CNP Assurances nage à contre-courant en promouvant les UC boudées par ses congénères

CNP assurances promotion uc

Les taux bas des marchés ont été instaurés afin de soutenir l’économie nationale. Dans un contexte où l’épargne sécurisée est devenue moins bénéfique, les épargnants devraient se tourner davantage vers les placements à risque tels que les unités de compte. D’où la mise en avant de ce produit par les assureurs. Force est d’ailleurs d’admettre que ceci contribue à remettre sur les rails la croissance économique.

Les Français économisent par précaution. C’est la raison pour laquelle ils affectionnent les placements sécurisés et de courte durée au détriment des investissements à long terme, dont la plupart contribuent pourtant au financement de l’économie réelle. Pour y remédier, les assureurs s’activent depuis quelque temps dans la promotion de la diversification des contrats vie en unités de compte.

Mais les caprices des marchés financiers en fin 2018 semblent avoir contrecarré leurs efforts. Il y a eu, certes, des progressions au niveau de la collecte durant les cinq dernières années, mais les bancassureurs semblent ne pas en avoir vraiment profité surtout l’an dernier.

En revanche, ces branches d’assurance-vie de grands groupes bancaires se rattrapent au niveau des primes engrangées, dans leur ensemble. Sauf pour CNP Assurances qui a enregistré un certain recul du fait du changement de sa politique stratégique.

Les UC gagnent du terrain sauf auprès des bancassureurs

2018 a été une année fortement propice pour le placement en assurance vie, qui est l’une des solutions d’épargne favorite des Français. Pour preuve, les assurés ont cotisé davantage, pour un total brut aussi élevé qu’en 2011 où les primes ont également atteint un record.

La collecte nette en unités de compte (UC) a aussi suivi cette tendance, et ce, depuis cinq années consécutives. Quelques compagnies ont même enregistré une collecte supérieure, et de très loin, à la moyenne de l’ensemble. Comme Swiss Life, par exemple, qui dispose d’une clientèle patrimoniale prédominante dans son portefeuille.

Percevant des revenus en majorité très élevés, les clients représentant la moitié de ses encours ont déposé en moyenne 650 000 euros auprès de l’établissement d’origine helvétique. Et leur appétence pour le risque a propulsé la part de la collecte en UC au-delà des 50% de la totale, avec un objectif d’ajouter encore 10 points de pourcentage sur cette proportion pour atteindre 60% à l’avenir.

À savoir, la hausse était au rendez-vous l’année dernière au sein de plusieurs assureurs vie, à raison de 36% de collecte brute composée d’UC au lieu de 34% auparavant. Les bancassureurs ont été les seuls à faire exception, selon les données de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), avec un ratio plus dominant en fonds en euros et une baisse à 27% d’UC en moyenne au lieu de 28% au sein des six compagnies.

CNP Assurances lâche du lest

Le classement porté sur l’assurance-vie 2019 réalisé tout récemment par l’Argus de l’assurance a permis de savoir que le marché est très concentré. À en croire les chiffres de l’ACPR, 89% de la collecte est détenue par 20 assureurs classés en première position par l’organisme de contrôle.

Si les compagnies d’assurances comme Allianz, Axa, Aviva ou Generali affichent de nets reculs, les filiales de grands groupes bancaires sont en revanche en pleine ascension. De fait, elles accaparent 61% des primes versées, soit 7 points de plus par rapport à 2011 (à 54%).

Cette année pourtant, CNP Assurances s’est laissé dépasser par Crédit agricole Assurances en perdant 4,8% de sa part de marché. Certes, le bancassureur demeure au premier rang dans le classement des encours détenus, mais sa collecte s’est amoindrie à la suite de ses revirements stratégiques. À savoir, ces dernières années, la société a tenu à promouvoir ses produits à risque, tels que :

  • L’eurocroissance ;
  • L’assurance emprunteur ;
  • Les supports en unités de compte.

Il est d’ailleurs à préciser que les fonds placés sur ces derniers s’élèvent à 27% de la collecte totale, soit une majoration de 2,5 points. Et ce, au détriment de ses contrats en euros classiques.

Il ne faut pas non plus oublier que cette contre-performance résulte encore des répercussions du détachement de la Caisse d’épargne en ce qui concerne les affaires nouvellement réalisées dans son réseau, il y a trois ans, en faveur de Natixis Assurances.

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