vendredi12juin
Les statistiques l'indiquent sans la moindre ambiguïté : les ETF (Exchange Traded Funds), plus connus sous le vocable de « trackers », ont le vent en poupe.


La presse spécialisée semble prise d'une passion soudaine pour ces produits, dont la demande accélère régulièrement, tant de la part des institutionnels que des particuliers. L'encours des ETF au niveau mondial atteint probablement 3000 milliards de dollars grâce à des flux entrants en hausse régulière. Trois acteurs américains détiennent près de 70 % de ce marché qui s'élargit aussi de façon rapide en Europe et au Japon, avant sans doute de mieux se diffuser sur la planète. Cette montée peu résistible s'effectue au détriment, au moins relatif, de la gestion traditionnelle.


Les atouts des trackers

L'engouement pour les ETF, que l'on constate également en France, s'appuie sur trois atouts essentiels :

  1. Un niveau de frais très réduit en regard de celui facturé par la gestion active : de cinq à dix fois moins selon les catégories d'actifs. Cette différence est justifiée, l'ETF n'étant que le miroir passif d'un indice ou d'un panier de valeurs alors que la gestion active met en oeuvre des moyens matériels et humains très supérieurs et donc plus coûteux. Mais à 0,30 % environ pour un ETF « actions », le coût est considéré comme négligeable par beaucoup d'investisseurs alors que les 2 % environ (1) prélevés par un Opcvm sont souvent ressentis comme une ponction très lourde sur la performance ;
  2. Une liquidité profonde : valorisé en continu, l'ETF peut dans la grande majorité des cas s'échanger à tout moment, y compris sur des plates-formes alternatives. L'écart entre les prix d'offre et de demande est étroit. L'acheteur ou le vendeur maîtrise son cours d'intervention pratiquement autant qu'avec une action, et peut faire varier largement son exposition en un temps très court ;
  3. Une grande transparence : la composition de l'ETF est connue et elle est immuable, sauf modification administrative du sous-jacent. Le détenteur sait à tout moment quelle est son exposition, ce que n'offre pas la gestion active dans laquelle le gérant fait varier ses positions de manière plus ou moins discrétionnaire.


L'attirance envers les trackers
gonfle dans les périodes de
hausse boursière prolongée

On peut ajouter une autre caractéristique, qui est une réactivité structurelle. L'attirance envers les trackers gonfle dans les périodes de hausse boursière prolongée -nous y sommes-, car ils captent l'intégralité de la hausse, là où une gestion active sera rarement pleinement investie dès le premier jour, ou aura parfois tendance à alléger en cours de route. Ce reflet fidèle fournit l'impression d'un produit très performant, qui ne cède rien au marché. C'est vrai aussi dans l'autre sens...


De par ces qualités, l'ETF apparaît comme un moyen simple, séduisant et efficace de diversifier son capital. Est-il pour autant l'arme absolue qui offre des performances inégalées et va supplanter la gestion active, comme ses zélateurs le présentent souvent ?


Cette dernière affirmation repose sur le postulat maintes fois répété selon lequel, à long terme, les gérants ne parviennent pas à battre l'indice de référence des fonds qu'ils gèrent. Ceci mérite réflexion. D'abord, parce que si l'assertion permet de servir à bon compte la cause de la gestion passive, elle est fausse. La majorité des gestions, en effet, ne font pas mieux, ou font moins bien que leur indice, et aucun gérant ne bat celui-ci à coup sûr chaque année calendaire. Mais une proportion non négligeable de gestionnaires creusent l'écart et apportent une réelle valeur ajoutée.


C'est d'ailleurs une évidence mathématique que l'indice peut être battu. Les variations de celui-ci ne font que refléter la somme des variations des gestions individuelles. L'indice représente donc une moyenne, et il y a par construction des gestions qui font mieux que cette moyenne. La difficulté de la sélection de fonds consiste à repérer celles qui affichent durablement cette caractéristique. Il en existe, heureusement, un certain nombre.


Pas d'intérêt particulier en assurance vie

Les qualités réelles et supposées des ETF ont suscité une demande croissante de référencement de ceux-ci dans les contrats d'assurance vie. Le mouvement est lent, les assureurs étant souvent réticents à ces ajouts. Mais il faut aussi faire valoir que deux des atouts majeurs des ETF : liquidité et rapidité de l'exposition, deviennent sans objet dans un contrat : traité dans les mêmes conditions que les autres unités de compte, à J + 1 ou J + 2, sur un cours unique le plus souvent de fin de séance, l'ETF n'apporte plus d'avantage en regard de l'Opcvm.

Un OPCVM qui affiche
à la longue une performance
de 1 % supérieure à son indice
sera toujours préférable à un ETF


Seul subsiste alors l'avantage des frais beaucoup plus légers. Il n'est pas négligeable, mais ne doit pas conduire à préférer systématiquement l'ETF dans un domaine ou un secteur donné. Un Opcvm qui affiche à la longue une performance de 1 % supérieure à son indice, une fois ses frais de gestion déduits -ceux-ci sont à tout moment provisionnés dans la valorisation annoncée-, sera toujours préférable à un ETF même s'il est avéré que la gestion se rémunère à 3 % ou plus de l'actif par an.


En résumé l'ETF, grâce à sa simplicité et la rapidité d'intervention qu'il autorise, revêt une utilité indéniable pour une gestion réactive dans un compte-titres, un dispositif malheureusement en perte de vitesse du fait de la fiscalité française. Mais en assurance vie, ses atouts principaux disparaissent et une sélection efficace de fonds couplée à une discipline de gestion apportera de meilleurs résultats.


(1) Encore n'évoque t-on ici que les frais de gestion ordinaires. Du fait de l'éventuelle commission de surperformance, le total des frais prélevés par le fonds peut s'élever nettement plus élevé.

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