Le PEA pourrait bien se propulser au même rang que l’assurance-vie dans le cœur des épargnants

PEA au rang assurance vie

Les Français ont une aversion confirmée à la prise de risques quand il s’agit de leur finance. La faible affluence des PEA (Plans d’épargne en actions), surtout au lendemain de la crise des Subprimes en témoigne. Non seulement les fonds investis sont exposés à la volatilité des marchés boursiers, mais la fiscalité et le fonctionnement du placement laissaient aussi à désirer. Une donne que de récents dispositifs vont dorénavant changer.

Les investisseurs ont toujours tendance à mettre en comparaison l’assurance-vie et le Plan d’épargne en actions. Certainement pour la durée de ces produits qui est quasi similaire, mais il se trouve aussi que les deux supports offrent une fiscalité avantageuse. Ce qui n’a pas été toujours le cas pour le PEA, qui en plus de ses diverses contraintes, a été omis par la réforme fiscale suscitée par l’entrée en vigueur du PFU (Prélèvement forfaitaire unique) qui a touché la grande majorité des placements financiers.

L’année 2019 est à marquer par une pierre blanche pour le support exposé aux marchés financiers, car l’adoucissement de sa fiscalité et de son fonctionnement, via la dernière loi de finances et le dispositif PACTE, lui donnera certainement un pouvoir d’attraction semblable à celui des contrats vie. De quoi optimiser le financement de l’économie productive, un objectif cher au cœur du gouvernement.

Des critères qui valent sa faible attraction

En dépassant les sept millions de comptes ouverts, le PEA a affirmé son essor au milieu des années 2000. Un engouement qui a été freiné par la crise de 2008. En 2019, la Banque de France annonce un chiffre s’élevant à 4,78 millions. Ce qui est plutôt minime en comparaison avec l’affluence des autres placements à moyen ou long terme, tels que l’assurance-vie.

Ce manque d’intérêt est d’autant plus fort que le support a semblé être désavantagé par rapport à ses congénères alors que la taxation des produits d’épargne a été uniformisée depuis la mise en application du PFU ou Flat tax de 30% (12,8% d’impôt + 17,2% de prélèvements sociaux) en janvier 2018. L’enveloppe était, en effet, restée soumise aux taux forfaitaires, notamment pour les retraits avant la 5ème année du contrat.

Ce qui va à l’encontre du projet gouvernemental de booster l’économie réelle du pays qui consiste à renforcer le financement des entreprises tricolores. À la dirigeante des études patrimoniales de l’UFF, Valérie Bentz, de souligner :

En 2018, le PEA était défavorisé sur les retraits anticipés : c’était étonnant, car contraire à la volonté d’Emmanuel Macron d’inciter l’investissement dans l’économie productive.

Valérie Bentz

En outre, l’absence de liquidité le rend également moins attrayant. À savoir, aucun retrait partiel n’est autorisé avant le 8ème anniversaire du plan et une fois ce seuil franchi, l’opération entraîne le blocage des nouveaux dépôts. Ce qui n’est pas le cas de l’assurance-vie qui ouvre aux adhérents la possibilité de verser et de racheter des fonds à tout moment. D’après l’explication de Laurent Quignon, responsable du pôle économie bancaire de BNP Paribas :

Le PEA n’en bénéficiait pas jusqu’ici du fait de la clôture du plan et de la perte de l’avantage fiscal en cas de sortie prématurée.

Laurent Quignon

Des mesures visant à redorer l’image

Dans l’objectif de booster l’affluence du PEA, la loi de finances 2019 a apporté du renouveau au sein de cette solution d’épargne en début janvier. Ainsi, pour tout retrait d’argent avant les cinq premières années, les intérêts générés se verront assujettis au PFU de 30%, comme c’est le cas de la fiscalité assurance vie.

À savoir, cette dernière concerne tous les rachats avant 8 ans. Et force est aussi de constater que si les retraits après la 8ème année de placement sont pour la plupart soumis aux taux d'imposition de 7,5% pour les contrats vie (abattement fiscal en sus), les plus-values des PEA sont exonérées de taxes à partir de leur 5ème année de détention. À Valérie Bentz de conclure :

Le fait que les retraits anticipés soient soumis à la Flat tax remet le PEA au niveau des autres placements. Cela permet justement d’éviter le biais fiscal dans le choix entre les placements.

Valérie Bentz

Le vote de la loi Pacte, en mai dernier, a ajouté des cordes à l’arc du support d’investissement en actions. En effet, ce dernier bénéficiera désormais d’un fonctionnement plus assoupli en ce qui concerne les opérations de dépôts et de retraits. Comme le confirme Laurent Quignon dans ces propos :

Cette enveloppe est désormais relativement liquide à partir de 5 ans de détention.

Laurent Quignon

Si ces dispositifs devaient rehausser l’image qu’ont les épargnants vis-à-vis du produit, il n’empêche que l’optimisme n’est pas encore au rendez-vous pour certains économistes. À Laurent Quignon d’argumenter son point de vue :

Le projet de loi Pacte introduit certes une souplesse appréciable pour les investisseurs, mais cela ne devrait sans doute modifier qu’à la marge les flux d’épargne relatifs entre l’assurance-vie et le PEA pour 2019.

Laurent Quignon

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