jeudi14février

Dans l'hexagone, Paris fait figure d'exception avec un marché immobilier qui " défie la gravité ". Dans la Capitale, les prix se sont enflammés de 291% en 15 ans et surtout de 33% par rapport au niveau d'avant la crise de 2008 explique Primeview dans son dernier édito. Mais pas que... Partout dans le monde, la baisse des prix de l'immobilier a atteint entre -20% et -60% ces derniers temps, après une hausse d'une ampleur similaire à ce que la France a connu depuis 15 ans.

    Primewiew se pose la question suivante : " comment expliquer un tel paradoxe, dans un contexte de stagnation de l'économie et de désolvabilisation avancée des ménages ? " Pour le bureau d'études, cette anomalie s'explique d'abord par un effet statistique, lié à la nature de l'indice global des prix de l'immobilier pour Paris. En ne prenant pas en considération l'effet volume de transactions, l'indicateur ignorerait les pressions baissières déjà à l'oeuvre sur certains segments du marché parisien.

    Depuis septembre 2011, les auteurs de l'étude ont constaté, un ralentissement sensible du nombre de transactions enregistrées dans la capitale, confirmé par les chiffres publiés par la Chambre des Notaires de Paris en novembre, qui font état d'un recul de -19% en glissement annuel au troisième trimestre 2012. Pour Primeview, cette inversion de tendance traduit surtout le fait que les ménages les moins solvables se sont progressivement retirés du marché, " rendant les fondations de la hausse des prix de l'immobilier depuis 4 ans très fragiles (le prix actuel n'est plus qu'un prix marginal) ". " En d'autres termes, si l'attractivité actuelle des prix poussait les ménages propriétaires à mettre en vente leurs biens, cela entraînerait immédiatement une correction massive de l'indice de par l'incapacité de la demande à répondre à ce surplus d'offre. " ajoutent les auteurs.

    Dans ces conditions, seuls les ménages aux revenus les plus élevés ont pu rester acheteurs d'immobilier à Paris au cours des dernières années, profitant de la baisse massive des taux d'emprunt sur la période. Illustration : le marché haut de gamme a conservé son dynamisme puisque les transactions supérieures à 500 000 euros n'ont jamais été aussi importantes qu'aujourd'hui, avec plus de 30% du total en 2011 et 2012. Cette vitalité de ce segment d'exception occulte les baisses déjà en cours sur les segments de moindre qualité. Ce qui a influencé le prix moyen de l'immobilier parisien. Mais pas pour longtemps explique Primeview. Les auteurs basent leur prédiction sur les données de l'agence Barnes. L'agence immobilière haut de gamme a souligné récemment que les biens d'exception souffrent à son tour, avec une baisse des volumes de transactions encore plus importante que pour l'ensemble du marché : -42% pour les transactions supérieures à 2 millions d'euros et -28% pour les transactions comprises entre 1 et 2 millions d'euros en 2012. Dans ces conditions, Primeview souligne que le second semestre 2012 " peut être considéré comme le point de départ d'un long processus de correction de l'indice global des prix de l'immobilier parisien ", qu'il estime devoir atteindre entre -35% et -45% dans les 5 à 10 ans qui viennent.

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