C'est le nouveau mot à la mode dans les cercles économiques. La stagflation. La combinaison de l'inflation avec la stagnation économique. Un scénario qui gagne du terrain avec la hausse du prix des matières premières et en particulier la hausse du pétrole.
On a eu il y a quelques mois un grand débat pour savoir si on était plutôt en déflation ou en inflation. Les marchés ont tranché, ce sera l'inflation: il faut dire qu'ils ont été aidés par la hausse spectaculaire des matières premières alimentaires puis par celle du pétrole. Et maintenant le plat à la mode dans les menus du jour à Wall Street ou à la City c'est la stagflation. La combinaison de l'inflation avec une croissance nulle. Le raisonnement des défenseurs de cette thèse qui gagne du terrain c'est que la hausse des prix va freiner la croissance des pays émergents et tuer dans l'oeuf la reprise économique des pays dits développés.
Est-ce que c'est un scénario crédible ?
C'est un scénario typique par exemple des grands chocs pétroliers, or il est encore trop tôt pour dire si nous sommes dans un vrai choc pétrolier. Ce qu'on sait c'est qu'on est dans un cycle dont on ne connaît pas la durée de hausse des prix. Au moins pour 12 à 18 mois. Le côté inflation de la stagflation est donc crédible. Reste le côté stagnation. Du côté des pays émergents, la croissance va ralentir. C'est une certitude. Mais elle va rester positive.
Tout va donc se jouer dans les pays développés
Pour qu'on ait la composante stagnation de la stagflation il faut qu'on ait une rechute de la croissance aux Etats-Unis et en Europe. En Europe c'est possible car en dehors de l'Allemagne et de quelques pays privilégiés, l'Europe ne décolle pas économiquement. Reste les Etats-Unis. Les indicateurs économiques publiés hier, les rapports de la banque Centrale et les chiffres de l'emploi devraient confirmer une reprise. Mais une reprise qui n'est pas dans les normes des reprises de sortie de crise. Le scénario de la stagflation est crédible même si ce n'est pas mon scénario. En tous cas, il va être largement débattu dans les semaines qui viennent.