L'héritage occupe une place croissante dans les réflexions patrimoniales des Français, à l'heure où la France entre dans une période de grande transmission, avec des montants inédits qui vont changer de mains dans les prochaines années. Mais cette évolution soulève de nouvelles questions : comment transmettre au mieux ? Et comment investir intelligemment un capital reçu ?
Héritage et donations : comprendre les nouveaux enjeux patrimoniaux
En France, les questions d’héritage et de donation occupent une place croissante dans le débat public et dans les préoccupations patrimoniales des ménages. Et pour cause : alors que l’accès au patrimoine par l’épargne ou le travail s’est complexifié, notamment avec la hausse continue des prix de l’immobilier, la transmission familiale redevient un élément central dans la constitution du patrimoine des Français. Les chiffres publiés récemment par l’INSEE sont éclairants. Ils confirment que les inégalités patrimoniales se jouent de plus en plus… à la naissance.
L’étude montre en effet que 62 % des ménages à haut patrimoine et à haut niveau de vie déclarent avoir hérité au cours de leur vie, contre 39 % seulement pour l’ensemble des ménages. L’écart se retrouve aussi au niveau des donations : 43 % des ménages les plus aisés déclarent avoir reçu une donation de leur vivant, alors que ce n’est le cas que pour 18 % des ménages français en moyenne. Plus frappant encore, ces écarts persistent même au sein des générations les plus âgées, ce qui montre que ce n’est pas seulement une affaire d’âge ou de cycle de vie, mais bien un marqueur durable d’inégalités patrimoniales structurelles.
Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus large : celui de la montée en puissance de l’héritage dans le patrimoine total des Français. Aujourd’hui, la part de la fortune héritée représente environ 60 % du patrimoine total, contre 35 % au début des années 1970. Cette bascule historique reflète deux dynamiques : la valorisation spectaculaire de l’immobilier sur plusieurs décennies, et la constitution de patrimoines financiers par les générations précédentes, qui ont profité d’un contexte économique favorable, de taux d’épargne élevés et de périodes de croissance fortes.
S’ajoute à cela un autre phénomène massif : la « grande transmission ». Les baby-boomers, qui détiennent une part considérable du patrimoine national (les plus de 70 ans détiennent environ un quart du patrimoine national) , arrivent à l’âge où ils transmettent massivement leurs actifs. Les estimations convergent : près de 9 000 milliards d’euros devraient changer de mains en France dans les quinze prochaines années.
Mais ce transfert ne bénéficie pas à tous de la même manière. Les ménages ayant peu ou pas de patrimoine à transmettre resteront structurellement désavantagés, alors que les ménages aisés, déjà détenteurs d’actifs, voient leur position consolidée par ces transmissions répétées. En parallèle, l’âge auquel on hérite s’allonge : autour de 50 ans, en moyenne aujourd’hui, contre environ 30 ans au début du XXᵉ siècle. Hériter plus tard change complètement la manière dont l’argent est utilisé : on ne finance plus son premier achat immobilier, ses études ou ses débuts professionnels, mais souvent des projets de mi-carrière, de pré-retraite ou de sa propre transmission.
Dans ce paysage en pleine mutation, deux questions majeures se posent pour les particuliers :
- Comment optimiser la transmission de son propre patrimoine afin de limiter les droits de succession/donation ?
- Et comment bien placer un héritage reçu, selon son âge, ses objectifs et le montant transmis ?
La donation de son vivant : transmettre tôt et bénéficier des abattements
La première stratégie consiste à recourir à la donation de son vivant, un dispositif qui permet de profiter des abattements renouvelables tous les quinze ans. Une donation bien anticipée peut réduire de manière significative le coût fiscal au moment de la succession, voire l’annuler dans certains cas. Mais au-delà de l’aspect fiscal, la donation permet également de répondre à des besoins concrets des bénéficiaires : financement d’un achat immobilier, aide pour la naissance d’un enfant, soutien à une reconversion professionnelle ou au lancement d’une activité.
En transmettant progressivement, on allège également la charge successorale et on prépare la succession de manière plus fluide. Selon le barème des droits de donation en ligne directe, chaque parent peut transmettre 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans payer de droits. Les abattements dépendent du lien de parenté :
- Enfant : 100 000 €
- Petit-enfant : 31 865 €
- Frère ou sœur : 15 932 €
- Neveu ou nièce : 7 967 €
Le démembrement de propriété : séparer usufruit et nue-propriété
Au-delà de la donation simple, l’un des outils à privilégier est le démembrement de propriété, particulièrement bienvenu pour la transmission de la résidence principale. En séparant l’usufruit (droit d’utiliser et de percevoir les revenus) de la nue-propriété (droit de disposer du bien), il devient possible de transmettre progressivement un patrimoine tout en conservant les revenus ou l’usage du bien. Ce mécanisme permet de réduire la base taxable, car la valeur de la nue-propriété dépend de l’âge de l’usufruitier, et donc de planifier la transmission de façon flexible dans le temps.
Exemple pour la transmission d’un bien de 300 000 €, voici un comparatif avec un démembrement anticipé (55 ans) et un démembrement tardif (81 ans)
| âge de l'usufruitier | Valeur usufruit | Valeur nue-propriété | Montant taxable pour donation |
| 55 ans (anticipé) | 50% | 50% | 150 000 |
| 81 ans (tardif) | 20% | 80% | 240 000 |
En transmettant tôt à 55 ans, la base taxable est plus faible : l’enfant reçoit la nue-propriété pour 150 000 € seulement, réduisant fortement les droits de donation. Ainsi, anticiper la donation en démembrement permet de réduire la fiscalité, tout en transmettant progressivement le patrimoine.
Au-delà de l’immobilier direct, le démembrement peut s’appliquer aux SCPI. Cela permet de placer son capital dans l’immobilier locatif sans se soucier de la gestion quotidienne des biens (entretien, locataires, impayés...). L’investisseur peut conserver l’usufruit, c’est-à-dire percevoir les loyers, tout en transmettant progressivement la nue-propriété des parts à ses héritiers.
Le démembrement peut également s’appliquer à certains produits financiers, comme les contrats de capitalisation, en transférant la nue-propriété tout en conservant l’usufruit. Cette approche offre la même souplesse que pour l’immobilier, sans les contraintes liées à la gestion ou l’entretien d’un bien physique. C’est souvent une approche privilégiée par nos clients.
L’assurance-vie : l’instrument phare de la transmission patrimoniale
L’instrument le plus connu et le plus utilisé pour transmettre son patrimoine reste l’assurance-vie. Grâce à son régime fiscal avantageux, ses abattements spécifiques, et la possibilité de choisir librement les bénéficiaires, elle constitue un outil incontournable de toute stratégie patrimoniale. Pour les versements réalisés avant 70 ans, les abattements sont particulièrement généreux, ce qui encourage à anticiper sa transmission avec l’assurance-vie.
Après 70 ans, le régime change, mais l’assurance-vie reste intéressante, car après 70 ans les gains et plus-values ne sont pas taxés. L’assurance-vie permet ainsi de combiner flexibilité et optimisation fiscale sur sa transmission.
Bon savoir : il est souvent conseillé d’ouvrir une nouvelle assurance-vie à partir de 70 ans. Cela permet de distinguer clairement les versements effectués avant et après cet âge, ce qui simplifie grandement les démarches lors de la transmission. En pratique, cela évite les calculs complexes liés au partage entre l’abattement global de 30 500 € pour les primes versées après 70 ans et l’exonération jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans.
Note trustpilot : 4,7
- Fonds euro boosté : Objectif de rendement de 5 % net de frais de gestion en 2025 et 2026 sur le fonds en euros sous conditions
- 0€ de frais d'entrée / d'arbitrage
- Accessible dès 300 € de versement initial
L'offre boostée du moment
Combiner les dispositifs pour une stratégie complète et efficace
Une stratégie patrimoniale complète peut combiner ces trois mécanismes : une partie en donation simple pour transmettre tôt, une autre en démembrement pour optimiser fiscalement, et une enveloppe en assurance-vie pour organiser la transmission de manière souple et efficace. Au-delà de ces dispositifs de défiscalisation classiques, d’autres solutions comme les GFI (Groupements Forestiers d’Investissement) permettent d’optimiser sa transmission. Les parts de GFI bénéficient d’un abattement fiscal de 75% sur la valeur transmise, sous conditions, ce qui peut réduire considérablement les droits de succession.
Pour savoir si ce type de placement est adapté à votre situation, un rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine est recommandé.
Ces dispositifs constituent ainsi un bon pilier pour limiter l’impact fiscal, assurer une transition harmonieuse du patrimoine familial, et répondre aux besoins des bénéficiaires tout en respectant la volonté du donateur. Pour bien s’y préparer, il faut en revanche anticiper sa transmission, une anticipation expliquée dans cet article dédié Transmission de patrimoine : ce qu’il faut faire avant 70 ans.
Comment bien placer un héritage ?
Recevoir un héritage, c’est l’occasion de donner un nouvel élan à ses projets de vie et à sa situation financière. L’enjeu ? Ne pas laisser dormir ce capital ou prendre des décisions précipitées. C’est d’ailleurs l’occasion de repenser sa situation financière, ses priorités et son avenir patrimonial.
La manière de le gérer dépend énormément de l’âge auquel on hérite et du montant reçu. Lorsqu’on hérite jeune, ce qui est devenu moins courant mais demeure possible, l’enjeu principal est souvent de poser des bases solides. Le premier réflexe consiste à constituer une épargne de précaution, si elle n’existe pas déjà.
Viennent ensuite les projets de vie majeurs : un apport pour acheter une résidence principale, un investissement immobilier, ou encore l’ouverture d’un PEA ou d’une assurance-vie pour commencer à investir de manière structurée. Dans ce cas, le portefeuille patrimonial peut, selon le profil de risque, respecter un équilibre classique : une poche de sécurité (fonds en euros), une poche d’investissement long terme (marchés financiers via ETF, actions ou OPCVM), et éventuellement une poche immobilière, selon les objectifs patrimoniaux.
Mais pour la majorité des Français, l’héritage intervient autour de 50 ans. À ce stade, les priorités ne sont plus les mêmes. La retraite commence à se dessiner, les enfants sont parfois déjà autonomes, et la réflexion se déplace vers la protection du conjoint, la préparation de revenus futurs et la transmission de son propre patrimoine. Il devient alors pertinent de se pencher sur des outils comme le PER (Plan d’épargne Retraite), qui offre des avantages fiscaux et permet de capitaliser pour les années à venir, tout en offrant des possibilités de sortie adaptées à la future situation.
Pour aller plus loin, nous avons détaillé dans un article dédié les étapes essentielles pour bien investir un capital hérité. Une lecture utile pour structurer sereinement vos décisions Héritage : les étapes clés pour bien investir.
Dans certains cas, un héritage à 50 ans permet aussi de réduire l’endettement, de réaménager son patrimoine immobilier ou de renforcer un portefeuille d’actifs financiers en vue de générer des revenus complémentaires. Il peut également être l’occasion de mettre en place sa propre stratégie de transmission, notamment via l’assurance-vie ou des donations adaptées à la situation familiale.
Échangez avec un expert
Face à ces enjeux patrimoniaux, il devient essentiel de ne pas avancer seul. Chaque situation patrimoniale est unique, et les bonnes décisions dépendent autant de l’âge, de la situation familiale et des objectifs personnels que du montant transmis. Pour cette raison, il est vivement recommandé de prendre rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine, afin de réaliser une photographie précise de votre situation actuelle.
Ce diagnostic permet d’identifier les forces et faiblesses du patrimoine existant, pour construire, sur de bonnes bases, une stratégie future claire. Un conseiller peut ainsi orienter chaque épargnant vers des solutions réellement adaptées à son profil, qu’il s’agisse d’optimiser une transmission, de structurer un héritage reçu ou de préparer les prochaines étapes d’un projet patrimonial sur le long terme.
Communication à caractère publicitaire