Le paiement par chèque au profit des Finances publiques est appelé à disparaître. Le calendrier se précise : une première étape vise les entreprises avec le budget 2026, puis les particuliers à l’été 2027, avant un possible arrêt total à horizon 2028.
- Le budget 2026 prévoit la fin du paiement des impôts par chèque pour les entreprises (après promulgation).
- Pour les particuliers, l’échéance avancée est l’été 2027, liée à la fin d’un contrat (Tessi) et à la fermeture d’un site à Rennes.
- La DGFiP évoque, dans un document interne, une disparition des encaissements par chèque « à horizon 2028 ».
- Le chèque représente aujourd’hui moins de 2% des paiements hors cash, selon la Banque de France.
- Les alternatives mises en avant incluent PayFip.gouv.fr et, à terme, Wero (selon Le Monde).
Le chèque adressé à l’ordre des Finances publiques est sur la voie de la disparition. Après des signaux envoyés depuis plusieurs mois, l’administration fiscale avance désormais un calendrier plus précis, avec une première bascule dès 2026 et une seconde, majeure, à l’été 2027.
Une trajectoire évoquée dès juillet 2025
Le mouvement n’était pas une surprise, mais il se matérialise. En juillet 2025, Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques, indiquait déjà aux syndicats : « Il n'y a pas de date arrêtée (...) mais une réflexion est engagée sur l'avenir du chèque comme moyen de paiement au Trésor public ».
Entreprises : l’arrêt du chèque prévu avec le budget 2026
Une première étape est inscrite dans le budget 2026, définitivement adopté par le Parlement et actuellement examiné par le Conseil constitutionnel : le recouvrement des impôts par chèque pour les entreprises doit prendre fin.
Le texte n’est pas encore promulgué. Une fois ce cap franchi, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) pourra mettre un terme, sans délai, à ce mode de règlement pour les sociétés. « Elles étaient rares à le faire, mais cela envoie un signal », explique Amélie Verdier dans Le Monde.
Particuliers : une échéance fixée à l’été 2027
Pour les particuliers, le calendrier était jusqu’ici plus incertain. Il se précise désormais avec une date : l’été 2027. Cette échéance coïncide avec la fin d’un contrat avec un prestataire privé (Tessi) et la fermeture d’un centre de traitement à Rennes.
D’ici là, la DGFiP entend pousser des solutions alternatives pour réduire fortement le volume de chèques à encaisser. « La fin des encaissements par chèques peut ainsi s'envisager à horizon 2028 », écrit la DGFiP dans un document interne consulté et cité par Le Monde.
Contexte chiffré : d’après les dernières données de la Banque de France, le chèque pèse aujourd’hui moins de 2% des paiements hors cash, tous secteurs confondus, contre plus d’un tiers au début du 21e siècle.
Quels moyens de paiement seront mis en avant ?
PayFip.gouv.fr et le virement simplifié
Pour remplacer le chèque, l’administration met en avant le virement simplifié via PayFip.gouv.fr. Le mécanisme repose sur une validation depuis l’espace bancaire du payeur, sans saisie manuelle des coordonnées bancaires : le virement est prérempli. La DGFiP l’expliquait ainsi à MoneyVox en octobre dernier : « consiste à permettre au payeur de se connecter à son espace bancaire personnel, pour valider un virement qui est préparé automatiquement : il n'a pas de RIB/IBAN à saisir (...) ».
La DGFiP met également en avant la possibilité d’étaler un paiement en plusieurs fois.
Wero : une option citée pour la suite
Selon Le Monde, le fisc devrait aussi permettre prochainement aux particuliers de régler leurs factures Finances publiques ou leurs impôts via Wero, dont l’usage progresse en France.
Une inquiétude relayée en interne
Cette montée en puissance des paiements dématérialisés est contestée par des syndicats de la DGFiP, qui alertent sur les difficultés pour certains publics. « La dématérialisation est adaptée à un public autonome, mais ne peut que pénaliser nos usagers défavorisés, âgés, peu à l'aise avec l'informatique ou n'y ayant pas accès », regrette Sandra Demarcq, du syndicat Solidaires Finances publiques (citée par MoneyVox).