Une femme d’âge mûr calculant sa retraite.

    La réforme des retraites en France redéfinit les contours des fins de carrière, avec des répercussions sur les salariés et les travailleurs indépendants. Au cours d’un récent webinaire organisé par Absoluce en collaboration avec Factorielles, spécialiste du conseil en protection sociale des chefs d’entreprise, des experts ont exploré les implications de cette réforme et les nouvelles avenues pour améliorer les revenus de la retraite.

    Les enjeux pluriels de la réforme des retraites

    Les défis du financement des retraites obligatoires en France sont attribués à plusieurs facteurs, dont la longue durée de versement des pensions (22,2 ans pour les hommes, 26,7 ans pour les femmes). La réforme cible une augmentation du taux d’activité des seniors, avec des mesures telles que le report de l’âge légal et des incitations au cumul emploi-retraite et à la retraite progressive.

    Maintenir le niveau de vie à la retraite nécessitera probablement l’adhésion à des régimes supplémentaires, offrant diverses options tant sur le plan individuel (immobilier, épargne en actions, assurance vie) que collectif (plans d’épargne retraite individuel et entreprise, plan d’épargne entreprise).

    Décote réduite, rachat de trimestre, retraite progressive : des pistes de solution à explorer

    Des changements significatifs arrivent, notamment une réduction de la décote pour insuffisance de la durée de cotisation. Auparavant, si un individu prenait sa retraite à 62 ans, il lui manquait 20 trimestres pour atteindre 67 ans, âge du taux plein automatique. Or, la minoration de 0,625 % par période manquante résultait en une perte globale de 12,50 %. Avec la réforme, la décote ne s’applique qu’à partir de 64 ans, limitant la diminution à 7,5 %, pour un taux de pension de 42,50 %.

    Parallèlement, la possibilité de racheter des trimestres devient plus avantageuse. Avant la réforme, l'affilé subissait systématiquement un malus, notamment dans le régime Agirc Arrco. Désormais, le rachat de trimestres déclenche la liquidation de la pension complémentaire sans décote, une mesure effective dès le 1er avril 2024.

    Un autre aspect de la réforme concerne l’ouverture du départ en retraite progressif, un dispositif qui permet de cumuler une activité à temps partiel avec le bénéfice d’une partie des pensions. Initialement réservé aux salariés du privé, ce dispositif a été étendu aux cadres en forfait jour et aux mandataires sociaux, puis élargi aux professions libérales (y compris aux avocats) et aux fonctionnaires.

    ImportantLa réforme maintient la règle d’activation de la retraite progressive à deux années avant l’âge légal, mais module cet âge en fonction du report à 67 ans.

    Bien que le dispositif conserve son attrait, son faible succès s’explique par les contraintes du temps partiel et des limites de revenus, particulièrement dans les petites entreprises. Cependant, l’intérêt persiste pour la transmission des savoir-faire.

    Préparez votre retraite avec le PER !

    Diversification des revenus pour une retraite solide

    Le cumul emploi retraite offre la possibilité d’obtenir une seconde pension, sous certaines conditions.

    Pour en bénéficier, il est nécessaire d’atteindre l’âge légal minimum, d’avoir une retraite à taux plein et de liquider tous les droits simultanément. Les salariés doivent avoir cessé leur activité antérieure et respecter un délai d’attente de 6 mois en cas de reprise pour le même employeur.

    Le cumul emploi retraite peut être soit plafonné, limitant les revenus de la nouvelle activité, soit libéralisé, autorisant une intégration totale des revenus avec la pension. Cette formule permet de générer de nouveaux droits, calculée sur les périodes cotisées avec un plafond de 5 % du PASS, soit 183,30 euros par mois en 2023. Après une deuxième liquidation, toute nouvelle activité ne générera pas une troisième pension.

    Les travailleurs non-salariés ont le choix entre une rémunération soumise à charges sociales pour une seconde retraite limitée ou le statut de président de SAS avec des dividendes ne donnant pas droit à une seconde pension.

    Gestion habile des PER et considérations fiscales

    En matière de PER, les choix stratégiques doivent tenir compte des contrats existants et de la fiscalité. Pour les petits souscripteurs visant une sortie en capital, il est plus avantageux de conserver leurs contrats existants et de souscrire un plan lorsque le seuil limitant la sortie en capital approche.

    En ce qui concerne les anciens contrats, la sortie en capital est possible pour les rentes jusqu’à 110 euros par mois. La nouvelle réglementation permet au souscripteur de choisir entre la perception d’une rente ou en capital, avec une révocabilité du choix.

    Pour une gestion plus souple, il est recommandé d’ouvrir plusieurs contrats dans des compagnies différentes.

    À retenir
    • La réforme des retraites en France redéfinit le départ à la retraite, avec une décote réduite à 7,5 %.
    • Le rachat de trimestres sans décote est effectif depuis avril 2024. La retraite progressive s’ouvre à de nouvelles professions. Le cumul emploi-retraite offre une seconde pension sous conditions. Les travailleurs non-salariés choisissent entre rémunération soumise à charges sociales ou dividendes.
    • L’optimisation de la retraite nécessite une planification anticipée, des conseils d’experts, avec des stratégies différenciées selon le statut familial, et une réévaluation régulière tout au long de la carrière active.
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    La rédaction Meilleurtaux Placement

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