et 38* % de l'investissement réalisé,

>> Je demande une information sur notre sélection de FIP-FCPI


4.4 L'exception des revenus exceptionnels

Comme d'habitude avec la fiscalité française, il y a des exceptions. Car tous les revenus de 2018 n'échapperont pas à l'impôt. Pour éviter l'optimisation, l'administration fiscale a quand même prévu d'imposer en 2019 certains revenus exceptionnels réalisés en 2018.

Il faudra tout de même déclarer ses revenus 2018 à l'administration fiscale au printemps 2019. Officiellement, le but est d'actualiser le taux de prélèvement à la source. En réalité, l'administration va calculer l'impôt à payer sur les revenus de 2018. Pour annuler cet impôt à payer, le fisc va donner aux contribuables un " crédit d'impôt modernisation recouvrement " (CIMR) dont l'objectif est d'annuler l'impôt qui aurait dû théoriquement être versé sans passage au prélèvement à la source. Cette technique va surtout permettre à l'administration fiscale d'éviter les abus. En effet, si le fisc voit que les revenus de 2018 sont exceptionnellement élevés par rapport aux années précédentes, ils pourraient décider de donner un crédit d'impôt plus faible (et donc soumettre le contribuable à un impôt supplémentaire en septembre 2019). 

Voici une liste non exhaustive des revenus considérés comme exceptionnels :

  • Indemnités de rupture du contrat de travail (pour leur fraction imposable uniquement), hors indemnités de fin de CDD ou de missions (primes de précarité) 
  • Indemnités de cessation des fonctions des mandataires sociaux et dirigeants 
  • Indemnités de clientèle, de cessation d'activité et celles perçues en contrepartie de la cession de la valeur de la clientèle 
  • Indemnités, allocations et primes versées en vue de dédommager leurs bénéficiaires d'un changement de résidence ou de lieu de travail 
  • Prestations de retraite servies sous forme de capital 
  • Pour les indépendants, si le bénéfice de 2017 est supérieur à ceux enregistrés les trois années précédentes, la différence serait imposable (mais il sera restitué si l'entreprise est en croissance en 2019) 
  • Aides et allocations capitalisées servies en cas de conversion, de réinsertion ou pour la reprise d'une activité professionnelle 
  • Sommes perçues au titre de la participation ou de l'intéressement et non affectées à la réalisation de plans d'épargne entreprise (PEE, PERCO) ou retirées d'un plan d'épargne en dehors des cas légaux de déblocage 
  • Sommes de la monétisation de droits inscrits sur un compte épargne temps pour ceux qui excèdent 10 jours 
  • Gratifications surérogatoires, quelle que soit la dénomination retenue par l'employeur

Si vous avez perçu ou allez percevoir ce type de revenus en 2018, il est possible d'éviter l'imposition dessus en les versant dans un PERP

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