lundi26octobre

Le Mexique évoque instantanément les civilisations pré-hispaniques, et les mariachis. Et pour ses vestiges de civilisations exemplaires, et ses marchés colorés, ce pays d'Amérique Latine émerveille nombre de voyageurs. Sa position entre l'Atlantique et le Pacifique fait du Mexique, une terre de contrastes. L'automne qui s'invite dans l'hémisphère Nord nous pousse à faire nos bagages pour profiter des longues plages de sable blanc de Cancún. On devancera même le Pape François qui étudierait de se rendre au Mexique d'ici l'an prochain.

    Une solide charnière

    Quatorzième économie mondiale, membre de l'OCDE, le Mexique est, après le Brésil, la deuxième puissance économique en Amérique latine. Pour donner un ordre d'idée, le PIB mexicain est quatre fois plus élevé qu'un pays tel que le Maroc. Le pays des Mayas est surtout connu pour avoir une économie étroitement liée aux États-Unis puisqu'il est devenu l'arrière-cour des usines américaines. Et parmi celles-ci, on retrouve bon nombre de " maquilladoras ", les filiales de firmes étrangères installées le long de la frontière nord du Tigre aztèque. Leur nombre ont explosé dans le début des années 90 avec l'afflux d'investissements, notamment américains, du fait de son adhésion au GATT en 1986 (maintenant OMC), de l'ajustement du peso mexicain avec le dollar américain selon une parité fixe, et de taux d'intérêts très attrayants pour les investisseurs. Mais en 1994, le Mexique plongeait dans une crise, celle du peso mexicain, appelée couramment crise " Tequila ", en raison d'une monnaie qui apparaît alors très surévaluée.

    Le Mexique est, depuis, reparti sur des bases assainies. Au cours des dernières années, l'économie et les finances publiques ont retrouvé la stabilité, grâce à la création continue d'emplois et une inflation relativement contenue. Le Président Enrique Peña Nieto a même fait adopter une série impressionnante de réformes structurelles depuis son entrée en fonctions il y a trois ans.

    L'économie mexicain repose sur trois piliers : Tout d'abord, la production pétrolière (neuvième producteur et onzième exportateur mondial), qui a souffert de la chute des cours mondiaux de l'or noir. Le secteur industriel représente 36 % du PIB et 24 % de la population active. Le secteur aérospatial s'est fortement développé, tout comme l'automobile qui a propulsé le Mexique comme un des dix principaux lieux de production dans le monde. Enfin, le secteur tertiaire (60 % du PIB et 52 % de la population active) est très dynamique, et notamment le tourisme qui est pourvoyeur de plus de 5 millions d'emplois.

    Pour l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui a publié un rapport très complet sur le Mexique en janvier 2015, il convient de saluer le Pacto por Mexico, un "ambitieux programme de réformes structurelles visant à améliorer les conditions économiques et stimuler la croissance". Et si ces réformes sont bien suivies, l'OCDE prévoit une hausse du PIB mexicain de un point de pourcentage par an et par habitant sur les vingt prochaines années. Le Mexique davantage tourné vers les États-Unis, où l'économie reprend des couleurs, devrait tirer son épingle du jeu. Mais l'année 2015 pourrait cependant être une année " sans ", puisque le rythme de croissance de l'économie mexicaine pourrait être affecté négativement de 0,3 points de PIB. Des coupes budgétaires ont donc été annoncées pour préparer le pays à un prix bas du baril, y compris en 2015 et 2016.

    La Bolsa Mexicana de Valores, le S&P bis

    La particularité du Mexique, c'est sa proximité avec les États-Unis. Parier sur les actions mexicaines c'est donc d'une certaine manière faire un pari sur la reprise du géant américain. La Bourse mexicaine (Bolsa Mexicana de Valores, BMV) est la 5e plus grande place boursière du continent américain (en termes de capitalisation de marché domestique) et la 2e plus importante d'Amérique latine avec plus de 140 sociétés cotées négociant sur cette place boursière. L'IPC est l'indice principal de la Bourse mexicaine, il est composé des 35 sociétés les plus liquides sur ce marché.

    Investir en actions cotées sur la Bolsa Mexicana de Valores, c'est d'abord investir dans les télécoms et la consommation. A eux deux, ces secteurs représentent de manière équipondérée 50% de l'indice, et celui-ci est donc dépendant de la bonne santé du marché intérieur mexicain. Mais l'accroissement phénoménal en cours de la classe moyenne, qui a pratiquement doublé en 15 ans avec une hausse de son pouvoir d'achat constante, permet de soutenir la croissance domestique.

    La valeur vedette de l'indice phare de la Bourse du Mexique n'est autre qu'America Movil, l'opérateur qui fait partie de l'empire de l'entrepreneur mexicain Carlos Slim, le deuxième homme le plus riche du monde. Le Groupe America Movil présent dans 18 pays sur le continent américain, serait le 4ème opérateur de réseau mobile dans le monde.

    Parmi les autres acteurs de l'émergence de la classe moyenne mexicaine, on peut citer le géant alimentaire Fomento Economico Mexicano (FEMSA) propriétaire de la chaîne de magasins de proximité Oxxo. Il détient aussi la licence Coca Cola au Mexique et est le deuxième plus gros actionnaire du géant de la bière Heineken International. On retrouve également, Wal-Mart de Mexico, filiale mexicaine de Wal-Mart, le numéro un mondial de la distribution qui opère principalement au Mexique, au Guatemala, au Costa Rica, au Honduras, au Salvador et au Nicaragua.

    Pour remplir les linéaires de Wal-Mart de Mexico, Groupo Bimbo fera parfaitement l'affaire. L'entreprise mexicaine est le leader en produits de boulangerie et leader mondial en volume de production et de ventes. Preuve de son hégémonie sur le continent américain, les consommateurs achètent en moyenne 14,6 fois par des produits Bimbo par an, selon le Journal Du Net. En l'espace de 4 années, le cours de l'action a été multiplié par deux.
    Mais il y a aussi des acteurs mondiaux de l'industrie comme le conglomérat Alfa et des matières premières comme le cimentier Cemex qui sont présents parmi les poids lourds de la cote mexicaine. Par contre, les secteurs bancaire et pharmaceutique sont sous-représentés.

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