vendredi24août
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Lorsque le taux de rémunération de l’assurance-vie avoisine celui de l’inflation, le pouvoir d’achat des épargnants peut être pénalisé. Cette situation risque de se reproduire cette année, pour la première fois en l’espace de trois décennies. Ce contexte incitera-t-il les détenteurs de fonds en euros à opter pour des produits plus risqués et donc plus rentables, en plaçant par exemple une certaine somme sur un support en unités de compte ?

Selon Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, le fonds en euros fait partie de ces placements que doivent privilégier les épargnants rétifs à la prise de risque. Cette affirmation reste-t-elle encore valable cette année, sachant que les taux appliqués aux fonds en euros sont inférieurs à l’inflation ? Avec un rendement réel négatif, les épargnants risquent de perdre du pouvoir d’achat.

Cette situation ne s’est pas produite depuis très longtemps. Entre 1989 et 2017, les taux de l’assurance-vie ont toujours su compenser l’inflation. Par exemple, en 1993, le rendement réel de l’assurance-vie en euros était de 7,5%, avec une inflation s’élevant à 2,1%.

Vers une faible performance de l’assurance-vie sans risque

Alors que les taux de l’assurance-vie ont été de 1,8% l’année dernière, ils pourront osciller entre 1,4% et 1,8% en 2018. Ce niveau est similaire à celui de l’inflation qui est estimé à 2%, conformément aux prévisions de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et de la Commission européenne.

Il en résultera que le taux réel de l’assurance-vie baisse à -0,1%, contre 0,8% en 2017. Cette diminution n’est pas sans conséquence sur le rendement de l’assurance-vie en euros, s’il faut s’en tenir aux estimations du cabinet Facts & Figures, un expert du secteur de l’assurance.

Le taux des obligations d’État s’amenuise

Si le rendement de l’assurance-vie en euros a progressivement baissé aux cours de ces dernières années, c’est notamment en raison de l’abaissement des taux des obligations du secteur public. Ces reconnaissances de dette représentent la majeure partie des fonds en euros.

La hausse généralisée des prix vient impacter plus fortement le rendement. En effet, le taux réel de l’assurance-vie pourra chuter à -0,1%, s’il était de 0,8% en 2017.

Dans le but de compenser cette perte de pouvoir d’achat, les épargnants pourront déplacer quelques fonds sur les supports en unités de compte, grâce à l’arbitrage.

Cette mesure induit des risques plus accrus, sachant que ce type de contrat n’offre aucune garantie en capital. Néanmoins, le détenteur de fonds peut, dans ce cas, profiter des opportunités du marché boursier.

Les fonds à capital garanti de l’assurance-vie restent une valeur sûre

Ce n’est pas un hasard si les fonds en euros ont longtemps compté parmi les placements favoris des Français. Le capital, tout comme le taux minimum, est garanti. De plus, comparée aux livrets d’épargne et aux plans d’épargne, la performance de l’assurance-vie sans risque a été jusque-là acceptable.

En outre, le souscripteur d’un contrat d’assurance-vie en euros bénéficie d’une fiscalité attractive sur une longue durée. Toujours est-il que le rendement de certains contrats peut dépasser la moyenne.

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