L’or a franchi un nouveau record avant de corriger nettement, entraînant argent et cuivre. Le bitcoin, lui, reste haut après une année 2025 très dynamique. Dans ce contexte, des experts expliquent comment aborder ces actifs « alternatifs » sans confondre diversification et pari.
- Jeudi 29 janvier, l’or a brièvement dépassé 5 500 dollars l’once, avant de perdre 10% vendredi et de finir à 5 087 dollars.
- Jean-François Faure invoque un contexte de « dédollarisation, dette et désordre » pour expliquer la dynamique de l’or.
- L’or « papier » est présenté comme un outil de trading, l’or physique comme une logique de conservation.
- L’argent est décrit comme plus volatil : une correction de 50% ou 60% est évoquée en cas de repli de l’or.
- Côté crypto, les particuliers se recentrent : le bitcoin pèse près de 80% des encours chez Coinhouse selon Thibault Desachy.
Le marché des « alternatifs » a connu une séquence agitée en fin de semaine. Jeudi 29 janvier, l’or a brièvement dépassé les 5 500 dollars l’once après plusieurs records d’affilée, avant de reperdre du terrain : -10% sur la journée de vendredi, pour un cours de 5 087 dollars en clôture.
Dans le sillage du métal jaune, l’argent et le cuivre ont également progressé. Le bitcoin, de son côté, reste à des niveaux historiquement élevés malgré une phase de consolidation, après une année 2025 qualifiée de spectaculaire. De quoi relancer une interrogation côté épargnants : peut-on encore investir quand les prix paraissent déjà proches d’un sommet ?
Pourquoi l’or enchaîne les records, puis corrige
Pour Jean-François Faure, directeur du groupe AuCoffre (cité par MoneyVox), la hausse récente n’est pas qu’un phénomène de marché. « Nous sommes dans ce que j'appelle la règle des trois D : la dédollarisation, la dette et le désordre. Ces trois facteurs sont aujourd'hui pleinement activés », explique-t-il.
Selon lui, la combinaison des tensions internationales, du niveau d’endettement public et de la remise en cause graduelle de la place du dollar conduit investisseurs et banques centrales à privilégier des actifs considérés comme plus robustes dans la durée. « Quand les pays réduisent leur exposition aux bons du Trésor américains, il faut bien remplacer ces réserves par quelque chose. Aujourd'hui, ce qui rassure, c'est l'or », souligne Jean-François Faure.
La perspective d’un repli n’est pas écartée. « Une baisse de 20 à 30% de l'or ne me choquerait absolument pas. Il suffirait, par exemple, qu'un conflit majeur se règle ou que les taux de la Fed (la banque centrale américaine NDLR) remontent franchement », prévient-il. Mais il distingue la logique : « Acheter de l'or, ce n'est pas parier sur sa hausse, c'est se protéger contre la perte de valeur des monnaies. »
Or physique et or papier : des usages qui ne se confondent pas
Reste à choisir le mode d’exposition. « L'or papier est avant tout un outil de trading. Il appartient au système financier », rappelle Jean-François Faure. À l’opposé, l’or physique renvoie davantage à une démarche de détention. « L'or est une monnaie qui n'appartient à personne et à tout le monde à la fois. Aucun État ne peut en décréter la valeur. »
Pour limiter le risque de « mauvais timing » sur des niveaux élevés, il met en avant la progressivité : « Le meilleur moment pour planter un arbre, c'était il y a vingt ans. Le deuxième meilleur moment, c'est aujourd'hui », dit-il, en défendant des achats étalés plutôt qu’un engagement massif en une seule fois.
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Argent métal : volatilité plus marquée que l’or
L’argent est parfois vu comme un substitut plus accessible. L’expert souligne pourtant une différence de nature : « Là où l'or est une monnaie, l'argent reste avant tout un métal industriel ». En conséquence, il réagit davantage aux anticipations économiques, avec des variations potentiellement plus fortes. « Si l'or consolide de 20%, l'argent peut très facilement corriger de 50% ou 60% », avertit-il, et résume : « L'argent est à l'or ce que les altcoins sont au bitcoin. »
Bitcoin en 2026 : moins marginal, toujours volatil
Après la hausse de 2025, l’année 2026 est présentée comme plus hétérogène. « Historiquement, le bitcoin suit un cycle de quatre ans, et 2026 pourrait logiquement être une année de transition », analyse Thibault Desachy, chez Coinhouse.
Pour lui, l’arrivée d’acteurs institutionnels a changé la donne : « Le bitcoin est désormais intégré dans des portefeuilles institutionnels via des ETF, des banques et des fonds souverains. Cette institutionnalisation modifie ses fondamentaux ». Il en découlerait des mouvements moins extrêmes, mais une dépendance plus visible aux paramètres macroéconomiques et géopolitiques.
Alexis Boeglin, directeur des opérations de CrypCool, met aussi en avant le lien avec les valeurs technologiques américaines. « Pour les investisseurs institutionnels, le bitcoin reste une valeur risquée mais très liquide, ce qui en fait un actif facile à arbitrer en période de tension », explique-t-il.
Si l’or, le bitcoin ou l’argent peuvent jouer un rôle de diversification, ils s’intègrent avant tout dans une réflexion globale de placement financier, aux côtés de solutions plus classiques comme le PEA ou le compte-titres, selon le profil et les objectifs de l’épargnant
Des actifs de complément, pas un substitut à l’épargne
Pour ces intervenants, investir « au sommet » n’est pas le bon angle. « Ces actifs n'ont pas vocation à remplacer l'épargne traditionnelle, mais à la compléter », résume Jean-François Faure. Chacun aurait une fonction distincte : l’or comme protection patrimoniale, le bitcoin comme actif alternatif en voie de normalisation, l’argent comme exposition plus spéculative. Et, dans tous les cas, l’arbitrage repose sur l’objectif, le montant que l’on accepte d’immobiliser et la volatilité que l’on peut supporter.