mercredi20février
Assureurs vie conserver charme contrat euros

Les contrats d’assurance-vie en euros rapportent de moins en moins ces dernières années. La baisse de la moyenne découlant des premiers rendements 2018 communiqués soulève des questions chez les contractants. Et leur inquiétude est des plus légitime, car elle n’arrive même plus à combler l’inflation alors qu’il faut encore déduire les impôts, sans oublier les divers frais.

La chute des taux longs qui sévit la France depuis les huit dernières années a eu raison des rendements des fonds en euros, qui n’ont de cesse de s’amenuiser jusqu’à se retrouver quasi nuls une fois les coûts d’investissement, les contributions sociales ainsi que la hausse des prix à la consommation pris en compte. Et cette tendance baissière n’est pas près d’arriver à son terme, selon les analystes.

L’appétence des ménages pour ce support à capital garanti de l’assurance-vie n’en démord pas pour autant. Plusieurs contextes pourraient les avoir motivés dans leur choix, mais l’on constate aussi que des contrats rapportent largement au-dessus de la moyenne nationale. À ce propos, la disparité des rémunérations est trop flagrante d’une compagnie à l’autre, mais cela s’explique par leur marge de manœuvre différente.

Pénalisés par le renouvellement de leurs actifs

Bien que la communication de tous les rendements des contrats d’assurance-vie en euros ne soit finalisée qu’en mars prochain, le recoupement des premiers résultats mène à la conclusion déjà attendue : une baisse à hauteur de 1,6% ou 1,7% pour l’année 2018 contre 1,8% en 2017. Ce qui veut dire que ce type de placement ne rapportera quasiment plus rien après qu’on a déduit :

  • Les frais de versement facturés par les assureurs ;
  • Les prélèvements sociaux de 17,2% ;
  • L’inflation qui s’est accélérée à 1,8%.

Ce repli de la rémunération moyenne s’explique par la régression continuelle même des taux longs, notamment les obligations d’entreprise et les emprunts d’État qui représentent la majorité des actifs des compagnies (39,7% et 30,4%). Ces derniers sont en effet destinés à se renouveler, les moins rentables substituant ceux qui sont plus rémunérés. Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de la plateforme Good value for money, le souligne d’ailleurs dans ses propos :

« Les compagnies sont contraintes de remplacer des obligations plus anciennes et rémunératrices qui arrivent à échéance par des émissions moins rentables ».

Cyrille Chartier-Kastler

Et cette régression risque encore de perdurer pendant les années à venir, selon les prédictions des observateurs, comme Chartier-Kastler qui affirme que l’on s’attend à un taux moyen dégressif :

« Aux alentours de 1,30 %, à raison d'une dynamique de baisse de l'ordre de 0,10 % à 0,20 % par an ».

Cyrille Chartier-Kastler

Un attrait infaillible malgré tout

En dépit de ses rendements érodés, le fonds euros détient toujours tout son charme et détient la meilleure part des placements en assurance-vie (75%) avec quelque centaine de milliards d’euros de collectes à la clé en 2018.

La garantie des fonds de départ que ce support offre est d’ailleurs son principal atout, à l’heure où les détenteurs de contrats vie à risque, en l’occurrence les unités de compte, sont pénalisés par la volatilité des marchés boursiers. Sans parler du fait que les friands de sécurité risquent de se détourner du livret A du fait de son taux gelé à 0,75%. Aux directeurs financiers de la MACSF, Éric Dubos et Roger Caniard, d’estimer :

« L'année 2019 pourrait être encore plus compliquée que 2018, ce qui nous invite à la plus grande prudence dans l'allocation d'actifs ».

Éric Dubos et Roger Caniard

S’il s’agit d’un choix par dépit, il est tout de même à considérer que certains contrats en euros sont plus généreux que d’autres. En 2017, par exemple, certains rapportaient jusqu’à 3,5% tandis que d’autres n’offraient que 0,75%. Et si la disparité est du simple au quadruple, les détenteurs de produits qui ne sont plus ouverts à la souscription sont les moins lotis.

Tout comme les adhérents des bancassurances et des établissements traditionnels qui sont rémunérés en deçà de la moyenne par rapport à ceux des mutualistes, des assureurs en ligne ainsi que des associations qui gagnent aux alentours de 2%. L’explication se trouverait dans le choix d’investissement, selon le DG de la MACSF, Guillaume Rosenwald, qui apporte une éclaircie à sa capacité de proposer de meilleur rendement à ses contractants. Selon lui :

« La surperformance de 8 % qu'affiche notre fonds par rapport à la moyenne du marché sur la dernière décennie est le fruit de prises de risques pertinentes et renouvelées dans le financement d'entreprises cotées et non cotées. Cela nous a notamment permis de réaliser, début 2018, d'importantes plus-values sur des investissements en actions et des fonds d'infrastructure ».

Guillaume Rosenwald

Quant à la mutuelle Garance, sa générosité réside dans le fait où ce type d’établissement n’a pas à partager des dividendes. D’après le porte-parole de la société :

« La performance de notre fonds général est redistribuée au seul bénéfice de nos adhérents, car nous n'avons pas d'actionnaires à rémunérer ».

Guillaume Rosenwald

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